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Le meurtrier condamné pour l’assassinat en 2006 de Tair Rada veut être rejugé

L'avocat de Roman Zadorov fait appel devant la Cour suprême, invoquant de nouvelles preuves qui incrimineraient un autre coupable dans l'assassinat brutal de la jeune fille

Le meurtrier Roman Zadorov dans la salle d'audience de la Cour suprême, à Jérusalem, le 23 décembre 2015 (Crédit : Gili Yohanan)
Le meurtrier Roman Zadorov dans la salle d'audience de la Cour suprême, à Jérusalem, le 23 décembre 2015 (Crédit : Gili Yohanan)

Un homme incarcéré depuis près d’une dizaine d’années pour l’assassinat d’une adolescente veut être rejugé, son avocat clamant mercredi que de nouvelles preuves attestaient de la culpabilité de quelqu’un d’autre.

Me Yoram Halevi a ainsi déposé une requête auprès de la Cour suprême au nom de Roman Zadorov, un Israélien originaire d’Ukraine, avait été condamné à la prison à vie pour le meurtre atroce en 2006 de Tair Rada.

L’adolescente avait été retrouvée morte dans les toilettes de son école de Katzrin, sur le plateau du Golan. Elle présentait des entailles à la nuque, des blessures à l’arme blanche sur tout le corps et des marques de coups à la tête.

Mais ses avocats et des milliers de personnes, insistent sur le fait que Zadorov a été piégé et accusé d’un acte qu’il n’a pas commis, et que l’auteur du meurtre est en réalité une femme, atteinte d’une maladie mentale, dont le nom est sous embargo

Tair Rada (Capture d’écran YouTube)

Au terme d’une analyse ADN réalisée par les enquêteurs, l’institut médico-légal Abu Kabir avait annoncé en octobre 2018 qu’un cheveu retrouvé sur le corps de la victime appartenait à l’ex-petit ami de la femme, relançant les spéculations sur l’identité de l’assassin et sur l’éventuelle nécessité d’un nouveau procès. Ses avocats avaient alors réclamé l’analyse de 50 autres cheveux retrouvés sur place.

Ces développements avaient poussé le ministère public à consulter le ministère de la Justice et des représentants de la police au sujet de l’affaire.

« Il y a des preuves décisives qui doivent entraîner un nouveau procès et l’acquittement de Zadorov », a commenté son avocat, Yoram Halevi, lors d’une conférence de presse diffusée en direct dans les journaux d’informations israéliens.

« Beaucoup de nouvelles preuves démontrent sans équivoque l’innocence de Roman et qu’il n’a pas pu l’assassiner et désignent O.K. comme l’auteure du meurtre », a plaidé Yoram Halevi devant le tribunal, d’après des informations du site Ynet.

L’ex-petit ami, dont le nom est également sous embargo, a été désigné dans les médias israéliens par les initiales A.H., tandis que la femme a été identifiée sous les initiales O.K.

« Cinquante éléments de preuve soutiennent et renforcent la version d’A.H.qui incrimine O.K. du meurtre », a-t-il ajouté, faisant référence au témoignage d’A.H. auprès des policiers six ans plus tôt qui accusait O.K..

Quelques jours après l’annonce des nouvelles preuves médico-légales, le quotidien Yedioth Ahronoth avait rapporté qu’un témoin avait remis sa déposition dans un commissariat de Nazareth Illit, assurant qu’O.K avait reconnu être à l’origine de la mort de Tair Rada.

O.K. aurait confié à trois personnes avoir assassiné l’adolescente.

Le bureau du procureur de l’Etat et le ministère de la Justice avaient expliqué dans un communiqué que toutes les preuves contre O.K avaient été minutieusement examinées et qu’elles s’étaient avérées non fiables.

La Cour suprême avait auparavant rejeté le témoignage d’A.H. tandis que la police avait conclu que cette version des faits n’était pas fiable et qu’il s’agissait d’une tentative de piéger son ancienne compagne, avait fait savoir Ynet en 2018.

L’avocat de Roman Zadorov, Yoram Halevi, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 25 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Peu après le meurtre, Roman Zadorov, qui travaillait comme homme d’entretien à l’école à cette époque, avait été arrêté et accusé d’homicide. Deux semaines après son arrestation, la police annonçait que celui-ci avait avoué avoir tué Tair Rada et raconté le crime. Mais le lendemain, l’avocat de Zadorov indiquait que son client s’était rétracté. Il avait alors déclaré que les aveux et la reconstitution des évènements avaient été obtenus sous la contrainte et qu’ils révélaient des inexactitudes.

En 2010, près de 4 ans après l’arrestation, le parquet de Nazareth l’avait condamné à la prison à perpétuité.

En 2015, un panel de trois juges de la Cour suprême avait confirmé la condamnation de Roman Zadorov, à deux avis contre un. L’opinion divergente venait du juge Yoram Danziger, pour qui il y avait un doute raisonnablement suffisant pour innocenter l’homme.

Les appels de l’accusé furent rejetés, et la présidente de la Cour suprême, Miriam Naor, déclara que malgré l’intérêt porté par le public à ce dossier, il n’y avait aucune « justification légale » susceptible d’entraîner un nouveau procès.

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