Le Technion a développé un test de dépistage salivaire, utilisé sur le campus
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Le Technion a développé un test de dépistage salivaire, utilisé sur le campus

Alors que la troisième vague fait rage en Israël, l'université affirme que ce test permet d'éviter un cluster dans l'internat et permettre la reprise des cours après le confinement

Échantillons du test NaorCov19, développé par l'Institut de technologie Technion-Israël. Le rouge indique un résultat positif ; le jaune est négatif. (Crédit : Technion-Israel Institute of Technology)
Échantillons du test NaorCov19, développé par l'Institut de technologie Technion-Israël. Le rouge indique un résultat positif ; le jaune est négatif. (Crédit : Technion-Israel Institute of Technology)

Une prestigieuse université israélienne, qui a développé un test salivaire pour dépister le coronavirus, l’a mis a disposition du personnel et des étudiants, afin d’éliminer le virus du campus.

Quiconque travaille ou étudie au Technion, l’institut israélien de Technologie, doit se tester en utilisant le test NaorCov19, en donnant un échantillon de salive qui est analysé en moins d’une heure.

En lieu des tests de dépistages classiques, qui implique de faire la file d’attente aux centres de dépistage et d’attendre un jour ou deux pour des résultats, ils doivent déposer les échantillons dans des « stations de salive » sur le campus.

Les laborantins ajoutent à l’échantillon une enzyme spécialement développée et l’échantillon rougit s’il est négatif et jaunit s’il est positif.

Naama Geva-Zatorsky, professeur qui a développé le test, a salué la simplicité de son invention mais a admis qu’il passe à côté de 10 % des résultats positifs détectés dans les tests classiques à prélèvement.

Compte tenu de cela, elle explique que cela permet un dépistage de routine qui vient compléter la stratégie de défense contre le virus, mais que cela ne constitue pas une alternative aux tests PCR pour les personnes présentant des symptômes.

Le professeur Uri Sivan (à gauche), président du Technion, en compagnie du professeur Naama Geva-Zatorsky de la faculté de médecine, dans l’une des stations du Technion pour le dépistage des coronavirus à partir d’échantillons de salive (gracieuseté du Technion-Institut israélien de technologie)

« C’est, en gros, une version simplifiée des tests PCR standards, mais on utilise une enzyme qui simplifie le processus », a déclaré Geva-Zatorsky au Times of Israël. « Elle permet de sauter l’étape de la purification de l’ARN, le matériel génétique de l’échantillon, ou d’utiliser une machine sophistiquée qui ‘amplifierait’ l’ARN au moyen de réactifs et de changements de température. »

La direction du Technion a déclaré qu’il est particulièrement important de rompre la chaîne de contamination pour les étudiants qui vivent en internat, malgré le strict confinement imposé en Israël, pour lutter contre la troisième vague du coronavirus, et dans le cadre duquel les écoles ont été fermées.

Le président de l’institution, le professeur Uri Sivan, a déclaré que les mesures prises pour isoler les étudiants malades pourraient bien s’avérer essentielles pour garantir que l’université puisse reprendre les cours en toute sécurité une fois le confinement levé.

« La mise en œuvre des nouvelles technologies développées par les chercheurs du Technion nous aidera à arrêter la propagation du virus », a-t-il commenté. « Et cela servira de modèle pour d’autres endroits dans le pays. »

Pour passer le test, les étudiants crachent dans un tube, scannent le code-barres du tube, pour pouvoir suivre les résultats de leur test, et le placent dans un réfrigérateur à un poste de collecte.

Un étudiant du Technion dépose un échantillon de salive dans un réfrigérateur, pour un test de coronavirus (Crédit : ‘Institut de technologie Technion-Israël)

Actuellement, comme seuls les étudiants des dortoirs sont sur place en raison du confinement, un seul poste fonctionne et les échantillons sont prélevés une fois par jour, mais il y aura bientôt plusieurs prélèvements quotidiens dans quatre postes. Il ne faut que quelques minutes pour amener les échantillons au laboratoire, et les résultats devraient être communiqués dans les heures qui suivent.

C’est la première fois que cette technologie est utilisée à grande échelle, et elle est maintenant commercialisée par la start-up Rapid Diagnostic Systems.

Des personnels soignants recueillent des échantillons pour effectuer des tests de dépistage au coronavirus dans un centre de santé Clalilt,à Lod, le 25 juillet 2020 (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Il a été développé en collaboration avec le département de recherche du ministère de la défense et le Rambam Health Care Campus.

Cette technologie est l’une des nombreuses initiatives de test de virus qui ont utilisé des milliers d’échantillons collectés en Inde par une délégation officielle israélienne en août.

« Bien qu’il soit moins précis que d’autres tests, il est très simple, facile à utiliser, peut être effectué n’importe où et est moins cher, donc nous pensons que cela en vaut la peine », a déclaré Geva-Zatorsky.

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