Le chef-adjoint de l’ONU justifie la violence actuelle par ‘l’occupation’
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Le chef-adjoint de l’ONU justifie la violence actuelle par ‘l’occupation’

L’émissaire palestinien dénonce des « attaques » contre la mosquée Al-Aqsa tandis que l’ambassadeur israélien affirme que le terrorisme est alimenté par « l’incitation »

Jan Eliasson (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Jan Eliasson (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Jeudi, un adjoint du Secrétaire général des Nations unies a déclaré que l’escalade de violence qui sévit actuellement en Israël et en Cisjordanie est le résultat de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens qui dure depuis bientôt un demi-siècle et qui amenuise les espoirs de voir la naissance d’un État palestinien viable.

Au cours d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, Jan Eliasson a déclaré que l’échec pour parvenir à une solution à deux États ainsi que la réticence des dirigeants israéliens et palestiniens à prendre les « mesures audacieuses » nécessaires à un pas vers la paix avaient engendré une « réalité hautement inflammable ».

Cette réunion d’urgence avait pour objet la récente recrudescence de violence au cours de laquelle des Palestiniens ont mené des attaques quasi-quotidiennes contre des civils israéliens et contre les forces de sécurité.

Premier diplomate à prendre la parole, le suédois Eliasson a condamné « dans les termes les plus vifs toutes les attaques, qu’elles soient dirigées aussi bien contre des Israéliens que des Palestiniens ».

Il a qualifié les récentes attaques au couteau et les fusillades contre les Israéliens de « particulièrement épouvantables » et a expliqué que la communauté internationale devait comprendre les craintes des Israéliens quant à leur sécurité personnelle et leurs inquiétudes quant à ce qu’ils voient comme des atteintes de « délégitimation » de leurs pays.

Mais Eliasson a principalement incombé la dégradation de la situation à « l’occupation étouffante et humiliante » d’Israël en Cisjordanie, les implantations qui s’y trouvent, le manque d’emplois pour les Palestiniens et un contrôle plus important sur leur sécurité et leur gouvernement.

Dans un discours prononcé devant le conseil, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad Maliki, a allégué que les changements de la politique israélienne sur le mont du Temple à Jérusalem étaient à l’origine de l’exaspération des Palestiniens, tandis que le représentant d’Israël a insisté sur le fait que les affirmations d’un changement du statu quo sur le site – sainte à la fois pour les Juifs et les Musulmans – étaient de l’incitation sans fondement qui alimente la violence.

Maliki a indiqué aux diplomates réunis que les questions fondamentales ne seraient réglées qu’une fois que « l’occupation des terres palestiniennes se terminera ».

Il a affirmé que les Palestiniens sont sous attaque continue par « les forces d’occupation israéliennes » et a appelé leur résistance « légitime ». Maliki a ajouté que « l’agression et les provocations » sont en cours sur le mont du Temple et a accusé le gouvernement israélien de protéger et d’exhorter les résidents d’implantation à mener des attaques terroristes contre les Palestiniens.

« La mosquée Al-Aqsa est attaquée par des extrémistes israéliens, jour après jour, par les représentants du gouvernement, des milices de colons … [qui] ont déclenché une vague de violence et de haine contre les Palestiniens », a-t-il déclaré.

Maliki a déclaré qu’en empêchant les Musulmans à adorer à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple, en mettant en place des âges minimum et une durée pour le culte et permettre à la police d’entrer dans l’enceinte – mesures, qui selon Israël, utilisées parfois pour assurer la sécurité – sont toutes des violations du statu quo.

Israël a nié à plusieurs reprises son intention de changer le statu quo sur le mont du Temple, affirmant que ces accusations représentent de « l’incitation » [à la violence].

L'ambassadeur israélien, Danny Danon, Nations unies devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 22 octobre 2015 (Crédit : Mission permanente d'Israël auprès de l'ONU)
L’ambassadeur israélien, Danny Danon, Nations unies devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 22 octobre 2015 (Crédit : Mission permanente d’Israël auprès de l’ONU)

L’émissaire israélien, Danny Danon, lors de son discours devant le Conseil de sécurité, a déclaré qu’ « Israël ne compromettra jamais la sécurité de l’Etat juif », et a reproché au Conseil de sécurité son attitude.

« Je suis déçu du fait que tout ce que j’entends, ce sont des appels pour mettre fin au cycle de la violence », a-t-il dit. « Cela n’est pas un cycle de violence. Ce sont des attaques non provoquées contre des Israéliens pour aucune raison, juste parce qu’ils sont Juifs et vivent dans leur patrie ».

L’ambassadeur d’Israël a dit en plaisantant que le Conseil de sécurité devrait modifier son propre « statu quo ».

« Israël s’oppose à tout changement dans le statu quo sur le mont du Temple », a-t-il dit.

« L’endroit où le statu quo doit changer est ici à l’ONU. Si l’ONU est vraiment intéressé à calmer les tensions et à ramener la paix dans la région, il doit changer ses paramètres par défaut. L’ONU doit mettre fin à sa pratique habituelle d’appeler les deux parties à faire preuve de retenue, et indiquer clairement qu’il y a un côté qui est l’instigateur d’une vague de terreur ».

Danon a accusé les Palestiniens de promouvoir « une culture de la haine » et d’apprendre aux enfants à tuer les Juifs et a cité un programme de télévision de l’AP où l’on a montré où une fillette en saluant ces meurtres.

« Une génération entière de jeunes Palestiniens subissent un lavage de cerveau », a-t-il déclaré, affirmant que la violence a été inextricablement liée au « mensonge » palestinien sur les intentions d’Israël sur le mont du Temple.

« Cette allégation incendiaire est fausse, et le président [de l’AP Mahmoud] Abbas sait qu’elle est fausse et pourtant son mensonge délibéré et malveillant est répété maintes et maintes fois », a-t-il dit.

Danon a promis qu’Israël ne permettra pas à des observateurs internationaux d’aller sur le mont du Temple, se référant à une proposition française qui a été écartée jeudi.

« Si la communauté internationale veut être constructive, elle devrait se concentrer sur la fin de l’incitation [à la violence] », a-t-il dit. « Aucune nation représentée dans cette chambre n’accepterait la présence de forces internationales dans leur capitale ».

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