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L’EI menace d’exécuter un Croate enlevé en Egypte

Il sera exécuté dans 48 heures par ses ravisseurs si le gouvernement égyptien ne libère pas "des femmes musulmanes" emprisonnées

La branche égyptienne du groupe extrémiste Etat islamique (EI) a menacé mercredi d’exécuter dans 48 heures un Croate travaillant pour un groupe français, le premier étranger enlevé par des djihadistes en Egypte depuis le début d’une insurrection il y a deux ans.

Dans la vidéo mise en ligne par les djihadistes de la « Province du Sinaï », Tomislav Salopek apparaît agenouillé aux pieds d’un homme cagoulé et tenant un couteau. Lisant une feuille de papier, il dit qu’il sera exécuté dans 48 heures par ses ravisseurs si le gouvernement égyptien ne libère pas « des femmes musulmanes » emprisonnées.

La vidéo ne précise pas quand commence le compte à rebours.

« Le gouvernement croate et le ministère des Affaires étrangères font de leur mieux pour résoudre aussi rapidement que possible la difficile situation dans laquelle se trouve le citoyen croate T.S », a indiqué le ministère à Zagreb dans un communiqué.

Les djihadistes, qui ont multiplié les attentats contre les forces de l’ordre ces derniers mois, disent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée en 2013 et remplacé par l’actuel président Abdel Fattah al-Sissi.

Dans la vidéo, l’otage explique travailler au Caire pour le groupe français de services pétroliers CGG. Il affirme avoir été enlevé le 22 juillet par les combattants de la branche égyptienne de l’EI.

La société Ardiseis, filiale de CGG en Egypte pour laquelle il travaillait, a confirmé dans un communiqué l’enlèvement de son employé, membre d’une équipe d’analyse sismique, alors qu’il était « en transit au Caire ».

« Nous reconnaissons qu’il est l’otage qui apparaît dans la vidéo publiée par l’EI », précise la société.

Selon une source proche de l’enquête, le ressortissant croate avait été kidnappé dans la banlieue du 6-Octobre au Caire alors qu’il se rendait sur son lieu de travail.

La branche égyptienne de l’EI se faisait autrefois appeler « Ansar Beït al-Maqdess » mais s’est rebaptisée « Province du Sinaï » pour marquer son allégeance au « califat » auto-proclamé par l’EI sur une partie de l’Irak et de la Syrie.

En décembre, le groupe avait revendiqué l’assassinat de l’expert américain William Henderson, employé par la compagnie pétrolière Apache. Il avait été tué en août 2014 près de son lieu de travail, dans le désert occidental de l’Egypte.

Le 11 juillet, le groupe a revendiqué un attentat à la voiture piégée contre le consulat d’Italie au Caire qui a tué un civil, la première attaque contre une représentation diplomatique depuis l’éviction de M. Morsi.

Par le passé, le porte-parole de l’EI, Abou Mohamed al-Adnani, avait appelé les partisans du groupe à s’attaquer aux intérêts occidentaux.

Mais ce type d’attaques contre des Occidentaux était jusqu’ici rare en Egypte contrairement à l’Irak ou la Syrie.

La branche égyptienne de l’EI a en revanche revendiqué la plupart des attentats spectaculaires visant les forces de l’ordre égyptiennes depuis l’éviction de M. Morsi, notamment dans le nord de la péninsule du Sinaï. Ces attaques ont coûté la vie à des centaines de policiers et de soldats.

Les djihadistes dénoncent la violente répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi et qui s’est traduite par la mort de plus de 1 400 personnes, en majorité des manifestants islamistes.

Des dizaines de milliers ont été emprisonnés, et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse dénoncés par l’ONU.

En février, des djihadistes affiliés à l’EI en Libye ont revendiqué dans une vidéo l’exécution de 21 chrétiens coptes, dont 20 Egyptiens. En représailles, l’armée égyptienne avait alors bombardé des positions de l’EI en Libye.

L’annonce de l’enlèvement de M. Salopek intervient alors que l’Egypte s’apprête à inaugurer jeudi en grande pompe une seconde voie du canal de Suez, un projet présenté comme pharaonnique par les autorités qui veulent relancer l’économie en lambeaux et prouver aux investisseurs étrangers que le pays s’est stabilisé.

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