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Le MahJ lance un appel aux dons pour son « projet Dreyfus »

Le projet rythmera l'année 2024 du musée parisien, avec notamment une exposition, un film documentaire et un livre

Alfred Dreyfus lors de son procès (1899). (Crédit : Musée d’art et d’histoire du judaïsme)
Alfred Dreyfus lors de son procès (1899). (Crédit : Musée d’art et d’histoire du judaïsme)

À l’occasion de cette fin d’année, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris, a lancé un appel aux dons dans le cadre de son prochain grand projet, le « projet Dreyfus », qui rythmera l’année 2024 et sur lequel vont s’atteler les équipes du MahJ dès janvier.

Dans le cadre de ce programme, une exposition des 206 dessins de Maurice Feuillet réalisés lors des procès Zola (1898) et Dreyfus (1899), acquis grâce aux donateurs du musée, sera organisée.

Un film documentaire destiné au parcours permanent, réalisé à partir de l’exceptionnel fonds du musée, qui placera la parole d’Alfred Dreyfus au cœur du récit et constituera un outil pédagogique de premier plan pour les publics scolaires, sera réalisé.

Aussi, un ouvrage sur l’affaire, coédité avec Gallimard, sera réalisé à partir des écrits du capitaine et des collections du musée.

Alors que le coût total du projet est estimé à 50 000 €, le musée a lancé un appel public aux financements (dons déductibles des impôts français) afin de le mener à bien.

L’Hôtel de Saint Aignan qui abrite le Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris. (Crédit : Wikimedia Commons/MBZT)

L’affaire Dreyfus a été un immense scandale au retentissement international, mêlant antisémitisme, erreur judiciaire et déni de justice.

Au ministère de la guerre, en 1894, le commandant Armand du Paty de Clam enquête sur l’auteur d’un bordereau – trouvé dans la corbeille à papier de l’attaché militaire allemand à Paris – fournissant aux Allemands des renseignements sur des tests d’équipements d’artillerie.

Le sujet est sensible car la IIIe république, instable, reste traumatisée par l’annexion de l’Alsace et de la Moselle par l’Allemagne en 1871.

Or, du Paty de Clam est convaincu, avec sa hiérarchie, que ce document émane de l’état-major français.

En octobre, il conclut dans un rapport, sur la base d’une ressemblance d’écritures, que « l’auteur probable » est le capitaine Alfred Dreyfus, 36 ans, officier juif alsacien, qui travaille à l’état-major. Il est accusé de haute trahison.

Alfred Dreyfus, déclaré coupable d’espionnage lors d’un simulacre de procès à la fin du XIXe siècle en France. (Crédit : Domaine public/Wikimedia commons)

En novembre, une instruction judiciaire est engagée, aboutissant à la tenue d’un procès.

À la suite de révélations de La libre parole, quotidien antisémite, débute une violente campagne de presse contre Dreyfus. Autour de Mathieu, le frère d’Alfred, la famille s’efforce de le défendre. Elle engagera à cette fin le journaliste Bernard Lazare.

Mis au secret, le capitaine clame en vain son innocence. Traduit en conseil de guerre, il est condamné, le 22 décembre 1894, à « la déportation perpétuelle ». En mars 1895, il commence à purger sa peine, dans des conditions très pénibles, à l’île du Diable, en Guyane.

L’opinion et la classe politique lui sont alors unanimement défavorables.

L’affaire démarre réellement en mars 1896 quand Marie-Georges Picquart, à la tête du service des renseignements, découvre que l’auteur du bordereau est le commandant français Ferdinand Walsin Esterhazy, dont l’écriture est la même que celle du mystérieux document.

Esterhazy est jugé en janvier 1898. On refuse à la famille Dreyfus de se constituer partie civile. Acquitté, il s’exile en Angleterre où il finira paisiblement ses jours.

Picquart, considéré comme le véritable accusé, est, lui, chassé de l’armée et emprisonné pendant un an. Réhabilité, il sera ministre de la Guerre de 1906 à 1909.

Révolté, Émile Zola, au sommet de sa gloire, publie le 13 janvier 1898 dans L’Aurore une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, intitulée « J’accuse ! ».

Emile Zola J'Accuse letter (photo credit: public, Wikimedia commons)
La lettre « J’accuse » d’Emile Zola, publiée en 1898 dans L’Aurore. (Crédit : WikiCommons)

Il dénonce du Paty, cet « homme néfaste (qui) a tout mené », d’être « l’affaire Dreyfus tout entière » et « le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire » commise avec la complicité de sa hiérarchie.

L’impact est énorme. L’écrivain part en Angleterre pour ne pas être emprisonné. La France se divise entre dreyfusards et anti-dreyfusards. L’antisémitisme et un patriotisme dévoyé se déchaînent. Les émeutes sont fréquentes.

En juin 1899, Dreyfus quitte la Guyane pour être envoyé devant le Conseil de guerre de Rennes. En septembre, il est à nouveau déclaré coupable et condamné à dix ans de détention. Mais, peu après, le nouveau président, Émile Loubet, signe sa grâce.

Le 12 juillet 1906, après de multiples péripéties, la Cour de cassation annule le jugement de 1899 et réhabilite le capitaine. Officier de réserve, il participe à la guerre de 14-18. Il décède en 1935, à 76 ans, dans l’indifférence générale.

Un jeune journaliste hongrois d’origine juive, Theodor Herzl, correspondant de presse à Paris, a suivi de près l’affaire. Il est révolté par l’ampleur des campagnes anti-juives qu’il constate.

Considéré comme le père du sionisme politique, Herzl dira plus tard que l’histoire d’Alfred Dreyfus a motivé son engagement en faveur de la création d’un État juif.

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