L’église grecque déboutée pour son refus de vendre des biens à Ateret Cohanim
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L’église grecque déboutée pour son refus de vendre des biens à Ateret Cohanim

Le tribunal de district ne bloquera pas le transfert des droits sur trois bâtiments à l'organisation juive Ateret Cohanim ; le patriarcat grec orthodoxe dit qu'il fera appel

Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Theophilos III, (au centre), avec le gardien franciscain en Terre sainte, Frère Francesco Patton, (au centre-droit), et d'autres responsables d'église pendant une prière œcuménique à l'entrée du Petra Hotel, porte de Jaffa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 juin 2019. (Crédit :  GALI TIBBON / AFP)
Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Theophilos III, (au centre), avec le gardien franciscain en Terre sainte, Frère Francesco Patton, (au centre-droit), et d'autres responsables d'église pendant une prière œcuménique à l'entrée du Petra Hotel, porte de Jaffa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 juin 2019. (Crédit : GALI TIBBON / AFP)

Le tribunal de district de Jérusalem a rejeté mercredi une demande du patriarcat grec orthodoxe visant à bloquer le transfert des droits sur trois bâtiments de la Vieille Ville à un groupe de droite, dans le cadre d’un conflit de longue date portant sur une vente contestée de 2004.

Ateret Cohanim, une organisation sioniste religieuse qui s’efforce de peupler la Vieille Ville et d’autres quartiers de Jérusalem-Est avec des résidents juifs en achetant des propriétés à des propriétaires non juifs, a cherché à obtenir des baux à long-terme pour les propriétés litigieuses par le biais de sociétés écrans en 2004, ce qui a déclenché des années de querelles juridiques.

Selon le quotidien Haaretz, des pressions politiques ont été exercées pour contrecarrer la vente, notamment la question qui a été abordée lors de réunions organisées par le président russe Vladimir Poutine lors de son voyage en Israël au début de cette année.

Le journal a également rapporté que les bâtiments sont actuellement utilisés par des entreprises palestiniennes et qu’Ateret Cohanim cherche maintenant à les expulser.

Des gens passent devant l’Imperial Hotel situé à côté de la porte de Jaffa dans le quartier chrétien de la Vieille Ville de Jérusalem, le 29 novembre 2019. (Gali Tibbon/AFP)

Le Patriarcat a répondu à l’arrêt, accusant la partie adverse de fraude et déclarant qu’il ferait appel devant la Cour suprême.

« Le patriarcat grec orthodoxe a présenté au tribunal une pléthore de nouvelles preuves de comportement délictueux, qui comprennent l’extorsion et la fraude », a déclaré l’église dans une déclaration à Haaretz. « Elle a donc reçu avec surprise la décision du tribunal, moins de 24 heures après la fin de l’audience, sans que le tribunal n’examine les preuves et sans permettre qu’elles soient entendues. Nous pensons que le tribunal a commis une erreur dans sa décision et nous avons l’intention de faire appel devant la Cour suprême ».

Selon les documents du tribunal, des sociétés écrans appelées Berisford Investments Limited, Richards Marketing Corporation et Gallow Global Limited ont signé des accords avec l’église orthodoxe grecque en 2004 pour payer 1,25 million de dollars pour le bail de l’hôtel Imperial, 500 000 dollars pour le bail de l’hôtel Petra – situé entre la porte de Jaffa et le marché arabe de la Vieille Ville – et 55 000 dollars pour louer une troisième propriété appelée Muzamiya House, dans le quartier chrétien.

Les accords controversés ont déclenché la colère des Palestiniens et ont conduit au licenciement en 2005 du patriarche Irineos I, qui a toujours clamé son innocence.

En août de l’année dernière, l’église a intenté un procès pour tenter d’annuler une décision de la Cour suprême de juin dernier confirmant la vente des baux. Le patriarcat a affirmé qu’il avait des « preuves évidentes » de corruption dans la transaction.

Les représentants des sociétés écrans utilisées par Ateret Cohanim n’ayant pas répondu à la requête dans le délai imparti par le tribunal, le juge Tamar Bar-Asher a décidé en novembre que l’affaire devait être réouverte et a ordonné à Ateret Cohanim de verser à l’église 50 000 shekels (12 500 euros) pour couvrir les frais de justice.

La vente de propriétés à Jérusalem est l’une des choses les plus délicates au monde sur le plan politique.

Israël s’est emparé principalement de la Jérusalem-Est occupée par la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967 et a ensuite étendu sa souveraineté sur celle-ci, dans une démarche jamais reconnue par la communauté internationale. Il considère maintenant l’ensemble de Jérusalem comme sa capitale, en invoquant le lien historique et biblique juif qui y existe.

Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est, y compris la Vieille Ville, comme la capitale de leur futur État et considèrent la présence croissante des Israéliens comme une menace existentielle.

L’Église orthodoxe grecque est la plus grande et la plus riche église de Terre Sainte, qui possède énormément de biens, principalement des propriétés foncières datant de plusieurs centaines d’années. Elle est régulièrement accusée de vendre ou de louer des propriétés à Israël dans des zones à prédominance palestinienne.

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