Le report des élections risque d’être compromis après le 1er vote à la Knesset
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Le report des élections risque d’être compromis après le 1er vote à la Knesset

Le projet donnant au gouvernement un délai pour adopter le budget de l'État pourrait être rejeté en plénière, des députés le soutenant étant absents à cause de la quarantaine

Les membres de la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset votent le projet de loi sur le coronavirus, le 22 juillet 2020. (Crédit : Knesset)
Les membres de la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset votent le projet de loi sur le coronavirus, le 22 juillet 2020. (Crédit : Knesset)

La commission parlementaire de la Knesset a approuvé lundi après-midi un projet de loi qui reporterait de nouvelles élections, en retardant brièvement l’échéance de mardi soir pour l’adoption du budget de l’État, donnant ainsi aux partis de la coalition rivale une ultime chance de concilier leurs divergences.

Le projet de loi – qui nécessite trois lectures pour être adopté – sera soumis à un premier vote en plénière lundi soir.

Si le projet est adopté par une majorité de députés, la date limite pour l’adoption du budget de cette année sera repoussée du 23 au 31 décembre. La date limite pour l’approbation d’un budget couvrant l’année 2021 serait le 5 janvier.

Kakhol lavan, parti de la coalition, a déclaré que si les budgets n’étaient pas adoptés dans ces délais, la Knesset serait dissoute et des élections auront lieu le 23 mars, même si les analystes ont suggéré que la loi israélienne ne permettait pas la tenue d’élections moins de trois mois après la dissolution de la Knesset.

La proposition, qui a été approuvée dimanche dernier par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le leader de Kakhol lavan, le ministre de la Défense Benny Gantz, a passé son premier vote en commission par sept voix contre cinq selon les lignes de la coalition-opposition, avec le soutien unanime des députés des partis gouvernementaux.

Son passage dans le plénum est cependant loin d’être certain, en raison de la rébellion d’un certain nombre de députés de la coalition et de l’absence de plusieurs députés qui soutiennent la proposition mais qui sont en quarantaine en raison de la pandémie.

La députée du parti Kakhol lavan, Hila Shay Vazan, à Jérusalem, le 9 novembre 2020. (Hadas Parush/Flash90)

Quelques heures avant le début de la réunion de la commission, le porte-parole de la Knesset a annoncé que la députée Kakhol lavan Hila Shay Vazan, membre de la commission, avait été diagnostiquée positive au coronavirus, ce qui l’a contrainte à se placer en quarantaine. En conséquence, le président de la commission et député Eitan Ginzburg, membre du parti, a été avisé de se mettre également en quarantaine car il avait rencontré Shay Vazan la semaine dernière.

Bien qu’ils aient été remplacés au sein de la commission par d’autres députés de Kakhol lavan, leurs votes pourraient être vitaux en plénière, d’autant plus qu’il n’a pas été possible de savoir immédiatement combien d’autres membres de la faction de Kakhol lavan pourraient devoir être placés en quarantaine en raison de récents contacts avec Shay Vazan.

En outre, le député Kakhol lavan Asaf Zamir se serait opposé à la proposition de loi, tandis que les députés Miki Haimovich et Ram Shefa envisageaient également de ne pas la soutenir.

Tous trois ont déjà exprimé publiquement leur malaise face au fait que leur parti continue leur partenariat avec Netanyahu.

La députée de Kakhol lavan Michal Cotler-Wunsh. (Crédit : Avishai Finkelstein)

Lundi après-midi, une quatrième députée Kakhol lavan, Michal Cotler-Wunsh, s’est joint à la rébellion, affirmant que la possibilité « minable » de nouvelles élections devrait être envisagée « face à la réalité intolérable d’un gouvernement dysfonctionnel ».

Avant les désaccords au sein de Kakhol lavan, il n’était déjà pas clair s’il y avait une majorité pour adopter le projet de loi. La potentielle rébellion des députés de Kakhol lavan, associée aux membres du Likud qui ont formé un nouveau parti rival sous la direction du député Gideon Saar, signifie que même si un compromis était trouvé, il n’aura pas nécessairement un soutien suffisant à la Knesset pour être adopté.

À cela s’ajoute le fait que le député du Likud David Bitan est gravement malade de la COVID-19.

Benny Gantz (à gauche) et Benjamin Netanyahu à la Knesset lors d’un vote pour la dissolution du parlement, le 2 décembre 2020. (Crédit : Danny Shem Tov / Porte-parole de la Knesset)

S’adressant à ses députés Kakhol lavan lundi après-midi lors d’une vidéoconférence, M. Gantz, dans un effort éventuel pour les persuader de soutenir la proposition, a déclaré qu’il avait présenté cinq demandes à Netanyahu : adopter un budget 2020-2021 ; approuver toutes les nominations de haut niveau qui ont été bloquées ; combler toutes les lacunes qui permettraient à Netanyahu d’éviter de céder le pouvoir à Gantz dans le cadre de leur accord de rotation ; maintenir Avi Nissenkorn au poste de ministre de la Justice ; et approuver le règlement intérieur de la Knesset.

« S’ils le veulent, ils accepteront. S’ils ne le veulent pas, il y aura des élections », a-t-il dit, expliquant que si Netanyahu acceptait, Kakhol lavan soutiendrait le projet de loi visant à retarder la date limite du budget.

Un accord sur le report de l’échéance entre le Likud et Kakhol lavan a été annoncé dimanche soir après que ce dernier a semblé hésiter dans son ultimatum au parti de Netanyahu d’adopter le budget avant l’échéance de mardi ou de faire face à de nouvelles élections.

Dans le cadre de l’accord de partage du pouvoir entre le Likud et Kakhol lavan, l’échec de l’adoption d’un budget est la seule faille qui permettrait à Netanyahu d’éviter d’avoir à céder le poste de Premier ministre à Gantz. Le Likud retarde le budget depuis des mois afin de renégocier un accord de coalition plus favorable qui verrait le mandat d’un an et demi de Netanyahu prolongé au détriment du temps de fonction équivalent de Gantz comme Premier ministre, qui doit prendre le poste en novembre 2021. Le Likud cherche également à limiter le pouvoir du ministre de la Justice Avi Nissenkorn.

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