Un juge demande la réouverture du dossier des baux controversés de Jérusalem-Est
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Un juge demande la réouverture du dossier des baux controversés de Jérusalem-Est

Le tribunal demande à l'organisation juive pro-implantations Ateret Cohanim de verser 50 000 shekels de frais de justice au patriarcat grec-orthodoxe

L'hôtel Imperial à la porte de Jaffa, dont le bail a été vendu à l'organisation de droite Ateret Cohanim, ce dont le patriarcat grec-orthodoxe a fait appel. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
L'hôtel Imperial à la porte de Jaffa, dont le bail a été vendu à l'organisation de droite Ateret Cohanim, ce dont le patriarcat grec-orthodoxe a fait appel. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Un conflit de longue date opposant une organisation juive pro-implantations et l’Église grecque-orthodoxe autour de droits de propriété sur trois immeubles de la Vieille Ville de Jérusalem est entré dans sa phase finale jeudi lorsqu’un tribunal de Jérusalem a statué que l’affaire devait être rouverte.

Ateret Cohanim, une organisation religieuse-sioniste qui s’efforce de peupler la Vieille Ville et d’autres quartiers de Jérusalem-Est de résidents juifs en achetant des biens immobiliers à des propriétaires non juifs, a acheté les baux de bâtiments disputés via des sociétés-écrans en 2004, déclenchant des années de bataille juridique entre les deux parties.

C’est en août dernier que l’Église a déposé plainte dans l’espoir de renverser la décision de la Cour suprême qui a confirmé la vente des baux. Le patriarcat avait assuré disposer de « preuves évidentes » de corruption dans le contrat initialement signé pour deux hôtels dirigés par des Palestiniens situés entre la porte de Jaffa et le marché arabe, ainsi que pour un autre immeuble du quartier chrétien.

Les représentants des sociétés-écrans n’ayant pas répondu aux demandes du tribunal dans le délai imparti, la juge Tamar Bar-Asher a décidé que l’ensemble du dossier devait être rouvert et a ordonné à Ateret Cohanim de verser 50 000 shekels (environ 14 400 euros) à l’Église pour couvrir ses frais de justice.

L’hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)

Les accords controversés, approuvés par la Cour suprême en juin dernier, avaient suscité la colère des Palestiniens et provoqué le renvoi du Patriarche Irineos I en 2005, lequel a toujours clamé son innocence.

Selon des documents du tribunal, trois sociétés-écrans – Berisford Investments Limited, Richards Marketing Corporation et la Gallow Global Limited – avaient signé des accords en 2004 avec l’Église concernant l’acquisition de trois baux de 99 ans : le premier pour l’hôtel Imperial, à hauteur d’un million d’euros ; le deuxième pour l’hôtel Petra, d’un montant de 450 000 euros, et le troisième conclu pour un immeuble situé également dans la Vieille Ville, la Maison Muzamiya, au prix de 50 000 euros.

Pour le cabinet d’avocats représentant les sociétés, la décision de la juge est le résultat d’un « agissement sournois du patriarcat », clamant que l’avocat le représentant était malade.

Dans son appel, l’Église avait fait savoir que « les nouvelles preuves obtenues par le patriarcat confirment qu’Ateret Cohanim et ses sociétés avaient produit de faux documents et entamé des démarches judiciaires reposant sur ces faux documents, bien qu’Ateret Cohanim sût qu’ils étaient faux. Cette preuve démontre que les accords suspects signés en 2004 ont impliqué le versement de pots-de-vin par Ateret Cohanim, qu’elle a versés à l’ancien membre du Patriarcat, Nicholas Papadimas ».

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