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La loi de Saar sur la limitation des mandats du Premier ministre enterrée

La coalition n'a pas les 61 voix nécessaires pour adopter la loi limitant le mandat du Premier ministre à 8 ans. Si le gouvernement souhaite la relancer, il devra repartir de zéro

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le ministre de la Justice Gideon Saar préside une réunion de sa faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 16 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre de la Justice Gideon Saar préside une réunion de sa faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 16 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un projet de loi visant à limiter la durée de mandat d’un Premier ministre à huit années consécutives est discrètement sorti du champ politique lundi, à l’expiration du délai prévu pour son vote en lecture finale.

Conçu par le ministre de la Justice Gideon Saar, le projet de loi était programmé pour la session d’été de la Knesset, après son échec à passer en dernière lecture en mars. Dans la mesure où il constituait un amendement à une loi fondamentale quasi constitutionnelle, le projet de loi aurait nécessité le soutien de 61 députés pour être adopté.

La coalition a perdu sa majorité pendant les congés de Pessah et, avec une alliance fragile de 60 députés seulement, elle aurait eu besoin d’un soutien d’une partie de l’opposition pour adopter le projet de loi.

Même si les restrictions du projet de loi maintenant caduc ne s’appliquent pas rétroactivement, le projet de loi était controversé car perçu comme dirigé contre le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui détient la plus forte longévité au poste de Premier ministre d’Israël. Autrefois allié de Netanyahu au sein du Likud, Saar a mené une campagne ratée pour lui arracher la direction du parti et les deux hommes entretiennent depuis une relation difficile.

Plusieurs anciens confidents de Netanyahu devenus rivaux ont trouvé refuge au sein de la coalition, qui a réuni huit partis afin d’empêcher le Premier ministre de l’époque de rester au pouvoir.

On trouve parmi eux le ministre des Finances, Avigdor Liberman, qui, comme Saar, a formé son propre parti après avoir fait défection du Likud pour son opposition avec son dirigeant de longue date.

L’ex-Premier ministre et député Benjamin Netanyahu arrive pour une audience dans son procès, au tribunal de Jérusalem, le 17 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

S’exprimant lors de sa réunion de faction lundi, Liberman s’est déclaré « déçu » que le projet de loi n’ait pas été soumis au vote.

« C’est décevant, mais ce n’est pas la faute d’Yisrael Beytenu », a déclaré le ministre des Finances. « Nous soutenons le projet, mais la coalition dans sa globalité n’est pas alignée. Ce qui compte le plus, c’est de garder le gouvernement uni et de ne pas entraîner le pays vers une autre élection. C’est la priorité des priorités. »

Si la coalition choisissait un jour de relancer le projet de loi, elle devrait recommencer le processus législatif.

Une autre proposition supposée viser Netanyahu, soutenue par le député dissident de Yisrael Beytenu, Eli Avidar, a vocation à empêcher des politiciens inculpés de former un gouvernement. Elle est pour l’heure bloquée et ne devrait pas non plus passer lors de cette session de la Knesset.

« Chefs de la coalition pour le changement, depuis des mois, je demande l’adoption de ce projet de loi. Vous me dîtes « Nous avons tout le temps », « Pourquoi maintenant ? »

« Nous savons quoi faire », a écrit Avidar dans un tweet. Ces dernières semaines, il a été l’un des seuls à promouvoir ce projet de loi.

« Nous avons perdu la confiance du public », a-t-il regretté.

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