Rechercher

Le Likud s’opposera au projet de loi sur les bourses d’études des anciens soldats

Le parti a déclaré qu'il ne soutiendra le projet de loi que s'il couvre 100 % des frais de scolarité des anciens soldats, au lieu des deux tiers proposés

Capture d'écran d'une vidéo du leader de l'opposition le député Benjamin Netanyahu, à droite, et de son collègue du parti Likud le député Yoav Gallant, le 19 mai 2022. (Crédit: Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo du leader de l'opposition le député Benjamin Netanyahu, à droite, et de son collègue du parti Likud le député Yoav Gallant, le 19 mai 2022. (Crédit: Twitter)

Le Likud a annoncé jeudi que l’ensemble de sa faction votera contre un projet de loi de la coalition visant à financer des bourses d’études pour les soldats de combat récemment libérés, après qu’un groupe de membres du Likud ait initialement exprimé son soutien à la législation.

Le Likud a déclaré qu’il n’apporterait son soutien, dont la coalition aurait besoin pour adopter le projet de loi, que si la mesure était modifiée pour couvrir 100 % des frais de scolarité des soldats libérés, au lieu des deux tiers proposés.

Le Likud a déclaré dans un communiqué que « tous les membres du Likud » avaient signé un document dans lequel ils s’engagent à ne soutenir la loi que si elle couvre 100 % des dépenses, et que le Likud a négocié avec la coalition pour augmenter le financement.

« Nous sommes unis aux soldats de Tsahal », a-t-il été indiqué dans le communiqué.

« Nos soldats de combat se donnent à 100 % et ils méritent 100 % », toujours selon le communiqué. « Malheureusement, la coalition a refusé d’augmenter les bourses. »

« Le Likud s’opposera à tous les projets de loi proposés par ce dangereux gouvernement et travaillera avec toute sa force pour faire tomber ce gouvernement », a déclaré le parti.

Les dirigeants de la coalition ont annoncé plus tôt jeudi qu’ils prévoyaient de soumettre la législation sur les bourses d’études à un vote lundi, mettant au défi les députés de l’opposition de s’opposer à cette mesure populaire pour les anciens soldats.

L’annonce du Likud fait suite à des signes de dissidence au sein du parti contre la décision du président et chef de l’opposition Benjamin Netanyahu de s’opposer au projet de loi, craignant que cela ne nuise à la faction sur le plan politique, étant donné la popularité de la législation.

Anciens de la Knesset, Yoav Gallant et Miki Zohar avaient exprimé leur soutien à l’initiative et exhorté leurs collègues de la faction à se joindre à eux pour voter en sa faveur.

Mais le vent semble avoir tourné après que Rinawie Zoabi, membre du Meretz, a annoncé sa démission de la coalition tôt jeudi, laissant le bloc au pouvoir en minorité à la Knesset, avec 59 sièges sur 120. La démission surprise de Rinawie Zoabi a provoqué une onde de choc au sein de l’arène politique israélienne et a mis la coalition du Premier ministre Naftali Bennett au bord de l’effondrement.

Pour démontrer l’opposition unanime du Likud à la législation sur les bourses d’études, Netanyahu a publié une déclaration vidéo annonçant la décision avec Gallant à ses côtés.

« En tant que soldat qui a consacré une grande partie de sa vie pour le pays, vous savez combien il est important d’apporter un soutien total aux soldats de combat », a déclaré Netanyahu à Gallant, un ancien général de Tsahal, dans la vidéo.

L’augmentation des bourses d’études à un financement complet ajouterait environ 50 millions de shekels supplémentaires au budget, selon des sources du Likud, de Kakhol lavan et des commission des Affaires étrangères et de la Défense, par laquelle le projet de loi a été préparé pour ses lectures finales.

Le Likud a souligné que 50 milliards de shekels avaient été promis aux communautés arabes israéliennes par l’actuel gouvernement, une priorité pour le parti islamiste Raam de la coalition. L’opposition a attaqué à plusieurs reprises la coalition pour avoir inclus Raam, dont elle compte sur le soutien, qualifiant le gouvernement de « partisan du terrorisme ».

