Le groupe terroriste ne peut pas s’engager à désarmer – Officiel du Hamas
Un membre du bureau politique basé à Doha a indiqué que le Hamas était favorable à une trêve de trois à cinq ans et qu'il avait avait l'intention de maintenir son contrôle sur Gaza pendant la "phase de transition"

DOHA, Qatar – Le Hamas a l’intention de conserver le contrôle de la sécurité à Gaza pendant une période transitoire, a déclaré un haut responsable du Hamas à Reuters, ajoutant qu’il ne pouvait pas s’engager à ce que le groupe terroriste procède à son propre désarmement – des positions qui reflètent les difficultés auxquelles se heurte le plan américain qui vise à mettre un terme à la guerre.
Mohammed Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a également indiqué que l’organisation terroriste était prête à accepter un cessez-le-feu pouvant aller jusqu’à cinq ans avec pour objectif de reconstruire une bande de Gaza dévastée, avec des garanties sur l’avenir – et notamment l’octroi, aux Palestiniens, « d’un horizon et d’espoirs » en ce qui concerne la création d’un État.
S’exprimant auprès de Reuters lors d’une interview accordée à Doha – où les dirigeants du Hamas résident depuis longtemps – Nazzal a défendu les opérations de répression menées par le groupe terroriste à Gaza, où il a procédé lundi à des exécutions sommaires publiques. Il a affirmé qu’il y avait toujours des « mesures exceptionnelles » pendant la guerre et que les personnes exécutées étaient des criminels coupables de meurtres.
Si ce n’est pas la première fois que le Hamas exprime ces points de vue, le moment choisi par Nazzal pour faire ces déclarations montre les obstacles majeurs qui entravent les efforts visant à mettre un terme définitif à la guerre qui avait été déclenchée par le pogrom commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, et ce quelques jours après la conclusion de la première phase du cessez-le-feu.
Des propos qui soulignent les divergences importantes entre les positionnements du Hamas et le plan du président américain Donald Trump pour Gaza, à l’approche des négociations qui devraient porter sur les armes du Hamas et sur la gouvernance de l’enclave.
Interrogé sur les paroles du responsable du groupe terroriste, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël était attaché à l’accord de cessez-le-feu et que l’État juif, de son côté, continuait à respecter et à remplir sa part du plan.
« Le Hamas est censé libérer tous les otages lors de la première phase. Il ne l’a pas fait. Le Hamas sait où se trouvent les corps sans vie de nos otages. Le Hamas doit être désarmé en vertu de cet accord. Sans condition. Le Hamas doit respecter le plan en 20 points. Le temps presse », a-t-il commenté dans un communiqué transmis à Reuters.
Le plan de Trump, présenté en date du 29 septembre, demandait au Hamas de libérer immédiatement tous les otages avant de s’engager à désarmer et à céder le pouvoir à Gaza à un comité technocratique qui serait supervisé par une instance de transition internationale.
Le plan a été soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu – qui a affirmé qu’il permettrait de démanteler les capacités militaires du Hamas, de mettre fin à son pouvoir politique et de garantir que Gaza ne constituerait plus jamais une menace pour Israël.
Toutefois, l’accord de cessez-le-feu qui a été signé par le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, et les médiateurs à Charm el-Cheikh, le 9 octobre, n’a pas abordé la problématique du désarmement du Hamas et il n’exige pas du groupe terroriste qu’il libère tous les otages décédés qu’il détient avant qu’Israël ne libère les prisonniers palestiniens.
Durement frappé par Israël pendant la guerre, le Hamas est soumis à des pressions intenses en faveur de son désarmement et de son départ du pouvoir à Gaza, sous peine de voir le conflit reprendre.
