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Le Premier ministre belge veut convaincre l’UE d’imposer des sanctions à Israël

De Croo, candidat aux élections de juin, souhaite des mesures ciblant les produits des implantations ; il est peu probable qu'elles soient soutenues par les 27 états membres

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre belge Alexander De Croo s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet du Conseil européen au siège de l'UE à Bruxelles, le 18 avril 2024. (Crédit : Kenzo Tribouillard / AFP)
Le Premier ministre belge Alexander De Croo s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet du Conseil européen au siège de l'UE à Bruxelles, le 18 avril 2024. (Crédit : Kenzo Tribouillard / AFP)

La Belgique est en train de tenter de convaincre d’autres pays européens d’imposer de nouvelles sanctions commerciales à Israël, selon ce qu’ont déclaré ses dirigeants politiques lundi.

Le Premier ministre Alexander De Croo a indiqué dans une interview accordée au quotidien Het Laatste Nieuws qu’il faisait pression sur l’Union européenne (UE) pour qu’elle impose un embargo sur les produits fabriqués dans les implantations. Il a notamment cité les dattes, l’huile d’olive et le vin.

« Pouvons-nous continuer à avoir Israël comme partenaire commercial ? Je ne le pense pas », a déclaré De Croo, qui a résisté cette année aux appels de l’opposition à imposer des sanctions à Israël.

« Depuis, il y a eu 35 000 morts, dont 10 000 enfants », a-t-il dit, faisant référence au bilan non vérifié publié par le ministère de la Santé dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

« Ce n’est pas la raison principale, mais nous, Européens, en subirons les conséquences. Dans dix ans, ils diront : ‘Vous avez vu ce qui se passait et vous n’avez pas agi' ».

De Croo a également évoqué le risque d’une escalade régionale à la suite de la guerre de Gaza.

Il a déclaré qu’il étudiait la question des sanctions avec d’autres pays européens « depuis des semaines » et qu’il avait demandé au responsable de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, d’examiner la question d’un éventuel non-respect par Israël de l’accord d’association conclu avec l’UE.

Le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell s’exprime lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 8 avril 2024. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

La Belgique est actuellement à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE.

Les sanctions prises par l’intermédiaire de l’UE n’ont aucune chance réaliste d’être adoptées. Ce qui pourrait indiquer que les propos n’ont été tenus qu’à des fins de politique intérieure et n’ont pas eu d’effet concret.

De Croo est candidat aux élections fédérales qui se tiendront au début du mois prochain.

En novembre, il s’était rendu en Israël avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, et y avait rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Lors de cette visite il avait visité le kibboutz Beeri, théâtre de certaines des pires atrocités commises par le Hamas le 7 octobre, lorsque le groupe terroriste a massacré près de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et kidnappé 252 otages.

La visite a pris une tournure étrange lorsque Sanchez et De Croo ont tenu une conférence de presse au point de passage de Rafah, quelques minutes avant la libération d’otages israéliens. Sanchez avait alors dénoncé
ce qu’il avait appelé « l’assassinat aveugle de civils innocents » et annoncé que l’Espagne reconnaîtrait l’existence d’un État palestinien.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (G) et le Premier ministre belge Alexander De Croo (D) tiennent une conférence de presse conjointe du côté égyptien du poste-frontière de Rafah avec la bande de Gaza, dans le nord-est de la province du Sinaï, le 24 novembre 2023. (Crédit : AFP)

Bien que les remarques de De Croo aient été plus mesurées, Netanyahu et d’autres ministres de haut rang ont condamné les propos des deux hommes et Israël avait convoqué les ambassadeurs belge et espagnol.

Parallèlement, la vice-première ministre belge Petra De Sutter, du parti de gauche Groen, a écrit sur X que Bruxelles « envisageait de nouvelles sanctions » à l’encontre d’Israël.

Les sentiments de colère à l’égard d’Israël ont été ravivés en Belgique après l’attaque israélienne à Rafah en avril, qui a coûté la vie à un travailleur humanitaire local participant aux efforts d’aide au développement de la Belgique dans la bande de Gaza, ainsi qu’à son fils de sept ans.

La Belgique exigeait depuis des mois qu’Israël permette à son personnel de développement local de quitter la bande de Gaza.

Des Palestiniens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, portent leurs affaires après un appel à l’évacuation lancé par l’armée israélienne, le 6 mai 2024. (Crédit : AFP)

La Belgique est l’un des pays de l’UE les plus critiques à l’égard d’Israël.

En mars, la ministre des Affaires étrangères belge Hadja Lahbib s’est rendue en Cisjordanie et a annoncé que le pays sanctionnerait les « résidents d’implantations violentes. »

Le même mois, deux ministres belges ont demandé qu’Israël soit exclu du concours de l’Eurovision tant que sa guerre contre le Hamas se poursuivra.

Le ministre des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadrice d’Israël en février pour condamner le bombardement israélien du bâtiment de l’agence de développement du pays à Gaza.

Le parlement belge avait également refusé de projeter un film fourni par Israël montrant certaines des pires atrocités commises par les terroristes du Hamas le 7 octobre, certains législateurs ayant déclaré que la vidéo était de la propagande israélienne.

De Sutter a affirmé que la Belgique coparrainerait un projet de loi à l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) cette semaine, accordant le statut de membre à part entière aux Palestiniens.

La coalition au pouvoir en Belgique comprend des partis tels que les socialistes et les Verts qui proposent régulièrement des mesures anti-Israël. En 2020, des dirigeants juifs locaux avaient confié au Times of Israel, avant l’investiture du gouvernement, qu’ils étaient préoccupés par les positions que celui-ci adopterait à l’égard d’Israël.

L’accord de coalition indiquait que la Belgique « rendrait de nouvelles mesures » concernant ses politiques sur les implantations israéliennes, et créerait une liste de « contre-mesures efficaces et proportionnelles » dans le cas où Israël annexerait des parties de la Cisjordanie. Elle envisagerait également de reconnaître un État palestinien, selon l’accord de coalition.

La Belgique est le quatrième partenaire commercial d’Israël dans l’UE, un chiffre quelque peu faussé par le poids du commerce de diamants entre les deux pays.

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