Législatives : aucun candidat FN suspendu pour propos extrêmes
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Législatives : aucun candidat FN suspendu pour propos extrêmes

Selon le parti, des propos homophobes, islamophobes ou sur l'existence d'un “lobby juif” “ne sont pas suffisamment graves pour qu'on retire la confiance à nos candidats”

Nicolas Bay, secrétaire général du Rassemblement National. (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)
Nicolas Bay, secrétaire général du Rassemblement National. (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)

Nicolas Bay, patron de la campagne FN pour les législatives, a affirmé mercredi qu’aucun candidat FN n’était en l’état suspendu et a défendu la « campagne exemplaire des 573 candidats » de son parti, après des enquêtes pointant des propos extrêmes de plusieurs dizaines d’entre eux.

Interrogé lors d’une conférence de presse à Nanterre au siège du FN sur d’éventuelles suspensions de candidats aux législatives à quatre jours du premier tour, Bay a répondu « Non ».

« Nous allons étudier les propos qui leur sont prêtés mais nous avons pu constater en faisant une première analyse que l’immense majorité de ces propos, même quand ils sont exprimés maladroitement, relèvent de la liberté d’expression » sur « l’immigration, l’islamisme ou le lien immigration – terrorisme », a-t-il estimé.

Pour lui, il y a d’autres propos plus isolés qui peuvent « nécessiter un petit rappel à l’ordre », qui peuvent être « maladroitement exprimés, sortis de leur contexte, relever de l’humour pas toujours de très bon goût, mais ces propos ne sont pas suffisamment graves pour qu’on retire la confiance à nos candidats ».

« Les 573 candidats qui portent nos couleurs mènent une campagne exemplaire » et le FN est « parfaitement irréprochables », a-t-il garanti.

Pierre Bergé (Crédit : CC BY 3.0)
Pierre Bergé (Crédit : CC BY 3.0)

Interrogé sur plusieurs cas particuliers, ceux de Joseph Damour (2e Pyrénées-Atlantiques), rediffusant un tweet qualifiant de « pédale » Pierre Bergé, copropriétaire du Monde ; de Grégory Stich (2e Haut-Rhin) qui a tweeté en juillet 2014 un visuel évoquant l’existence d’un supposé « lobby juif », ou de Christophe Versini (15e Paris) pour qui « l’ennemi c’est l’islam. Nous sommes en guerre contre l’islam », Bay a déclaré qu' »ils ne correspondent pas aux idées, aux valeurs que nous défendons ».

« La question, c’est s’ils ont bien relayé eux-mêmes ces propos. Parfois, quand c’est pas le candidat lui-même qui tient ces propos et qu’il le partage, c’est parfois une maladresse, parfois on partage un propos sans le partager, on peut même le partager pour le critiquer », a insisté l’eurodéputé FN.

Sur le cas de Versini, Wallerand de Saint Just, patron du FN à Paris, a dit mercredi matin sur France Bleu Paris, à tort, que ce candidat était encore à l’UMP lorsqu’il a écrit ce tweet.

Des candidats seront, selon lui, « bien entendu sanctionnés », mais « pas avant le premier tour » des législatives.

Interrogée le matin sur France 2, Marine Le Pen s’en était déjà pris à une enquête « peu sérieuse […] . Il peut y avoir des propos qui sont choquants mais l’immense majorité ce sont des considérations politiques qu’on peut avoir le droit d’évoquer en France ».

Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d'écran France TvInfo)
Marine Le Pen, le 4 mai 2017 (Crédit : capture d’écran France TvInfo)

Bay a en outre dénoncé la « méthode éminemment contestable » de « faire cette analyse très minutieuse uniquement sur les candidats du FN et pas sur les autres ».

A ses côtés, Julien Sanchez, maire FN de Beaucaire et porte-parole du parti pour ces législatives, a dit « constater que ça ne choque pas M. Macron ou M. Bayrou [le garde des Sceaux] que plusieurs partis politiques aient comme seul objectif dans ces législatives qu’il n’y ait pas un seul député FN à l’Assemblée », citant « La France insoumise », « Les Républicains » et « La République en Marche ».

Bay a redit que l’ « objectif [du FN] très clairement est de constituer un groupe » à l’Assemblée (au moins 15 députés).

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