Le dirigeant des Verts australiens critiqué pour ses propos sur Peres
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Le dirigeant des Verts australiens critiqué pour ses propos sur Peres

Les députés et les groupes juifs dénoncent l’attaque ‘sans précédent’ de Richard Di Natale contre le défunt président israélien

Shimon Peres à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 10 avril 2013. (Crédit : Lior Mizrahi/Getty Images)
Shimon Peres à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 10 avril 2013. (Crédit : Lior Mizrahi/Getty Images)

SYDNEY – Le chef du parti des Verts australien a été critiqué par d’autres législateurs et un groupe juif pour s’être attaqué au défunt Shimon Peres dans un discours au Sénat.

Prenant la parole le 13 octobre, deux semaines après le décès de l’ancien président israélien, qui est mort à 93 ans, le sénateur Richard Di Natale a cherché à contredire les images de Peres l’identifiant comme un homme d’Etat et un artisan de paix.

« Il est important de souligner que Shimon Peres a été décrit comme un architecte du programme d’armement nucléaire d’Israël, qui reste à ce jour en dehors du contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique ; qu’il était le père du mouvement des implantations, ce qui implique la confiscation de grandes étendues de terres palestiniennes ; et qu’en 1996, il a supervisé l’opération ‘Raisins de la colère’, qui impliquait la mort de 154 civils au Liban et le bombardement d’un bâtiment des Nations unies, qui a tué 106 civils abritant », a déclaré Di Natale.

« Quand bien même il a reçu le prix Nobel de la paix en 1994, les membres de ce comité ont exprimé le regret que le prix ne puisse pas être rappelé sur la base des actions qui ont suivi », a-t-il poursuivi.

Le président américain Barack Obama pendant les funérailles d'État de l'ancien président israélien Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le président américain Barack Obama pendant les funérailles d’État de l’ancien président israélien Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Le législateur de gauche faisait référence à des rapports révélés en 2002, après qu’Israël ait lancé une vaste opération anti-terroriste en Cisjordanie, alors que Peres occupait le poste de ministre des Affaires étrangères, les membres du comité du prix norvégien ont déclaré qu’ils regrettaient d’avoir donné à Peres le prix pour avoir aidé à négocier les accords israélo-palestiniens.

Le membre du Parlement Michael Danby du Parti travailliste a fustigé les remarques le lendemain, en disant que Di Natale « à sa grande honte a dénigré » Peres et qu’il a « de nouveau montré son insensibilité totale et sa haine de l’Etat juif ».

Il a ajouté : « cela est sans précédent que le dirigeant d’un parti politique attaque un dirigeant d’Etat récemment décédé qui était connu pour ses valeurs de paix et de réconciliation avec laquelle le parti vert s’identifie de manière ostensiblement fausse ».

Danby a également défendu le rôle de Peres dans l’acquisition d’Israël de la technologie nucléaire, la qualifiant de « système de sécurité » suite à la quasi-extermination des Juifs d’Europe pendant l’Holocauste.

Di Natale a fait ses remarques après que les principaux leaders des partis présents du Parlement ont présenté des motions commémorant Peres et soulignant son prix Nobel de la paix.

Le leader australien du Parti des Verts Richard Di Natale (Crédit :  Wikimedia commons / Verts australiens)
Le leader australien du Parti des Verts Richard Di Natale (Crédit : Wikimedia commons / Verts australiens)

Le Conseil exécutif de l’Australian Jewry a publié une déclaration qualifiant Peres d’ « homme d’Etat de renommée mondial, comme cela a été attesté par les éloges éloquents de la plupart des personnalités politiques de premier plan du monde, y compris Barack Obama et Bill Clinton, à ses funérailles ».

« Contrairement au dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, qui a déclaré que la mort de Peres est ‘une lourde perte pour toute l’humanité et pour la paix dans la région’, le sénateur di Natale n’a pas réussi à trouver une seule chose de positive à dire sur le décès de Peres », a déclaré le communiqué.

« Les critiques sans grâce du sénateur contre Shimon Peres, peu après son décès, donne une mauvaise image de lui-même et des Verts australiens, et suggèrent que leur chef est un captif politique des extrémistes de son parti ».

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