Rivlin à la famille Shevach : « Israël se construit par amour, pas par vengeance »
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Rivlin à la famille Shevach : « Israël se construit par amour, pas par vengeance »

Le président a qualifié de "logique" la demande de la famille de légaliser l'avant-poste de Havat Gilad, mais n'a pas apporté son soutien à l'initiative

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président Reuven Rivlin, deuxième à gauche, lors d'une visite de condoléances à la famille de Raziel Shevach dans l'avant-poste de Havat Gilad le 18 janvier 2018 (Crédit :  Mark Nyman)
Le président Reuven Rivlin, deuxième à gauche, lors d'une visite de condoléances à la famille de Raziel Shevach dans l'avant-poste de Havat Gilad le 18 janvier 2018 (Crédit : Mark Nyman)

Le président Reuven Rivlin a fait une visite de condoléances dimanche à la famille du rabbin assassiné Raziel Shevach, lui disant que « la terre d’Israël se construit sur l’amour, pas sur la vengeance ».

« Nous nous installerons, nous vivrons et nous persisterons sur notre terre par amour », a déclaré Rivlin alors qu’il se trouvait au domicile de la famille Shevach dans l’avant-poste de Havat Gilad, situé dans le nord de la Cisjordanie, faisant apparemment référence aux appels à la vengeance qui ont été entendus lors des funérailles du rabbin.

Shevach a été assassiné par des terroristes palestiniens mardi dernier lors d’une fusillade alors qu’il était en voiture aux abords de cette communauté du sud-est de Naplouse. Ce père de six enfants était âgé de 35 ans.

Répondant aux paroles du président, le père de Shevach, Moshe, a déclaré que « nous ne nous préoccupons pas de vengeance. Nous voulons la renaissance ». Il a ensuite demandé au président de recommander la légalisation de Havat Gilad « par amour pour les enfants, par amour pour les victimes ».

Le rabbin Raziel Shevach, qui a été assassiné lors d’un attentat terroriste en Cisjordanie le 9 janvier 2017 (Autorisation)

Rivlin a qualifié cette requête de « logique » mais n’a pas exprimé clairement son soutien à une telle initiative.

« L’Etat d’Israël devra finalement décider quel est son statut sur la terre d’Israël », a-t-il commenté, se référant au statut actuel controversé de la Cisjordanie.

« Il y a une logique ici qui exige de la considération ou au moins, de l’attention », a-t-il ajouté.

Le père du rabbin Shevach a expliqué que les terres qui accueillent cet avant-poste du nord de la Cisjordanie ont été légalement acquises auprès de propriétaires terriens palestiniens.

C’est peu après que cette communauté avait été fondée en 2002 et nommée en hommage à Gilad Zar, coordinateur sécuritaire du conseil régional du Shomron, qui avait été tué par balles un an auparavant.

Les Palestiniens ont pour leur part démenti cette acquisition, clamant que les documents utilisés pour la justifier sont des faux.

Appuyant les affirmations des habitants, Rivlin a dit à la famille que la terre sur laquelle se trouve Havat Gilad a été « achetée de manière pacifique… par amour ».

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel a également effectué une visite de condoléances dimanche, faisant explicitement part de son soutien à la demande de légalisation.

« J’en appelle au Premier ministre pour qu’il accélère cette démarche. Nous demandons l’approbation de Havat Gilad dès aujourd’hui. Nous n’aurions jamais dû en arriver là, mais ce moment est venu et nous donne à tous des obligations et à vous aussi », a déclaré Ariel dans une déclaration filmée aux abords du domicile de la famille Shevach.

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, à gauche, fait une visite de condoléances à la famille de Raziel Shevach à l’avant-poste de Havat Gilad, le 14 janvier 2018. (Crédit: Roy Hadi)

« Nous promettons de construire la terre d’Israël et personne n’arrêtera la rédemption du peuple d’Israël… Vous ne pouvez pas arrêter cette mélodie. C’est une mélodie divine dont nous sommes les messagers », a-t-il ajouté.

Lors des funérailles de Shevach qui ont eu lieu mercredi, des douzaines de personnes ont interrompu l’éloge funèbre prononcé par Naftali Bennett, ministre de l’Education, en appelant à la « vengeance ». Le leader du parti HabaYit HaYehudi a tenté d’apaiser la foule réunie en disant que « la seule vengeance est de continuer à construire » et il a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à légaliser l’avant-poste.

La ministre de la Culture Miri Regev et le président de la Knesset Yuli Edelstein ont fait des déclarations similaires au cours de visites de condoléances effectuées jeudi dernier à la maison de la famille endeuillée.

Le même jour, Netanyahu a demandé au ministère de la Défense de relier officiellement Havat Gilad au réseau d’électricité. L’avant-poste, qui se situe au sud-est de Naplouse, bénéficie actuellement de l’électricité via une connexion artisanale au réseau. La régulation de ce service permettrait l’installation d’une infrastructure appropriée reliant la communauté au réseau d’approvisionnement national.

Une porte-parole du conseil régional de Samarie a expliqué que les résidents de Havat Gilad paient la compagnie israélienne d’électricité pour la fourniture de ce service, mais que l’initiative prise par Netanyahu permettrait un approvisionnement à une tension plus élevée.

Mais des chefs pro-implantations ont déclaré au Times of Israel que cette initiative était une « manipulation ».

« Nous l’avons appelé à légaliser la communauté entière et il revient avec ce non-sens de l’électricité », s’est exclamé un responsable.

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