Le Likud a accusé la coalition de faire de la politique avec la législation, la qualifiant de « manœuvre honteuse, faite sur le dos des soldats de Tsahal ».

Le parti Kakhol lavan du ministre de la Défense Benny Gantz, qui parraine le projet de loi, a répondu dans un communiqué que « 16 500 soldats attendent » que le projet de loi passe à la Knesset.

« Nous appelons tous les membres du Likud à se réveiller et à ne pas nuire aux soldats de Tsahal qui attendent de recevoir une bourse », a déclaré un porte-parole de Khahol Lavan.

Gantz, dans sa propre déclaration, a qualifié la décision du Likud de « coup dur » pour les soldats.

Le ministre de la Défense Benny Gantz pendant une conférence à l’Institut d’études nationales sécuritaires à l’université Reichman de Herzliya, le 17 mai 2022. (Crédit : Gilad Kvalarchik)

Mercredi, Bennett, Gantz et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont déclaré dans une déclaration commune qu’ils soumettraient le projet de loi à un appel nominal lundi.

Lors d’un vote par appel nominal, les noms des députés de la Knesset sont énumérés et chaque député vote à haute voix.

« Tous les soldats libérés et leurs familles pourront assister à la retransmission en direct des votes des députés du Likud », indique la déclaration, qui laisse entendre que les députés seraient publiquement humiliés s’ils votaient contre le projet de loi.

Le programme de bourses d’études très populaire, appelé « MiMadim Lelimoudim », ou « De l’uniforme aux études », vise à prendre en charge la quasi-totalité des frais de scolarité des anciens combattants, des soldats issus de « populations spéciales » et des combattants et combattantes qui ont terminé leur service militaire, dans le but d’obtenir un diplôme universitaire. Cette initiative de l’ancien chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot a débuté en 2016 et visait à combler le fossé des opportunités éducatives liées aux disparités socio-économiques des soldats.

Parmi les situations particulières visées par le projet de loi figurent les soldats issus de foyers économiquement défavorisés, les soldats druzes et arabes, les soldats isolés qui servent sans soutien familial en Israël et les soldats nouveaux immigrants.

Le financement était initialement assuré par des donateurs privés, mais afin de réduire les conditions imposées aux subventions, le gouvernement, dirigé par Gantz, souhaite désormais financer les bourses par le biais du ministère de la Défense. Pour entrer dans le budget de la Défense, les bourses d’études doivent être approuvées par la loi.

En réponse au débat au sein même du Likud sur la possibilité d’autoriser le projet de loi, Netanyahu a appelé Gantz mercredi après-midi à ouvrir des négociations sur l’adoption du projet de loi avec la coopération du Likud – à condition que la coalition augmente le projet de loi pour faire passer le financement de deux tiers des frais de scolarité à 100 % du montant.

Le Likud a déjà fait cette suggestion, et comme par le passé, elle n’a pas été prise au sérieux par la coalition.

Image illustrative de soldats d’infanterie lors d’un exercice de combat en plein champ, en juin 2011. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Si l’on ne voit pas très bien pourquoi faire passer le niveau de financement à 100 % serait une entrave, les sources de la coalition ont rappelé que le programme avait toujours prévu une couverture de 66 % des frais de scolarité.

En outre, les soldats ont la possibilité d’autofinancer la partie des frais de scolarité restants à partir de leurs maanak chi’hrour, une allocation de fin de service qui est versée sous forme de chèque et qui peut être utilisée au bon vouloir du soldat – et qui peut donc être immédiatement utilisé pour leur instruction —, ou d’une deuxième allocation, appelée pikadon, un dépôt, qui est conservée sur un compte spécial et ne peut être retirée que dans certains cas, en l’occurrence pour financer des études.

Malgré un soutien massif au projet de loi, la coalition est gênée par la réticence du parti Raam à le soutenir.

Bien que le projet de loi ne vise qu’à financer des allocations d’éducation pour les anciens soldats – y compris les soldats arabes – le fait qu’il concerne l’armée suffit à le rendre sensible pour le parti arabe islamiste.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...