Rechercher

Le Premier ministre votera contre le projet de loi qui ferait barrage à Netanyahu

Bennett note le "prix élevé" de la formation d'un gouvernement par un "accusé criminel", mais insiste sur le fait que la question doit être laissée aux électeurs et non aux députés

Le Premier ministre Naftali Bennett marche à côté du leader de l'opposition Benjamin Netanyahu dans la salle de l'assemblée pour une session spéciale en mémoire du premier Premier ministre israélien David Ben Gurion, le 8 novembre 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett marche à côté du leader de l'opposition Benjamin Netanyahu dans la salle de l'assemblée pour une session spéciale en mémoire du premier Premier ministre israélien David Ben Gurion, le 8 novembre 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a annoncé mercredi qu’il votera contre un projet de loi interdisant à un accusé de délits graves de devenir Premier ministre.

Après que Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont annoncé lundi leur décision de dissoudre la coalition qui peine à fonctionner correctement, plusieurs partis qui soutiennent le gouvernement ont décidé d’aller de l’avant avec cette législation controversée. Le projet de loi est largement considéré comme visant le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui est jugé pour des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance.

Un fonctionnaire reconnu coupable de fraude et d’abus de confiance encourt une peine minimale de trois ans de prison, tandis qu’un fonctionnaire reconnu coupable de corruption risque 10 ans de prison ou une amende.

« Le droit de voter et d’être élu est sacré et constitue l’essence même de la démocratie », a écrit Bennett dans un tweet au sujet de la législation proposée. « Bien que nous comprenions qu’il y aura un lourd prix à payer si un accusé criminel devenait Premier ministre, les seuls qui devraient avoir le dernier mot sont les citoyens d’Israël. »

« À la veille de probables élections, ce n’est pas le moment de changer les règles du jeu. Il faut plutôt laisser les citoyens décider dans les urnes. Je suis convaincu qu’ils feront le bon choix », a ajouté le Premier ministre.

Tout au long de son année de mandat, Bennett a bloqué l’avancement de ce projet de loi, décevant ainsi plusieurs partis de la coalition qui avaient fait campagne sur l’adoption de cette loi. Mais la discipline de la coalition n’étant plus une considération pour les factions qui se préparent à de nouvelles élections, le parti Yisrael Beytenu du ministre des Finances Avigdor Liberman a annoncé mercredi qu’il chercherait à obtenir un vote de la Knesset dès que possible.

S’il est adopté, le projet de loi empêcherait tout membre de la Knesset inculpé d’un crime incluant une peine minimale de trois ans et une clause de turpitude morale d’être chargé par le président de former un gouvernement, comme c’est le cas de Netanyahu.

Bien que les relations entre Bennett et Netanyahu se soient encore détériorées au cours de l’année écoulée, le chef de l’opposition mettant régulièrement en doute la légitimité du Premier ministre à occuper ce poste, la position du Premier ministre sur le projet de loi n’a pas semblé changer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu faisant une déclaration avant d’entrer dans la salle d’audience du tribunal de Jérusalem, le 24 mai 2020, pour le début de son procès pour corruption. À ses côtés, de gauche à droite, des députés et des ministres du Likud, dont Amir Ohana, Miri Regev, Nir Barkat, Israel Katz, Tzachi Hanegbi et Yoav Gallant. (CRédit: Yonathan Sindel/Flash90)

Alors qu’au moins une partie du parti Yamina de Bennett devrait voter contre le projet de loi, six autres partis de la coalition devraient le soutenir en plus du parti de l’opposition majoritairement arabe, la Liste arabe unie. Le projet de loi aurait besoin du soutien du parti Raam, membre de la coalition, pour être adopté, bien que les membres de cette faction n’aient pas précisé leurs intentions de vote.

Les partisans du projet de loi travaillent également contre la montre, la coalition ayant décidé mercredi de faire avancer séparément la législation visant à dissoudre la Knesset par une lecture préliminaire. Cette loi pourrait être adoptée dès lundi et, à partir de ce moment-là, le Parlement ne pourra plus se prononcer sur d’autres projets de loi.

Mercredi également, le ministre de la Justice Gideon Saar a annoncé qu’il soumettrait au vote dimanche un projet de loi visant à limiter la durée de mandat d’un Premier ministre à huit années consécutives. Le projet de loi avait été avancé au début de l’année mais a expiré après que la coalition n’a pas réussi à réunir une majorité pour le faire passer en dernière lecture. Saar tente maintenant une dernière fois de faire passer la loi à la Knesset actuelle, bien que ses chances de passer semblent particulièrement faibles étant donné le peu de temps restant.

Même si les dispositions du projet de loi maintenant caduc ne s’appliquent pas rétroactivement, le projet de loi était controversé car perçu comme dirigé directement contre le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui détient la plus forte longévité au poste de Premier ministre d’Israël. Autrefois allié de Netanyahu au sein du Likud, Saar a tenté, en vain, de lui arracher la direction du parti et les deux hommes entretiennent depuis une relation difficile, comme c’est le cas entre Netanyahu et la plupart des dirigeants de la coalition.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...