Alors qu’il lui était demandé, mercredi, si le Hamas renoncerait à ses armes, Nazzal a répondu : « Je ne peux pas répondre par oui ou par non. Franchement, cela dépend de la nature du projet. Le projet de désarmement dont vous parlez, qu’est-ce que cela signifie ? À qui les armes seront-elles remises ? »
Il a ajouté que les questions qui seront abordées lors de la prochaine phase des négociations, y-compris celle des armes, ne concernaient pas seulement le Hamas, mais aussi d’autres groupes armés palestiniens, et qu’elles nécessiteraient que les Palestiniens dans leur ensemble parviennent à un positionnement commun.
Interrogée sur les propos tenus par Nazzal, la Maison Blanche a renvoyé Reuters aux déclarations qui ont été faites par Trump dans la journée de jeudi.
« Nous avons obtenu un engagement de leur part et je suppose qu’ils vont l’honorer », a dit Trump, qui a souligné que le Hamas avait restitué un plus grand nombre de corps sans vie de captifs, mais sans donner plus de détails sur la question du désarmement ou de sa présence provisoire sur le terrain.
Nazzal a également affirmé que le Hamas n’avait aucun intérêt à conserver les dépouilles des otages décédés lors du pogrom du 7 octobre.
Le Hamas a remis au moins neuf des 28 corps sans vie. Il rencontre des problèmes techniques pour en récupérer davantage, a-t-il expliqué, ajoutant que des pays de la communauté internationale, comme la Turquie ou les États-Unis, apporteraient leur aide dans ces recherches si nécessaire.
Un haut responsable turc a déclaré la semaine dernière que la Turquie participerait à un groupe de travail conjoint avec Israël, les États-Unis, le Qatar et l’Égypte afin de localiser les dépouilles qui manquent encore.
Le Hamas a accepté, le 4 octobre, de libérer les otages et de remettre le pouvoir à un comité technocratique, mais il a précisé que d’autres problématiques devraient être abordées dans un cadre palestinien plus large. Il a remis en liberté tous les otages vivants lundi.
Nazzal a indiqué que la deuxième phase des négociations commencerait rapidement.
L’objectif des élections, un « espoir » pour les Palestiniens
Trump a expliqué, mardi, qu’il avait fait savoir au Hamas qu’il devait désarmer – ou qu’il y serait contraint. Trump a également laissé entendre que le groupe terroriste avait reçu l’autorisation temporaire de mener des opérations de sécurité interne à Gaza, et il a approuvé l’exécution de « membres de gangs » par le Hamas.
Prenant note des propos tenus par Trump, Nazzal a déclaré qu’il y avait un accord concernant la présence du Hamas sur le terrain – sans préciser les parties impliquées dans cet accord. Il a fait remarquer qu’il était nécessaire de protéger les camions d’aide humanitaire contre les voleurs et les gangs armés.
« C’est une phase de transition. Sur le plan civil, il y aura une administration technocratique, comme je l’ai dit. Sur le terrain, le Hamas sera présent », a-t-il dit. Après la phase de transition, des élections devraient avoir lieu, a-t-il ajouté.
Nazzal a précisé que les médiateurs n’avaient pas discuté avec le groupe d’une force internationale de stabilisation pour Gaza, qui a été proposée dans le plan de cessez-le-feu de Trump.
La charte fondatrice du Hamas appelle à la destruction d’Israël, même si les chefs du groupe terroriste ont parfois proposé une trêve à long terme avec Israël en échange d’un État palestinien en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.
Israël considère ce positionnement comme une ruse.
Nazzal a noté que le Hamas avait suggéré une trêve à long terme lors de réunions avec des responsables américains et qu’il souhaitait une trêve d’au moins trois à cinq ans pour reconstruire la bande de Gaza. « L’objectif n’est pas de se préparer à une future guerre », a-t-il affirmé.
Au-delà de cette période, les garanties pour l’avenir exigeraient que les États « offrent des perspectives et de l’espoir au peuple palestinien », a-t-il déclaré.
« Le peuple palestinien veut un État palestinien indépendant », a-t-il continué.







