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Le chef des Forces libanaises convoqué par la justice – Source judiciaire

Le parti de Samir Geagea est accusé par le Hezbollah d'être à l'origine des tirs sur ses partisans et ceux de son allié, le groupe Amal, qui ont fait 7 morts

Samir Geagea s'adressant à la presse le 29 mai 2013 (Crédit : Capture d'image d'une vidéo YouTube téléchargée par MTVLebanonNews)
Samir Geagea s'adressant à la presse le 29 mai 2013 (Crédit : Capture d'image d'une vidéo YouTube téléchargée par MTVLebanonNews)

Le chef du parti chrétien des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a été convoqué par la justice qui souhaite entendre son témoignage sur les violences du 14 octobre à Beyrouth, a indiqué une source judiciaire jeudi soir à l’AFP.

Le parti de M. Geagea est accusé par le puissant Hezbollah pro-iranien d’être à l’origine des tirs sur ses partisans et ceux de son allié, le mouvement chiite Amal, qui ont fait sept morts, ce que la formation chrétienne dément.

Lundi, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé que son mouvement disposait de « 100 000 combattants armés et entraînés », prévenant les Forces libanaises de ne pas chercher à l’entraîner dans « une guerre civile ».

Interrogé sur la chaîne locale MTV en soirée, M. Geagea a indiqué ne pas être au courant de sa convocation. « Je suis prêt à me présenter devant le juge, à une condition : que Hassan Nasrallah le fasse avant moi », a-t-il ajouté.

Le chef du Hezbollah vit dans la clandestinité depuis la guerre qui a opposé son groupe terroriste à Israël en 2006.

Les partisans d’Amal et du Hezbollah avaient organisé une manifestation devant le Palais de justice à Beyrouth pour réclamer le remplacement du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020.

Des tirs dont l’origine n’ont pas été déterminés ont visé des partisans des deux partis, dont certains étaient lourdement armés. Les violences sont intervenues après que certains manifestants sont entrés dans un quartier chrétien limitrophe du Palais de justice, Aïn el-Remmaneh.

Des soldats de l’armée libanaise montent la garde sur leur véhicule blindé alors que des partisans des groupes chiites Hezbollah et Amal brûlent des conteneurs à ordures pour bloquer une route lors d’une manifestation à Beyrouth, au Liban, le 14 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

Selon la source judiciaire, « le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Fadi Akiki, a chargé les services de renseignement de l’armée de convoquer M. Geagea et de recueillir sa déposition, sur la base des informations livrées par des membres des FL arrêtés » après les violences.

La source judiciaire a précisé que 26 personnes avaient été arrêtées après ces violences au cœur de la capitale, pour la plupart des membres des FL. L’armée est en charge de l’enquête sur ces violences dont les circonstances restent confuses.

Les deux formations chiites accusent les FL d’avoir déployé des francs-tireurs sur les toits des immeubles de quartiers chrétiens proches du Palais de justice et d’avoir ouvert le feu.

Samir Geagea a démenti et affirmé que les habitants de Aïn el-Remmaneh s’étaient « défendus » face aux « miliciens du Hezbollah qui ont tenté d’entrer dans leurs maisons ». Il a souligné jeudi soir que quatre habitants de Aïn el-Remmaneh avaient été blessés avant les tirs meurtriers.

Le dirigeant chrétien a accusé le Hezbollah de « ne pas vouloir d’enquête sur l’explosion au port », car « il est impliqué » dans ce drame qui a fait plus de 210 morts et dévasté des quartiers entiers de la capitale.

L’énorme déflagration au port a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d’ammonium.

Les heurts de la semaine dernière ont alimenté les craintes de voir le pays entraîné dans un nouveau cycle de violences.

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