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Le tribunal refuse de déclarer hostile un témoin clé du procès Netanyahu

Yifat Ben Hai Segev, ex-cheffe du Conseil de la radiodiffusion par câble, affirme que la police l’a intimidée et « embrouillée » pendant son interrogatoire

Yifat Ben-Hai Segev, ex-cheffe du Conseil de la radiodiffusion par câble et satellite, après une audience du procès contre l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 13 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Yifat Ben-Hai Segev, ex-cheffe du Conseil de la radiodiffusion par câble et satellite, après une audience du procès contre l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 13 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les procureurs du procès pour corruption du Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, ont tenté de faire déclarer hostile un témoin clé, suite à son témoignage mardi, au cours duquel elle a affirmé que les enquêteurs de la police avaient tenté de l’intimider et que certaines de ses déclarations avaient été arrachées et sorties de leur contexte.

Le panel de trois juges du tribunal de district de Jérusalem n’ont pas donné suite à cette demande mais ont autorisé l’accusation à poser des questions suggestives – généralement autorisées uniquement lors d’un contre-interrogatoire – en réponse au témoignage de Yifat Ben Hai Segev, ex-cheffe du Conseil de la radiodiffusion par câble et satellite et témoin-clef dans l’affaire dite 4000.

Les procureurs estiment que Netanyahu a pris des décisions à l’avantage de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, à hauteur de centaines de millions de shekels.

Netanyahu, qui était Premier ministre et ministre des Communications à l’époque, est accusé d’avoir manœuvré pour que la fusion entre Bezeq, plus grande entreprise de télécommunications du pays, et le fournisseur de satellites Yes soit autorisée, en échange d’une couverture médiatique positive de la part du site d’information Walla, propriété de Bezeq.

Lors de l’interrogatoire de la police, Ben Hai Segev, dont le conseil devait signer l’accord Bezeq-Yes, aurait déclaré aux enquêteurs que des proches collaborateurs de Netanyahu avaient fait pression sur elle pour que la fusion se fasse au plus vite.

Cependant, devant le tribunal mardi, elle a dit qu’Avi Berger, alors directeur général du ministère de la Communication auquel a succédé Shlomo Filber, témoin actuel de l’État, a utilisé son autorité pour empêcher la fusion, notamment en retardant le financement de l’autorité du câble.

Le procureur Yehudit Tirosh a noté que Ben Hai Segev n’avait pas dit cela lorsqu’elle avait été interrogée par la police.

« Parce qu’on ne me l’a pas demandé », a répondu Ben Hai Segev avant de se lancer dans une tirade contre l’intégrité des enquêteurs de la police.

« J’ai fait l’objet d’une enquête négligente, partiale et teintée d’amateurisme, conçue pour me faire peur, dans des conditions inacceptables et inhumaines. cela devrait poser problème à tout le monde dans ce pays », a-t-elle déclaré.

Montage photo de Benjamin Netanyahu (à droite) et Shaul Elovitch. (Crédit : Flash90/Ohad Zwigenberg)

Ben Hai Segev a affirmé que lorsqu’elle avait demandé à voir certains des documents et des dates sur lesquels elle avait été interrogée, les enquêteurs avaient refusé.

Elle a ajouté que certaines de ses déclarations à la police « avaient été obtenues par la tromperie ou sorties de leur contexte », accusant les enquêteurs d’avoir tenté de « l’embrouiller ».

« Je savais que ce que l’on me disait n’était pas vrai », a dit Ben Hai Segev, ajoutant qu’elle avait ensuite vérifié ses dossiers pour s’assurer qu’elle disait vrai. Elle a ajouté avoir dit à un enquêteur « de ne pas m’influencer alors qu’il m’avait présenté une hypothèse fausse ».

Ben Hai Segev a également affirmé que lors de l’interrogatoire, qui a duré plus d’une dizaine d’heures, on ne lui avait proposé qu’une tasse de thé. Son téléphone lui avait été confisqué et elle n’avait pas pu se rendre aux toilettes.

Tirosh a demandé que Ben Hai Segev soit déclarée témoin hostile et que le procès soit ajourné jusqu’au lendemain.

Les juges ont refusé, mais ont permis aux procureurs de contre-interroger Ben Hai Segev, au besoin avec des questions suggestives.

En réponse à ces questions, Ben Hai Segev a déclaré avoir commencé à s’occuper de la fusion Bezeq-Yes avant même d’avoir reçu la demande de Netanyahu, qui, a-t-elle ajouté, l’a contactée avant Filber.

Elle a également noté que les enquêteurs lui avaient demandé pourquoi elle avait informé Filber de l’accord, dans la mesure où il n’était pas son patron.

« Je lui ai rendu compte parce qu’il relevait du ministre et parce que le ministre l’avait demandé », a déclaré Ben Hai Segev.

Shlomo Filber, ex-directeur général du tribunal du ministère des Communications lors du procès contre l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a mené son parti à la victoire lors des élections du 1er novembre dernier et est actuellement en négociations pour former le prochain gouvernement.

Il fait par ailleurs l’objet d’un procès dans le cadre de trois affaires distinctes, dont l’affaire 4000, dans laquelle il est accusé de corruption, fraude et abus de confiance.

Une autre affaire est liée à des accusations selon lesquelles Netanyahu aurait accepté des cadeaux extrêmement coûteux de la part de riches connaissances, tandis que dans la troisième, les procureurs lui reprochent d’avoir conspiré avec l’éditeur d’un journal de tout premier plan pour obtenir l’adoption d’une loi portant préjudice à un quotidien rival en l’échange d’une couverture positive, bien qu’aucune contrepartie de cet ordre n’ait été mise en œuvre.

Netanyahu nie tout acte répréhensible dans le cadre de ces trois affaires et assure, sans preuve, que ces accusations sont le fruit d’un complot des médias, de ses rivaux politiques, des procureurs et des forces de l’ordre pour le forcer à quitter le pouvoir.

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