Le député Ben Gvir veut être « ministre de la Sécurité du Néguev et de Galilée »
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Le député Ben Gvir veut être « ministre de la Sécurité du Néguev et de Galilée »

Quelqu'un doit régler le problème et je suis cette personne : le chef d'Otzma Yehudit dit qu'il rejoindra le gouvernement s'il est chargé des régions où vivent les citoyens arabes

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Itamar Ben Gvir, chef du parti Otzma Yehudit donne une conférence de presse à Jérusalem, le 26 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Itamar Ben Gvir, chef du parti Otzma Yehudit donne une conférence de presse à Jérusalem, le 26 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a déclaré samedi qu’il conditionnerait son entrée dans une coalition gouvernementale après les prochaines élections à sa nomination comme ministre chargé de la Sécurité dans les régions à forte population arabe israélienne.

S’adressant à la Douzième chaîne, Ben Gvir a déclaré qu’il avait initialement prévu de demander la présidence de la commission des lois et de la constitution de la Knesset mais, suite aux « appels des soldats », il a décidé de demander à être nommé « ministre de la Sécurité de la Galilée et du Néguev ».

Il n’existe pas de ministère de ce type, mais dans le passé, des postes ont été créés dans le cadre de la mise en place de coalitions.

Il a déclaré qu’il y avait « une anarchie totale » dans les régions du nord et du sud du pays où vit une grande partie des Arabes israéliens et que « la sécurité doit y être rétablie. »

« C’est le Far West là-bas. Quelqu’un doit s’en occuper, et cette personne, c’est moi », a-t-il affirmé.

Netanyahu a orchestré un accord entre le disciple de Kahane, Ben Gvir, et le sioniste religieux, Bezalel Smotrich, pour une candidature commune qui, selon de récents sondages, passera le seuil électoral de la Knesset. Netanyahu espère ainsi éviter une perte de voix de droite et renforcer ses chances de former un gouvernement après les élections.

Itamar Ben Gvir (à droite), membre du parti Otzma Yehudit, et Betzalel Smotrich, chef de la faction Union nationale, lors d’un évènement de campagne à Bat Yam, le 6 avril 2019. (Flash90)

De récents sondages montrent que Ben Gvir pourrait avoir un pouvoir de négociation alors que Netanyahu tente d’atteindre une majorité de 61 sièges. Toutefois, le Premier ministre a déclaré le mois dernier que, bien que Ben Gvir, qui occupe la troisième place sur la liste du sionisme religieux, ferait partie de sa coalition après les élections, il « n’est pas à même » d’être membre de son cabinet.

Interrogé à plusieurs reprises sur la raison pour laquelle Ben Gvir ne peut pas être membre du gouvernement s’il est assez bon pour faire partie de sa coalition, Netanyahu a refusé de répondre. A la question de savoir s’il pense que Ben Gvir, qui a appelé à l’expulsion des Arabes israéliens « déloyaux », est raciste, Netanyahu a répondu : « ses positions ne sont pas les miennes ».

Ben Gvir a déclaré samedi qu’il recommanderait Netanyahu pour former la coalition après le vote du 23 mars.

« Il est vraiment dans une autre catégorie », a déclaré M. Ben Gvir, ajoutant qu’il ne participerait pas à une coalition sous la direction de Yair Lapid, leader de Yesh Atid, ou de Gideon Saar, président de Tikva Hadasha, et que Naftali Bennett, président de Yamina, « ne peut pas être Premier ministre avec dix sièges ».

De nouvelles élections, les quatrièmes depuis avril 2019, ont été convoquées en décembre après que le gouvernement de partage du pouvoir entre le Likud et Kakhol lavan n’a pas réussi à s’entendre sur un budget avant la date limite du 23 décembre.

L’élection, comme les trois précédentes, est largement considérée comme un référendum sur le pouvoir de Netanyahu au plein cœur de son procès ainsi que sur la gestion par son gouvernement de la pandémie de COVID-19.

Ben Gvir a également réitéré son soutien à une loi accordant au Premier ministre Benjamin Netanyahu l’immunité dans son affaire de corruption et arrêtant son procès. La semaine dernière, il a déclaré qu’il ne rejoindrait la coalition que si elle s’engageait à adopter une telle loi.

« Le Premier ministre et les ministres devraient bénéficier de l’immunité… afin qu’ils ne soient pas pris en otage par le procureur général et le bureau du procureur de l’État », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne.

« Une telle chose n’existe dans aucun pays normal. Il n’y a qu’en Israël qu’une seule personne peut décider de qui sera Premier ministre ou ministre », a-t-il déclaré, faisant vraisemblablement référence à Mandelblit ou à un autre responsable juridique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) arrive pour une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires et de corruption dans l’une d’entre elles. (Reuven Kastro/POOL)

Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires, ainsi que de corruption dans l’une d’entre elles. Il a nié avoir commis des actes répréhensibles et a affirmé que ces accusations étaient le résultat de manœuvres de ses rivaux politiques, des médias, des forces de l’ordre et des procureurs visant à le démettre de ses fonctions.

Netanyahu a retiré sa demande d’immunité parlementaire contre toute mise en accusation dans ces affaires au début de l’année dernière.

En 2019, des rumeurs ont circulé selon lesquelles Netanyahu conditionnait l’entrée dans un gouvernement au soutien des partis de la coalition potentielle à une loi mettant un Premier ministre en exercice à l’abri des poursuites.

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