Le HCR en pourparlers pour envoyer des migrants africains dans des pays « sûrs »
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Le HCR en pourparlers pour envoyer des migrants africains dans des pays « sûrs »

L'organe chargé des réfugiés confirme les pourparlers avec les gouvernements israélien et étrangers sur un accord permettant à certains demandeurs d'asile de rester en Israël

Des demandeurs d'asile africains et des activistes pour les droits de l’Homme protestent contre les expulsions devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 7 février 2018 (Miriam Alster / Flash90)
Des demandeurs d'asile africains et des activistes pour les droits de l’Homme protestent contre les expulsions devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 7 février 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Israël est en pourparlers avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin de réinstaller une partie des demandeurs d’asile africains dans des pays tiers jugés « sûrs » par l’ONU, y compris peut-être des pays occidentaux, en échange de l’octroi d’une résidence permanente en Israël pour certains réfugiés.

L’accord mettrait probablement un terme à la campagne actuelle d’Israël pour expulser des milliers de demandeurs d’asile vers les pays africains, notamment le Rwanda et l’Ouganda.

« Un tel arrangement pourrait être réalisé, même si les détails nécessaires doivent être réglés », a déclaré Sharon Harel, responsable des relations extérieures au bureau du HCR en Israël.

Elle a refusé de nommer les pays intéressés par l’accueil des réfugiés ou le pourcentage de réfugiés qui pourraient rester en Israël. Depuis 2013, le HCR, en collaboration avec un certain nombre de pays, a réinstallé 2 400 demandeurs d’asile dans des pays tiers qu’il considère comme sûrs, dont les États-Unis et le Canada.

M. Harel s’est dit confiant qu’un accord pourrait offrir une solution viable aux quelque 38 000 demandeurs d’asile africains actuellement en Israël. Nous considérerions un tel arrangement comme une solution gagnant-gagnant tant pour les réfugiés que pour l’État d’Israël », a déclaré M. Harel.

Le Cabinet du Premier ministre a refusé de répondre à plusieurs demandes de complément d’informations.

Le HCR, ainsi qu’un certain nombre d’organisations de défense des droits de l’homme, ont exprimé leur consternation face au programme israélien d’expulsion de demandeurs d’asile vers des pays tiers, dont le nom officiel n’était pas mentionné. Des rapports ont cité le Rwanda et l’Ouganda, qui sont répertoriés par l’ONU comme « zones de risque ».

Les affichettes distribuées autour de Tel Aviv Sud par L’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières, le 2 février 2018. (courtoisie)

« En raison du secret qui entoure cette politique et du manque de transparence concernant sa mise en œuvre, il a été très difficile pour le HCR de suivre et de surveiller systématiquement la situation des personnes réinstallées dans ces pays africains », a déclaré le HCR dans un communiqué de novembre. Cependant, le HCR est préoccupé par le fait que ces personnes n’ont pas trouvé une sécurité adéquate ou une solution durable à leur sort et que beaucoup ont par la suite tenté des déplacements dangereux à l’intérieur de l’Afrique ou vers l’Europe.

Israël a expulsé environ 4 000 demandeurs d’asile au Rwanda et en Ouganda depuis décembre 2013, date à laquelle le programme d’expulsion a commencé.

Israël a lancé cette semaine une nouvelle campagne d’expulsions en raison de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi visant à fermer un centre de séjour et à forcer les demandeurs d’asile à quitter le pays ou à aller en prison. Israël a commencé dimanche à délivrer des avis d’expulsion aux demandeurs d’asile qui renouvellent leur visa de deux mois.

Selon les rapports, le gouvernement espère expulser 600 demandeurs d’asile par mois pour la première année. Les personnes ayant des demandes d’asile en cours ne peuvent pas être expulsées avant que les demandes ne soient traitées.

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