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Le maire de Lyon Grégory Doucet prêt à s’allier avec LFI au second tour

Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec La France insoumise, le maire sortant a répondu clairement pour la première fois : « oui », mais à certaines conditions

Grégory Doucet, homme politique et maire de Lyon, membre du parti écologiste EELV, lors d'une séance photo à Paris le 2 février 2021. (Crédit : Joel Saget/AFP)
Grégory Doucet, homme politique et maire de Lyon, membre du parti écologiste EELV, lors d'une séance photo à Paris le 2 février 2021. (Crédit : Joel Saget/AFP)

Mardi, lors d’un débat télévisé avec ses rivaux, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, s’est dit prêt à s’allier avec le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) au second tour des municipales, et ce, après la mort du militant d’extrême droite, Quentin Deranque.

« Ce drame nous a tous bouleversés », a déclaré d’emblée le maire sortant, qui débattait pour la première fois en public avec le grand favori des sondages, Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL, soutenu par la droite et le centre droit, ainsi qu’avec Alexandre Dupalais, candidat UDR allié au Rassemblement national (RN), et Anaïs Belouassa Cherifi, candidate LFI. Ce débat était organisé par BFMTV et Le Figaro.

Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec cette dernière, le maire sortant a répondu clairement pour la première fois : « oui », mais à certaines conditions, notamment que personne dans son équipe ne soit « impliqué dans des violences ».

Interrogé sur la possibilité d’une fusion des listes si la députée parvenait à atteindre la barre des 10 % pour se maintenir, Grégory Doucet n’a pas exclu cette option : « Le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message » et « notre responsabilité » sera de l’entendre.

Depuis le décès de Quentin Deranque, battu à mort à Lyon le 12 février, et la mise en examen de suspects liés à un député de LFI, l’extrême droite, la droite, le centre droit et même une frange de la gauche socialiste réclament une rupture totale avec ce parti.

Jusqu’à présent, le maire sortant, qui aura besoin de toutes les voix de gauche s’il veut remporter un second mandat, avait refusé de se prononcer.

Anaïs Belouassa Cherifi a également laissé la porte ouverte à cette alliance. « Sachez que ma priorité, c’est que M. Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas. »

« Coquille vide »

À moins de trois semaines des élections municipales, le chef d’entreprise, qui jouit d’une grande popularité à Lyon grâce à ses 36 années passées à la tête de son club de football, devance ses concurrents de plus de dix points au premier tour et est donné largement vainqueur au second dans tous les sondages.

Âgé de 76 ans, ce novice en politique était celui qui avait le plus à perdre dans ce débat. Il a surtout cherché à se présenter comme « candidat de la société civile », affranchi des querelles partisanes.

À plusieurs reprises, ses adversaires l’ont malmené, l’accusant d’être « à côté de la plaque » (Grégory Doucet) ou une « coquille vide » (Anaïs Belouassa Cherifi).

« À part de grandes dépenses non financées, personne n’a compris votre ligne politique », a encore asséné Alexandre Dupalais.

Mais ce dernier a aussi « volé à son secours », comme l’a noté la députée insoumise, en répondant à sa place à des questions portant sur son bilan de président de l’OL en matière de lutte contre les supporters extrémistes et violents.

Certains d’entre eux étaient présents samedi lors de la marche pour Quentin Deranque, qui a rassemblé 3 200 personnes à Lyon, dont de nombreux militants identitaires ou nationalistes, et qui a été entachée par des saluts nazis.

Jeune Garde

Les obsèques du jeune homme ont eu lieu mardi, après une messe dans la plus stricte intimité, dans une église de la ville.

La candidate insoumise a pour sa part été bombardée de questions sur ses liens avec « la Jeune Garde », un groupe qui se revendique « antifasciste » fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnaut et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences ayant entraîné la mort de Quentin Deranque.

« Personne ne doit mourir pour ses idées, je condamne toutes les violences, mais je reste une militante antifasciste », a-t-elle martelé.

Mardi, le gouvernement a annoncé avoir saisi la justice au sujet d’une possible « reconstitution » de la Jeune Garde. Emmanuel Macron a également demandé à Beauvau de lancer des procédures de dissolution contre cinq de ses « émanations » locales.

Le président a également enjoint le gouvernement à veiller à ce que la campagne pour les élections municipales se déroule dans le calme, après que 22 permanences parlementaires de La France insoumise ont été dégradées en l’espace d’une dizaine de jours, a assuré un participant à une réunion sur les groupes violents à l’Élysée.

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