Le Shin Bet aide à réprimer le « terrorisme » juif et arabe ravageant les villes
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Le Shin Bet aide à réprimer le « terrorisme » juif et arabe ravageant les villes

L'agence a déclaré qu'elle aidait la police face aux attaques et émeutes de milices civiles ethniques à Lod au lendemain du jour où Netanyahu a suggéré d'envoyer l’armée

La police israélienne dans les rues de la ville de Lod, dans le centre d'Israël, où des synagogues et des voitures ont été incendiées et des magasins vandalisés, des résidents arabes de la ville ayant participé à des émeutes le 12 mai 2021 (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)
La police israélienne dans les rues de la ville de Lod, dans le centre d'Israël, où des synagogues et des voitures ont été incendiées et des magasins vandalisés, des résidents arabes de la ville ayant participé à des émeutes le 12 mai 2021 (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)

L’agence de sécurité intérieure d’Israël, le Shin Bet, a annoncé vendredi qu’elle contribuerait aux efforts pour mettre un terme à la violence entre juifs et arabes dans les villes où les deux communautés vivent côte à côte, et qui ont connu des flambées de violences meurtrières au cours de la semaine dernière. Une violence que l’agence a qualifiée de « terrorisme à tous égards ».

Les tensions entre les communautés juive et arabe d’Israël se sont transformées en éruptions de violences, transformant certaines villes apparemment intégrées en véritables zones de guerre, la police ne semblant pas préparée pour gérer les plus graves troubles jamais vus depuis des années.

À Lod, une ville mixte du centre qui jouxte l’aéroport Ben Gurion, et qui est devenue l’épicentre de la violence ethnique qui ravage le pays, la police a pris la décision exceptionnelle vendredi d’interdire l’entrée dans la ville à partir de 16 heures aux non-résidents, tout en maintenant le couvre-feu pour la troisième nuit consécutive.

Des synagogues et un cimetière musulman ont également été incendiés par des milices civiles à Lod, selon des faits rapportés.

L’annonce du Shin Bet, qui opère rarement de façon visible en Israël, est intervenue un jour après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a suggéré d’utiliser l’armée pour réprimer la violence à Lod, une idée à laquelle serait opposé le ministre de la Défense Benny Gantz.

Le Shin Bet a déclaré qu’il utilisait des « capacités de collecte de renseignements » pour s’informer de tout projet d’attaques ou d’affrontements violents, et connaître l’identité des personnes derrière ces desseins, selon un communiqué.

Le Shin Bet a déclaré qu’il le faisait « pour faire échouer ces incidents et pour localiser, arrêter, enquêter et traduire les auteurs en justice ».

Le service de sécurité intérieure a également déclaré que des agents du Shin Bet opèrent dans les villes et dans les zones où la violence se produit.

« Nous ne laisserons pas de violents émeutiers imposer la terreur dans les rues d’Israël, qu’ils soient Arabes ou Juifs », a déclaré le chef du Shin Bet Nadav Argaman, ajoutant que le Shin Bet utilisera tous les outils à sa disposition et agira contre « quiconque tente de nuire à des citoyens israéliens, juifs ou arabes, jusqu’à ce que le calme revienne dans les rues du pays ».

Au milieu de violentes émeutes, la police aurait déployé des agents infiltrés appelés mistaravim, un terme utilisé pour désigner les agents israéliens déguisés en Arabes qui opèrent d’habitude en Cisjordanie.
« Naturellement, ils aident également à faire face aux troubles locaux en Israël », a déclaré une source policière à la Douzième chaîne.

Jeudi soir, deux civils et un policier auraient été blessés par balle par des assaillants arabes à Lod et Ramle, et à Jaffa, un soldat de 19 ans était dans un état grave après avoir été passé à tabac. Il souffrait d’une fracture du crâne et d’une hémorragie cérébrale, a déclaré l’hôpital Ichilov de Tel Aviv.

Des images publiées en ligne ont montré la cour d’une synagogue de Lod dévastée par un incendie qui s’est apparemment produit lors des émeutes dans la ville, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Malgré la violence toujours croissante et l’appel à des renforts tant pour la police que pour la police aux frontières, les forces de l’ordre ne semblent pas préparées pour gérer l’ampleur du chaos.

La chaîne de télévision Kan a posté, depuis la ville, une vidéo de ce qu’elle dit être des citoyens armés accompagnant des officiers sur le site des affrontements.

Jeudi, Gantz a prolongé de 48 heures l’état d’urgence à Lod, une décision que son cabinet a prise à la demande de la police.

Vendredi, la police a annoncé l’arrestation de trois personnes suspectées de violences durant la nuit à Lod, notamment de tirs à balles réelles sur des officiers et d’incendie de bâtiments, ont-ils déclaré dans un communiqué.

En visite à Lod jeudi, Netanyahu a déclaré qu’il approuverait des mesures d’ampleur pour réprimer la violence observée à travers Israël, y compris le déploiement de forces militaires.

« Nous n’avons pas de plus grande menace en ce moment que ces pogroms, et nous n’avons pas d’autre choix que de rétablir la loi et l’ordre par un recours déterminé à la force », a-t-il déclaré.

Malgré son appel au déploiement de troupes de l’armée israélienne, il est peu probable que Netanyahu ait le pouvoir d’approuver une telle action seul.

Netanyahu a également proposé le recours à la détention administrative des émeutiers, un héritage controversé de la période ottomane  fréquemment employée par le Shin Bet contre les Palestiniens en Cisjordanie.

La détention administrative permet aux autorités de placer des personnes en détention pendant de longues périodes sans faire formellement peser des charges contre elles. C’est une pratique décriée par ses critiques comme étant anti-démocratique et abusive, mais qui est défendue par les services de sécurité comme nécessaire dans les cas où la divulgation de preuves porterait atteinte à la sécurité nationale.

Les troubles locaux entre Juifs et Arabes sont survenus au milieu de la reprise des combats entre Israël et les groupes terroristes de Gaza, avec quelque 2 000 roquettes tirées depuis lundi soir, – des tirs qui ont fait neuf victimes en Israël. L’armée israélienne a répondu par des frappes aériennes sur Gaza qui ont fait 119 morts, selon le ministère de la Santé dirigé par le groupe terroriste palestinien.

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