Le réseau “drogues contre armes” du Hezbollah démantelé
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Le réseau “drogues contre armes” du Hezbollah démantelé

Des dirigeants de la branche européenne du groupe terroriste, qui avaient l’habitude d’utiliser les revenus de la vente de cocaïne pour acheter des armes pour la Syrie, ont été arrêtés

Les partisans libanais du Hezbollah à Nabatieh, le 24 mai 2015. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)
Les partisans libanais du Hezbollah à Nabatieh, le 24 mai 2015. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Une opération internationale a arrêté des membres d’une cellule européenne du Hezbollah accusés d’utiliser des millions de dollars provenant de la vente de cocaïne en Amérique du Sud pour acheter des armes à destination de la Syrie, ont annoncé lundi des officiels américains.

Parmi les individus arrêtés pendant le raid figurent des dirigeants de la branche européenne du groupe terroriste basé au Liban, accusé par Washington de blanchir les fonds du Hezbollah via une société écran libanaise.

« Cette enquête en cours couvre le monde entier et implique de nombreuses agences internationales d’application de la loi dans sept pays, et souligne une fois encore le lien mondial dangereux entre les trafiquants de drogue et le terrorisme », a déclaré dans un communiqué l’agence anti-drogue américaine, la DEA.

L’effort fait partie du projet Cassandre de la DEA, qui a ciblé un réseau mondial du Hezbollah responsable du mouvement de grandes quantités de cocaïne aux Etats-Unis et en Europe.

Le réseau narcotique a été mis en place par Imad Mughniyeh, le chef des opérations mondiales du groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran, qui est mort dans une explosion à Damas le 12 février 2008, a priori dans une opération commune du Mossad et de la CIA qui a nécessité une approbation spéciale du président américain de l’époque, George W. Bush.

Il est actuellement contrôlé par Abdallah Safieddine, et un autre terroriste présumé haut placé, Adham Tabaja, selon la DEA.

L’enquête internationale, qui s’est concentrée sur les liens du groupe terroriste avec les cartels de la drogue sud-américains, a débuté il y a un an, et a dévoilé un réseau de coursiers qui collectaient et transportaient des millions d’euros de revenus de la drogue de l’Europe vers le Moyen-Orient.

De larges montants passaient par le Liban, à destination d’organisations terroristes comme le Hezbollah, qui combat aux côtés du président Bachar el-Assad dans la guerre civile sanglante.

« La DEA et nos partenaires internationaux sont tenaces dans notre engagement à interrompre toute tentative de terroristes ou d’organisations terroristes à utiliser le marché de la drogue contre nos pays », a déclaré l’administrateur adjoint de la DEA, Jack Riley.

« La DEA et nos partenaires vont continuer à démanteler les réseaux qui exploitent le lien entre la drogue et le terrorisme, en utilisant tout les mécanismes disponibles pour faire respecter la loi. »

Le Hezbollah est désigné comme un groupe terroriste par les Etats-Unis, Israël, et un certain nombre de pays arabes sunnites. L’Union européenne a récemment classé la branche armée du groupe comme organisation terroriste, mais a laissé sa branche politique en dehors de sa liste noire, malgré la pression israélienne.

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