Le Qatar n’établira pas de relations avec Israël avant une solution à deux États
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Le Qatar n’établira pas de relations avec Israël avant une solution à deux États

L’ambassadeur du Qatar aux USA déclare que Doha est ouvert aux relations avec Israël si un État palestinien est établi, vante le rôle de médiateur du pays entre Israël et le Hamas

L'émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, assiste à l'ouverture du 30ème Sommet arabe à Tunis, Tunisie, le 31 mars 2019. (Crédit : Fethi Belaid / Pool photo via AP)
L'émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, assiste à l'ouverture du 30ème Sommet arabe à Tunis, Tunisie, le 31 mars 2019. (Crédit : Fethi Belaid / Pool photo via AP)

Le Qatar n’aurait aucun problème à normaliser ses relations avec Israël, mais il ne le fera pas avant qu’une solution du conflit israélo-palestinien à deux États ne soit mise en œuvre, a déclaré l’ambassadeur de l’État du Golfe aux États-Unis.

Mishaal bin Hamad bin Khalifa Al Thani a déclaré mercredi à Voice of America que le Qatar restait attaché à l’Initiative de paix arabe, une proposition de 2002 soutenue par l’Arabie saoudite, qui promet à Israël des relations diplomatiques complètes avec l’ensemble du monde musulman en échange de la création d’un État palestinien basé sur les frontières de 1967.

« Nous croyons à une solution à deux États pour les Palestiniens et à la sécurisation des frontières d’Israël, et si ces conditions sont remplies, alors il n’y a aucune raison que le Qatar ne normalise pas ses relations avec Israël », a déclaré Al-Thani.

Bien que Doha ne soit pas prêt à normaliser ses relations avec Jérusalem pour le moment, Al-Thani a déclaré que le Qatar continuerait d’envoyer de l’aide à la bande de Gaza et d’intercéder entre Israël et les Palestiniens – ou plutôt les dirigeants du Hamas à Gaza.

« Le Qatar et les États-Unis travaillent ensemble depuis des années sur les questions régionales, et nous étions en médiation à la demande de l’administration américaine, nous parlions donc avec le Hamas pour l’encourager à s’engager dans des négociations politiques », a déclaré Al-Thani.

Mohammad al-Emadi, l’envoyé du Qatar à Gaza, a négocié le mois dernier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas après un mois de violences de basse intensité le long de la frontière. Il s’est rendu à Gaza régulièrement ces dernières années, avec l’approbation israélienne, apportant des fonds pour permettre à Gaza d’acheter du carburant, de payer les salaires de ses fonctionnaires, et de fournir de l’aide aux nécessiteux de Gaza.

L’envoyé qatari Mohammed Al-Emadi (au centre) quitte une conférence de presse à l’hôpital Dar al-Shifa de la ville de Gaza, le 19 février 2018. (AFP Photo / Mohammed Abed)

Les commentaires d’Al-Thani ont été publiés au lendemain de la signature des accords de normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et le Bahreïn avec Israël lors d’une cérémonie à la Maison Blanche. Les seuls États arabes à avoir des liens officiels avec Israël étaient jusqu’à présent l’Égypte et la Jordanie.

Bien qu’allié des États-Unis et membre du Conseil de coopération du Golfe, le Qatar a été boycotté par l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Bahreïn depuis 2017 pour avoir soi-disant soutenu le terrorisme, ce qu’il nie.

Shimon Peres, alors Premier ministre d’Israël, à gauche, est reçu par l’émir du Qatar de l’époque, Cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, à Doha, le 2 avril 1996. (Crédit : AP Photo / QNA)

Israël a établi des relations commerciales avec le Qatar en 1996 et y a installé un bureau, mais celui-ci a été fermé par Doha en 2000. Plusieurs anciens Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères israéliens ont rencontré des dirigeants qataris et se sont rendus au Qatar.

De nombreux États arabes sont considérés comme des candidats potentiels pour suivre la voie ouverte par les Émirats arabes unis et le Bahreïn d’établissement de relations avec Israël, notamment le Maroc, le Soudan et Oman.

L’Arabie saoudite, force majeure de la région et du monde musulman, a réitéré son soutien à l’Initiative de paix arabe, indiquant qu’il était peu probable que les relations avec Israël soient normalisées tant qu’un État palestinien ne sera pas établi, bien que le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il s’attendait à ce que Riyad établisse des liens avec Jérusalem.

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