L’éducation nationale muscle la laïcité à l’école
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L’éducation nationale muscle la laïcité à l’école

Dans un "vade-mecum" distribué partout en France, le ministre Jean-Michel Blanquer rappelle la loi sur des sujets épineux, tel le refus de serrer la main d'une femme

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education quitte l'Elysée après une réunion, le 30 mai 2018 on May 30 (Crédit AFP PHOTO / Ludovic MARIN)
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education quitte l'Elysée après une réunion, le 30 mai 2018 on May 30 (Crédit AFP PHOTO / Ludovic MARIN)

Un vade-mecum de la laïcité va être distribué à partir de mercredi 30 mai dans les écoles françaises, qui « permettra d’avoir une référence commune à tous les établissements », annonce le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer dans un long entretien à L’Express.

Un « conseil des sages » a déjà été mis en place pour aider l’Éducation nationale à répondre aux problèmes de laïcité. Il est chargé de répondre aux sollicitations d’une équipe nationale « laïcité et fait religieux », elle-même déclinée en unités dans chaque académie pour « prévenir et réagir » en cas d’incident.

Son « premier résultat « tangible » est « l’écriture d’un vade-mecum de la laïcité, que nous allons distribuer dès le 30 mai, et qui permettra d’avoir une référence commune à tous les établissements de France », annonce le ministre de l’Éducation dans l’entretien à L’Express. Objectif : que « les acteurs sachent comment agir pour promouvoir la laïcité », a-t-il précisé.

Interrogé sur la différence entre ce vade-mecum et le « livret laïcité » qui avait été distribué par l’ex-ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, en décembre 2016, M. Blanquer assure qu’il s’agit d’une « version plus développée, plus pratique et aussi peut-être plus… volontariste ».

Selon L’Express, qui a consulté ce guide de 83 pages, il aborde plusieurs cas concrets comme l’apparition des certificats médicaux de complaisance brandis par des filles qui, pour des motifs religieux, ne veulent pas avoir à s’afficher en maillot de bain pendant les cours de natation ou en simples tenues de sport à l’heure de la gym.

Il évoque également dans un « focus » sur « le refus des règles minimales de civilité dans le cadre scolaire » un cas assez fréquent selon les académies : celui d’un fonctionnaire qui refuse, au nom de ses convictions religieuses, de serrer la main d’une femme.

« Et le texte », continue L’Express, « de citer le cadre légal : « Nul ne peut se prévaloir de sa religion ou de ses convictions pour porter atteinte à l’égalité entre les femmes et les hommes ». Et d’insister : « Par ailleurs, le refus d’être placé sous l’autorité hiérarchique d’une personne de l’autre sexe constitue un refus d’obéissance caractérisée. »  »

Ce vade-mecum rappelle également que l’éducation sexuelle, parfois contestée par des élèves ou des parents est obligatoire et présente « une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes ».

Jean-Michel Blanquer annonce aussi vouloir « mettre à disposition de chaque professeur en France une adresse de saisine où on lui garantit une prise de contact du ministère dans les vingt-quatre heures en cas de signalement d’un problème relatif à la laïcité ».

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