Le chef du Mouvement islamique abattu à Jaffa
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Le chef du Mouvement islamique abattu à Jaffa

La victime est Muhammad Abu Nijm; 145 personnes arrêtées cette nuit dans le village de Turan, soupçonnées d'être impliquées dans des bagarres, fusillades et incendies criminels

Illustration : Une voiture de patrouille de police à Jérusalem, le 20 septembre 2017. (Times of Israel/Stuart Winer)
Illustration : Une voiture de patrouille de police à Jérusalem, le 20 septembre 2017. (Times of Israel/Stuart Winer)

Un haut responsable du Mouvement islamique a été abattu et un deuxième homme modérément blessé dimanche lorsqu’un homme armé a ouvert le feu dans le centre de la ville de Jaffa.

Mohammad Abu Nijm, un militant bien connu du mouvement politique, a été grièvement blessé lors de la fusillade. Lui et le second homme ont été emmenés à l’hôpital Wolfson de Holon pour y être soignés, où Abu Nijm a succombé à ses blessures.

Aucun détail n’a été donné sur l’identité du second homme.

Selon l’organisation The Abraham Initiatives, 12 Arabes ont été tués depuis le début de 2021 en Israël. Sept étaient des citoyens arabes israéliens, et les cinq autres étaient des Palestiniens de Jérusalem-Est ou des Palestiniens travaillant en Israël.

La Douzième chaîne a rapporté que la fusillade dans la rue HaSaba Mishpola, dans la ville côtière, faisait l’objet d’une enquête policière en tant que tentative d’assassinat et qu’une chasse à l’homme était en cours.

Fondé dans les années 1970, le Mouvement islamique est une organisation politique, un groupe religieux et un prestataire de services sociaux. Le mouvement s’est scindé il y a deux décennies : la branche sud, plus modérée, fait désormais partie de la Liste arabe unie à prédominance arabe, tandis que la branche nord, plus dure, a été interdite en Israël.

En 2020, 96 Arabes israéliens ont été tués, ce qui est de loin le bilan annuel le plus élevé de mémoire récente. De nombreux Arabes israéliens attribuent la crise à l’inaction de la police, affirmant que celle-ci ne fait pas respecter la loi dans leurs villes et villages.

Ces dernières années ont vu une augmentation des meurtres et des crimes commis par armes à feu dans la communauté arabe israélienne. Les dirigeants arabes affirment que la police ignore largement la violence, qui comprend querelles familiales, guerres de territoire de la mafia, violence domestique et crimes d’honneur.

Un certain nombre de manifestations et de grands rassemblements ont été organisés pour protester contre ce que les Israéliens arabes considèrent comme un échec à traiter de manière adéquate la vague de violence criminelle au sein de la communauté.

Seuls 30 % des meurtres présumés dans la communauté arabe israélienne en 2019 – 27 sur 88 – ont été résolus, rapporte le quotidien Haaretz.

Trente-six pour cent des Arabes israéliens éprouvent un sentiment d’insécurité personnelle dans la communauté où ils vivent en raison de la violence, contre 12,8 % chez les Juifs israéliens, selon un rapport de 2019 du Fonds Abraham.

Baladna, une organisation à but non lucratif, a indiqué que les jeunes Israéliens arabes sont les plus susceptibles d’être tués au sein de la communauté – plus de la moitié des personnes assassinées sont âgées de 18 à 34 ans.

Après une série de meurtres en juin dernier, la police avait émis ce communiqué : « La campagne contre la violence dans la communauté ne dépend pas seulement de la police, et seul un changement profond qui vienne de l’intérieur de la communauté arabe israélienne dans l’éducation, la culture et en coopération avec la police, ainsi que la dénonciation de standards non avenus et des mesures proactives de la part des dirigeants conduiront au changement souhaité ».

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