Le chef des Gardes iraniens menace de perturber le commerce maritime d’Israël
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Le chef des Gardes iraniens menace de perturber le commerce maritime d’Israël

Avant la Journée d’Al-Quds, Hossein Salami dit que les routes maritimes d'Israël sont vulnérables; le ministre des Affaires étrangères Zarif dénonce le "régime d'apartheid"

Le commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général de division Hossein Salami, s'exprime lors d'un rassemblement pro-gouvernemental sur la place centrale Enghelab de la capitale Téhéran, le 25 novembre 2019. (ATTA KENARE / AFP)
Le commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général de division Hossein Salami, s'exprime lors d'un rassemblement pro-gouvernemental sur la place centrale Enghelab de la capitale Téhéran, le 25 novembre 2019. (ATTA KENARE / AFP)

Le commandant en chef du puissant Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran, le général de division Hossein Salami, a déclaré mercredi que l’Iran pouvait facilement perturber les routes commerciales maritimes d’Israël, dont les récentes attaques contre des cargos ont montré la vulnérabilité.

M. Salami a évoqué l’ombre d’une guerre maritime entre Téhéran et Jérusalem lors d’une interview qu’il a accordée à la télévision iranienne à la veille de la Journée mondiale d’Al-Quds, la journée de protestation de l’Iran contre Israël, qui a lieu le dernier vendredi du mois sacré musulman du Ramadan.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, a quant à lui qualifié Israël de « régime d’apartheid » dans un tweet. « La Palestine est un critère de mesure de la justice. Peu sont à la hauteur. Mais l’Iran a fièrement soutenu le peuple palestinien – qui résiste à la brutalité d’un régime d’apartheid #QudsDay est un rappel annuel de l’impératif moral de la solidarité mondiale pour la Palestine », a-t-il écrit.

Faisant référence à une récente série d’attaques contre des cargos appartenant à Israël qui ont été imputées à l’Iran, M. Salami a déclaré que ces incidents montraient que « les navires du régime sioniste et les navires commerciaux sont vulnérables partout dans le monde », selon l’agence semi-officielle Fars News Agency.

« Personne ne pensait que le régime sioniste aurait des dégâts aussi importants dans le domaine du commerce maritime. Il est très facile de perturber sérieusement le commerce maritime du régime sioniste », a déclaré M. Salami.

Le général a également affirmé que l’infrastructure de sécurité nationale d’Israël était « fragile », citant des incidents récents, notamment un essai de moteur de fusée dans une usine de systèmes de défense aérienne qui a provoqué une grosse boule de feu dans le cadre d’un essai planifié selon les autorités, un incendie récent dans une raffinerie de pétrole de Haïfa, un autre incendie près de l’aéroport Ben Gurion, une cyberattaque contre des entreprises israéliennes et une revendication d’une attaque contre un poste du Mossad dans le nord de l’Irak qui a été rejetée comme fausse par les autorités locales.

La « bulle de sécurité » nationale d’Israël a éclaté à la suite de ces incidents, a affirmé M. Salami.

Il a ajouté que l’agitation politique d’Israël, qui a connu quatre élections non concluantes en deux ans, mettait fin au pays.

« Les Israéliens sont dans un état de déclin et vivent dans un crépuscule politique, et cette fois, il semble que l’effondrement du régime sioniste puisse se faire de l’intérieur », a déclaré Salami.

« Nous assistons à la perte de cohésion sociale dans leur inefficacité politique et leur agitation politique », a-t-il déclaré, faisant également référence aux manifestations hebdomadaires devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au cours desquelles des manifestants ont appelé ce dernier à démissionner.

« Jusqu’à présent, ils ont organisé quatre élections pour désigner un Premier ministre, mais ils n’y sont pas parvenus et iront probablement vers une cinquième élection », a-t-il déclaré.

M. Salami a également affirmé que l’influence des États-Unis dans la région était en déclin et qu’ils ne pouvaient plus aider leurs alliés – Israël et l’Arabie saoudite en particulier.

« Nous voyons la fragilité et la vulnérabilité du système de sécurité nationale israélien, mais les États-Unis ne peuvent pas aider le régime sioniste », a déclaré l’agence de presse Fars.

Ses commentaires sont intervenus dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et l’Iran, les deux pays s’accusant mutuellement d’attaques contre leurs navires respectifs dans la région, qui ont causé des dommages mineurs, ainsi que d’une explosion dans la principale installation nucléaire iranienne de Natanz, que Téhéran a attribuée à Israël.

Des frappes imputées à Israël ont été menées dans la nuit de mercredi à jeudi dans la province de Qouneitra, dans le sud de la Syrie, sans faire de victimes, selon les médias étatiques. Ces frappes interviennent 24 heures après une attaque similaire dans la province de Lattaquié, bastion de la famille du président Bachar al-Assad, ayant fait un mort civil et six blessés. L’agence officielle Sana a fait état dans la nuit d’une « attaque israélienne menée par un hélicoptère sur l’une des zones de Qouneitra », non loin de la frontière israélienne. L’attaque n’a fait « aucune victime », selon Sana.

Le mois dernier, M. Salami a prévenu que si Israël se livrait à d’autres « méfaits » dans la région, l’Iran répondrait par la force.

L’Iran a instauré la Journée mondiale d’Al-Quds, ou Journée de Jérusalem, en 1979, année de la Révolution islamique. Il la commémore par des discours et des événements anti-israéliens et par des menaces de « libération » de Jérusalem du contrôle israélien.

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