Le Hezbollah dit avoir doublé le nombre de ses missiles de précision
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Le Hezbollah dit avoir doublé le nombre de ses missiles de précision

Hassan Nasrallah déclare que son organisation est encore déterminée à venger la mort de son combattant en Syrie et de son éminent général

Le secrétaire-général du Hezbollah Hassan Nasrallah lors d'un discours officiel sur la chaîne officielle du parti, Al-Manar TV, le 29 septembre 2020. (Capture d'écran :Al-Manar)
Le secrétaire-général du Hezbollah Hassan Nasrallah lors d'un discours officiel sur la chaîne officielle du parti, Al-Manar TV, le 29 septembre 2020. (Capture d'écran :Al-Manar)

Le groupe terroriste du Hezbollah libanais a multiplié par deux le nombre de ses missiles de précision pendant l’année, a déclaré son chef, Hassan Nasrallah, dans un entretien publié dimanche.

Au cours d’une interview-fleuve accordée au site internet pro-Hezbollah al-Mayadeen, Nasrallah a aussi affirmé que son organisation chiite, soutenue par l’Iran, était en mesure de frapper avec précision tout le territoire israélien.

« Le nombre de missiles de précision qui se trouvent à la disposition de la résistance a doublé par rapport à l’année dernière », a-t-il déclaré. « Nous pourrons frapper avec exactitude toutes les cibles que nous voulons qui se trouvent sur les territoires de la Palestine occupée ».

Les tensions régionales sont élevées suite à l’assassinat récent de l’éminent physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh au cours d’un raid qui a été attribué à Israël, et dans un contexte de craintes portant sur d’autres attaques – alors que se profile la fin du mandat du président américain Donald Trump à la Maison Blanche.

La Treizième chaîne israélienne a fait savoir, le mois dernier, que Nasrallah se cachait actuellement, redoutant d’être pris pour cible par une attaque israélo-américaine. Le reportage a indiqué que Nasrallah restait dans son refuge, ayant annulé tous ses « déplacements » suite à l’assassinat de Fakhrizadeh.

Le chef terroriste serait une cible pour Israël depuis de nombreuses années et certains responsables, au sein de l’Etat juif, l’ont raillé pour son isolement dans un « bunker » et ses rares apparitions publiques. Une telle attaque contre le numéro un du groupe terroriste de la part d’Israël enflammerait très certainement – et gravement – les tensions dans la région.

Ali Kamel Mohsen Jawad, un membre du groupe terroriste Hezbollah, lequel affirme qu’il a été tué par une frappe aérienne, le 20 juillet 2020. (Crédit : média du Hezbollah)

Dans son entretien de dimanche, Nasrallah a expliqué que son organisation était bien déterminée à venger la mort, au mois de juillet, de l’un de ses combattants, Ali Kamel Mohsen Jawad, qui avait été tué lors d’une série de frappes aériennes en Syrie dont la responsabilité avait été attribuée à Israël ainsi que l’assassinat du général Qassem Soleimani, frappé par les Etats-Unis au mois de janvier, et celui d’Abu Mahdi Al-Muhandis, leader d’une milice pro-iranienne en Irak.

Il a prétendu que les drones israéliens envoyés dans l’espace libanais reflétaient une sorte de « confusion », ajoutant que le Hezbollah dispose des armes adéquates contre les drones et que le groupe avait ouvert le feu sur eux à plusieurs occasions.

Au début du mois, le Hezbollah avait affirmé que l’un de ses drones était parvenu à pénétrer dans l’espace aérien israélien sans être détecté par Tsahal et qu’il avait tourné des images de bases militaires présumées dans la région de la haute-Galilée.

Dans l’interview, Nasrallah a aussi dit que l’Arabie saoudite, ennemie du Hezbollah, cherchait à le faire assassiner depuis longtemps et que le royaume avait impliqué les Etats-Unis et l’Etat juif dans ce projet.

« Nos données indiquent que le prince saoudien Mohammed bin Salman a évoqué la question de mon assassinat au cours de sa visite à Washington », a-t-il dit, ajoutant que « les Américains ont accepté la demande des Saoudiens de me faire assassiner, et ce serait Israël qui devrait s’en charger ».

Concernant les décisions prises récemment par plusieurs Etats arabes de normaliser leurs liens avec Israël, Nasrallah a expliqué « ne pas être surpris parce que la plus grande partie des régimes arabes n’a jamais vendu que des paroles aux Palestiniens ».

Il a continué en disant que les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, en établissant des relations diplomatiques avec Jérusalem, indiquaient qu’une période « d’hypocrisie » s’était terminée. Il a estimé que « les masques sont tombés ».

« En tant qu’islamiste, je trouve la position adoptée par le parti de la Justice et du développement au Maroc plus douloureuse encore que la normalisation », a poursuivi Nasrallah. « Rien dans le monde ne justifie que l’on puisse abandonner la Palestine ».

Des militaires se tiennent près du cercueil recouvert du drapeau iranien de Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique nucléaire qui a été tué vendredi, lors d’une cérémonie funéraire à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Ministère de la Défense iranien via AP)

Les tensions ont aussi augmenté entre Israël et l’Iran. Un porte-parole de l’armée israélienne a confié, ce week-end, à un journal saoudien que les sous-marins israéliens opéraient discrètement « partout » et un officiel iranien a déclaré en riposte à Al-Jazeera, sous couvert d’anonymat, que « la réponse de Téhéran à toute attaque contre sa sécurité nationale sera forte et large ».

La source anonyme a déclaré que l’Etat juif « cherche des excuses pour entraîner la région dans des tensions qui créeront le chaos », profitant des derniers jours du mandat de Trump.

L’Iran a subi plusieurs attaques dévastatrices, cette année – avec notamment la mort de Soleimani pendant une frappe américaine au drone au mois de janvier et une explosion et un incendie mystérieux qui ont touché une usine d’assemblage de centrifugeuses au sein de la structure d’enrichissement de l’uranium de Natanz – un incident qui, selon de nombreux observateurs, aurait résulté d’un acte de sabotage.

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