Les ministres acceptent la légalisation d’un avant-poste
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Les ministres acceptent la légalisation d’un avant-poste

Le cabinet a accepté de légaliser l'avant-poste de Netiv Haavot et d'octroyer 60 millions de shekels aux habitants, notamment pour payer les propriétaires des maisons détruites

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Un drapeau israélien flotte sur les ruines d'une maison en bois dans l'avant-poste de Netiv Ha'avot après sa démolition par les forces de sécurité israéliennes le 29 novembre 2017. (Crédit : autorisation Campagne pour sauver Netiv Haavot)
Un drapeau israélien flotte sur les ruines d'une maison en bois dans l'avant-poste de Netiv Ha'avot après sa démolition par les forces de sécurité israéliennes le 29 novembre 2017. (Crédit : autorisation Campagne pour sauver Netiv Haavot)

Le conseil des ministres a accepté dimanche d’entamer le processus de légalisation de l’avant-poste Netiv Haavot, où 15 maisons devraient être démolies dans moins de deux semaines.

Cette approbation ne concerne pas les maisons que la Haute Cour de justice a jugé nécessaire de raser d’ici le 6 mars.

Toutefois, les résidents ont bien l’intention d’utiliser cette légalisation du reste de l’avant-poste où vivent plus de 20 autres familles pour faire avancer la construction de 350 logements supplémentaires, ce qui décuplera le quartier de l’implantation d’Elazar.

De plus, les ministres du gouvernement ont autorisé l’octroi par le ministère des Finances de la somme de presque 60 millions de shekels au conseil régional de Gush Etzion – l’organisme de représentation municipale de l’implantation d’Elazar, où se trouve Netiv Haavot.

S’adressant au cabinet avant sa réunion hebdomadaire, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a remercié le ministre des Finances Moshe Kahlon ainsi que son chef de cabinet Yoav Horovitz et Ronen Peretz, du bureau du Premier ministre, pour leurs initiatives en faveur de l’allocation des fonds, qui a réclamé différentes coupes budgétaires dans des bureaux divers.

« Cela fait longtemps que les résidents de Netiv Haavot attendent cela », a dit Netanyahu.

Saluant la décision prise par le cabinet, le président du conseil régional de Gush Etzion, Shlomo Neeman, l’a qualifiée « d’accomplissement extraordinaire pour l’entreprise sioniste en Judée et Samarie », se référant à la Cisjordanie par son nom biblique.

« Le crime de la démolition des maisons ne sera pas pardonné même avec cette nouvelle construction – mais ces activités de construction apporteront de l’espoir pour l’entreprise sioniste dans le bloc d’Etzion », a-t-il dit.

L’observatoire pro-implantations La paix maintenant a critiqué la décision prise par le cabinet, affirmant que le gouvernement « vient de prouver une fois encore qu’une loi existe pour les habitants d’implantations et une autre pour tous les citoyens du reste du pays ».

« Les millions de shekels en fonds publics qui seront transférés pour l’établissement d’une implantation alternative sont des pots-de-vin politiques qui établissent clairement combien Netanyahu est prêt à vendre les intérêts nationaux pour pouvoir survivre », a accusé l’ONG.

Presque la moitié des fonds qui seront transférés — 29 millions de shekels – iront à la construction d’un quartier temporaire pour les 15 familles dont les habitations sont promises à la démolition jusqu’à l’édification de maisons permanentes pour eux, à proximité.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion du cabinet à Jérusalem, le 25 février 2018 (Capture d’écran/Ynet)

Tandis que le plan pour la communauté des collines a d’ores et déjà été accepté pour la construction, la proposition du cabinet permettra de garantir que les fonds nécessaires seront débloqués.

Un montant supplémentaire de 24 millions de shekels (6,88 millions de dollars) sera alloué aux résidents à titre de compensation pour les maisons démolies construites illégalement; et 2,25 millions de shekels (644 580 dollars) couvriront le séjour des résidents dans des maisons d’hôtes pendant trois mois, si le quartier provisoire n’est pas terminé à temps avant la démolition.

La proposition de dimanche stipule que le transfert des fonds dépendra de la réponse apportée par la Haute-cour à deux requêtes liées à l’avant-poste.

La première a été présentée plus tôt cette année par l’observatoire des implantations La Paix maintenant au profit d’un groupe de Palestiniens revendiquant la propriété des terres sur lesquelles les maisons provisoires doivent être construites.

La deuxième pétition a été présentée mardi par l’Etat lui-même et demande que la démolition du 6 mars soit reportée de trois mois pour permettre l’installation de la caravanes provisoires.

En outre, ce retard permettrait l’avancement d’un autre plan qui accorderait des permis de construire post-facto à sept des 15 maisons prévues pour la démolition, au motif qu’elles ne sont que partiellement situées sur des terrains qui n’appartiennent pas à l’État.

Les activistes de Peace Now protestent en face du quartier de Netiv Haavot en faveur de la démolition de l’avant-poste ordonnée par le tribunal le 15 février 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

Toutefois, le plan se heurte à d’importants obstacles juridiques étant donné que la Haute Cour a déjà rejeté un appel similaire lancé par les résidents pour retirer des éléments de six des maisons.

La pétition de la Haute Cour de l’État était également accompagnée d’une lettre signée par chacune des familles dans laquelle elles s’engageaient à « évacuer les maisons sans résistance, sans violence et à s’abstenir de faire venir des manifestants » chez elles.

Bien qu’ils ne puissent pas entrer dans les foyers eux-mêmes, on s’attend à ce que des centaines de jeunes arrivent à Netiv Haavot le jour de l’évacuation.

Le mois dernier, les résidents ont accueilli quelque 1 000 jeunes pour Shabbat dans le but de mobiliser des appuis avant les démolitions prévues en mars. Lors de démolitions précédentes d’implantations israéliennes, la présence de manifestants plus jeunes a souvent donné lieu à des affrontements avec les soldats.

C’est une décision de la Haute Cour de septembre 2016 qui avait d’abord ordonné les démolitions après avoir accepté la requête d’un groupe de Palestiniens qui soutenait que les maisons avaient été partiellement construites illégalement sur leurs terres.

L’arrêt demandait la démolition de 17 structures au total. Les deux non résidentiels – un atelier de menuiserie et un monument aux morts pour les soldats de Tsahal – ont été démolis l’année dernière.

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