Le CRIF s’oppose à la projection à Cannes d’un film défendant les terroristes de Munich
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Le CRIF s’oppose à la projection à Cannes d’un film défendant les terroristes de Munich

“Munich : une histoire palestinienne”, du réalisateur Nasri Hajjaj, affirme que la police allemande a tué les athlètes israéliens, et pas les preneurs d’otages palestiniens

Les onze victimes israéliennes du massacre de Munich, pendant les Jeux olympiques d'été 1972
Les onze victimes israéliennes du massacre de Munich, pendant les Jeux olympiques d'été 1972

Le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, s’est opposé à la diffusion prévue à Cannes d’un film dont il dit qu’il accuse à tort les forces de sécurité allemandes pour la mort des 11 athlètes israéliens pris en otage par des terroristes palestiniens pendant les Jeux olympiques de Munich en 1972.

Roger Cukierman, président du CRIF, s’y est opposé dans une lettre du 3 mai adressée à Pierre Lescure, président du festival du film de Cannes, et à la ministre française de la Culture, Audrey Azoulay, a annoncé jeudi le CRIF sur son site internet.

Cukierman a écrit qu’il était « inquiet » de la projection du film : « Munich : une histoire palestinienne », pendant un évènement de promotion du cinéma arabe au Festival de Cannes.

Le film décrit les Palestiniens qui ont abattu au moins de deux des onze athlètes israéliens qu’ils ont pris en otage pendant les Jeux d’été à Munich en 1972 comme des combattants de la liberté. Il accuse à tort la police allemande des meurtres, a écrit Cukierman dans sa lettre.

Réalisé par Nasri Hajjaj, « Munich » fait partie d’un partenariat entre le Festival du film de Cannes, qui est l’un des évènements cinématographiques les plus importants, et le Festival international du film de Dubaï.

Cette année, pour la première fois, le festival de Dubaï a envoyé une sélection de films arabes, dont celui sur Munich, au Marché du film de Cannes, une plate-forme du cinéma international qui se déroule en même temps que le Festival.

Nasri Hajjaj. (Crédit : Facebook)
Nasri Hajjaj. (Crédit : Facebook)

Le 4 septembre 1972, huit terroristes du mouvement Septembre noir sont entrés dans les logements de la délégation israélienne aux Jeux olympiques. L’entraîneur de lutte Moshe Weinberg et le champion d’haltérophilie Yossef Romano ont été tués en résistant à leurs attaquants, selon The Independant. Le corps de Romano a été mutilé. Ses organes génitaux ont été coupés, probablement après sa mort, selon le New York Times.

Les rapports de la police allemande n’ont pas conclu si les Palestiniens ou les policiers allemands tentant d’entrer ont tué les neuf otages restants.

Le film sur Munich choisit une narration affirmant que la police allemande, et pas les Palestiniens, ont tué les Israéliens. « Tout s’est terminé lorsque les forces de sécurité allemande ont donné l’assaut, tuant cinq Palestiniens et 11 sportifs israéliens », est-il écrit dans le script du film, selon le CRIF.

Cukierman a considéré le film comme « une révision scandaleuse de faits historiques », ajoutant que la projection du film à Cannes est « d’autant plus scandaleuse qu’elle s’inscrit dans un contexte de violence terroriste qui touche notre pays, et qu’un tel film légitime indirectement ».

En novembre, 130 personnes sont mortes dans une série d’attentats à Paris et sa région attribuée au groupe Etat islamique.

Dans un article de 2012, basé sur de nouveaux documents à propos de ce qui est mondialement connu comme le massacre de Munich, Haaretz avait cité un rapport des procureurs bavarois sur la scène d’assaut. « A l’exception d’une balle, tirée depuis l’intérieur, il est impossible de déterminer la source des tirs. Ils ont pu venir des policiers », est-il écrit dans le rapport.

Cinq des terroristes de Munich ont été tués pendant des échanges de tirs avec la police allemande, et trois ont été capturés. Deux d’entre eux ont été libérés dans l’année, après que leurs camarades avaient menacé de tuer les passagers d’un vol allemand qu’ils avaient détourné. Israël a plus tard assassiné les coupables libérés et d’autres suspects, selon des médias non israéliens.

Tzvi Zamir, ancien directeur du Mossad, a démenti en 2006, pendant un entretien avec Haaretz, que le Premier ministre de l’époque, Golda Meir, avait ordonné au Mossad de retrouver et de tuer quiconque directement lié au massacre de Munich.

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