Le gouvernement abandonne la controversée « loi de l’Etat juif »
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Le gouvernement abandonne la controversée « loi de l’Etat juif »

La législation, qui devait consacrer Israël comme l'Etat-nation du peuple juif, ne sera pas présentée pour un débat ministériel

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 24 juillet, 2013 (Crédit : Flash 90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 24 juillet, 2013 (Crédit : Flash 90)

Le Comité ministériel pour la législation n’a pas voter dimanche un projet de loi controversé qui consacrerait le statut d’Israël comme Etat juif, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a retiré cette mesure de l’ordre du jour.

Le Likud, parti au pouvoir de Netanyahu, a déclaré dans un communiqué que le projet de loi, qui s’était présenté au débat sous diverses formes au cours des dernières années, sera discuté à la place par un comité spécial composé de membres de la Knesset issus des différents partis de la coalition.

Mais une source de ce comité spécial a été citée par Haaretz affirmant samedi soir que Netanyahu cherchait à « dissoudre » toute discussion du projet de loi, qui avait été une importante source de conflits au sein du gouvernement précédent.

Le projet de loi octroierait un droit constitutionnel à l’autodétermination en Israël uniquement pour les Juifs et interpréterait toute jurisprudence à la lumière de cette affirmation. Il consacrerait également divers symboles tels que le drapeau et l’hymne national, ainsi que des questions telles que le statut de Jérusalem et le droit des Juifs à immigrer vers le pays.

Les précédentes itérations du projet de loi avaient fait l’objet de vives critiques de la part des législateurs et d’autres membres de l’opposition qui prétendaient que la législation faisait prévaloir l’identité d’Israël comme un Etat juif sur son caractère démocratique, et ferait des non-juifs des citoyens israéliens de seconde classe.

Toujours selon les critiques, la législation de l’Etat juif donnerait lieu à une législation anti-démocratique et à des politiques discriminatoire contre la population arabe d’Israël.

Le soutien indéfectible de Netanyahu à ce projet de loi avait été l’une des raisons de l’effondrement de son précédent gouvernement en novembre 2014, ce qui avait provoqué les élections de mars. Les ministres Tzipi Livni et Yaïr Lapid s’étaient ensuite fermement opposés au projet de loi et avaient menacé de quitter la coalition à cause de cette législation.

Après sa réélection en mars, Netanyahu a promis que son nouveau gouvernement adopterait une version adoucie du projet de loi. Cependant, le ministre des Finances Moshe Kahlon, qui préside le parti de la coalition Koulanou, a exprimé son opposition.

Selon les rapports, c’était la résistance de Kahlon qui avait forcé Netanyahu à retirer la législation de l’ordre du jour du Comité ministériel pour le moment.

Avi Dichter, député de la Knesset membre du Likud, qui a formulé la dernière version du projet de loi, a affirmé que la décision d’abandonner ce dispositif était un « badge de la honte » pour la droite et, dans un communiqué publié samedi, a promis de redoubler d’efforts pour la promouvoir.

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