Le président libanais refuse de démissionner
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Le président libanais refuse de démissionner

Interrogé par BFMTV si le Liban serait prêt à faire la paix avec Israël, le président a répondu : "Ça dépend. Nous avons des problèmes avec Israël, il faut les résoudre d'abord"

Le président libanais Michel Aoun s'entretient avec la chaîne de télévision BFM TV, le 15 août 2020. (Capture d'écran)
Le président libanais Michel Aoun s'entretient avec la chaîne de télévision BFM TV, le 15 août 2020. (Capture d'écran)

Le président libanais Michel Aoun, allié de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah, ennemi juré d’Israël, a semblé laisser la porte ouverte à la possibilité d’une paix avec l’Etat hébreu, dans un entretien à la chaîne d’information française BFMTV diffusé samedi soir.

Interrogé par BFMTV si le Liban serait prêt à faire la paix avec Israël, M. Aoun a répondu en français : « Ça dépend. Nous avons des problèmes avec Israël, il faut les résoudre d’abord. »

Sur l’accord de normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël annoncé jeudi, le président libanais a réagi en disant que les Emirats étaient un « pays indépendant ».

Il n’a pas critiqué l’accord comme l’a fait son allié, le Hezbollah. « C’est une trahison de Jérusalem et du peuple palestinien. C’est un coup de couteau dans le dos », a réagi vendredi Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah.

Le Liban et le voisin israélien sont techniquement en état de guerre. Le Hezbollah pro-iranien, qui domine aujourd’hui la vie politique libanaise, et l’Etat hébreu sont des ennemis jurés et plusieurs conflits les ont opposés ces dernières décennies.

Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce un discours après l’explosion mortelle à Beyrouth, le vendredi 7 août 2020. (Capture d’écran al-Manar)

Un des points de contentieux entre le Liban et Israël concerne l’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Une partie d’un des blocs d’exploration se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël. En 2019, Washington avait mené une médiation inédite pour résoudre le litige.

Par ailleurs, M. Aoun, dont une partie de la population réclame le départ après l’explosion dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth, a exclu de démissionner.

Interrogé par BFMTV s’il avait songé à quitter le pouvoir, M. Aoun a répondu : « C’est impossible ; il y aurait un vide. […] Si je démissionne, qui va assurer la continuité du pouvoir ? » Il a également dit « partager la douleur du peuple ».

Alors qu’il avait suggéré que l’explosion du port pouvait avoir pour origine un missile ennemi, il a affirmé samedi que « toutes les hypothèses étaient toujours d’actualité ». Il a ajouté que l’enquête nécessitait des images satellites afin de vérifier cette option.

L’explosion du 4 août a pour origine un incendie dans un entrepôt au port où étaient stockées selon les autorités 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis six ans. Elle a fait 177 morts et plus de 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.

Cette tragédie est venue alimenter la colère d’une grande partie des Libanais, pour qui cette catastrophe de trop vient illustrer l’incurie d’une classe politique quasi-inchangée depuis des décennies et accusée de corruption et d’incompétence. Le départ de cette classe dirigeante, y compris celui de M. Aoun, est réclamé par le peuple.

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