Le syndicat égyptien des musiciens interdit un mouvement musical populaire
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Le syndicat égyptien des musiciens interdit un mouvement musical populaire

L'interdiction cible les artistes du mouvement populaire électro "mahraganat", le syndicat jugeant les paroles de leurs chansons trop vulgaires pour ce pays conservateur

Des jeunes dansent lors d'un mariage à Salam City, une banlieue de la banlieue du Caire, sur une musique de Mahraganat, le 5 mars 2015. (Crédit : AP Photo/Mosa'ab Elshamy)
Des jeunes dansent lors d'un mariage à Salam City, une banlieue de la banlieue du Caire, sur une musique de Mahraganat, le 5 mars 2015. (Crédit : AP Photo/Mosa'ab Elshamy)

Le syndicat égyptien des musiciens a interdit aux artistes d’un mouvement musical électro de se produire sur scène, jugeant les paroles de leurs chansons trop vulgaires pour ce pays conservateur.

L’interdiction, annoncée tard dimanche soir dans un communiqué du syndicat, cible l’ensemble des artistes du mouvement populaire électro « mahraganat », et survient quelques jours après un concert au Caire d’un de ses artistes les plus populaires, Hassan Chakouch.

Hassan Chakouch, interprète de « Bint al-Giran » (« La fille d’à côté ») qui a réuni plus de 100 millions de vues sur YouTube, s’est attiré les foudres des autorités après un concert vendredi dernier qui a rempli un stade du Caire. Lors de ce concert, 60 000 fans ont repris les paroles de sa chanson « Je bois de l’alcool et je fume du hashish ».

Le « mahraganat » – qui signifie « festival » en arabe – est devenu le style musical le plus écouté en Egypte. Dès la fin des années 2000, le mouvement, aussi connu sous le nom de « electro-chaâbi », s’est développé depuis les quartiers populaires du Caire.

Utilisant des logiciels gratuits ou bon marché, les jeunes musiciens ont remixé de la musique traditionnelle égyptienne avec des sons électroniques tout en s’inspirant du rythme des rappeurs.

Mais ses détracteurs estiment que le « mahraganat » est dénué des qualités sentimentales de la musique pop qui a dominé les décennies précédentes en Egypte.

Dans son communiqué, qui a suscité un tollé sur les réseaux sociaux, le syndicat des musiciens a déclaré que des « procédures en justice » seront menées contre les établissements – cafés, clubs, hôtels – accueillant des artistes du mouvement.

« Ce genre de musique qui est pleine d’allusions sexuelles et de langage grossier est totalement inacceptable. C’est pourquoi nous avons tiré un trait dessus une bonne fois pour toute », a expliqué lors d’une émission télévisée Hany Shaker, à la tête du syndicat dépendant du ministère de la Culture.

« C’est un phénomène social terrible dont se plaignent les familles égyptiennes », a renchéri lundi auprès de l’AFP Tarek Mortada, porte-parole du syndicat.

Le manager de Hassan Chakouch a présenté des excuses. « Nous sommes sincèrement désolés pour notre erreur et nous respectons la décision du syndicat », a-t-il dit lundi à l’AFP, mettant les paroles incriminées sur le compte d’un problème technique.

« Nous avons perdu 17 dates de concert cette nuit en plus du stress émotionnel éprouvé par Chakouch et l’équipe avec toutes les réactions et commentaires sur notre musique », a confié le manager.

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