Les 10 juifs exemplaires décédés en 2017
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Les 10 juifs exemplaires décédés en 2017

Un dernier hommage à ceux qui ont accompli de grandes choses dans les domaines des arts, de la comédie, de la politique et de la religion

(Collage de JTA)
(Collage de JTA)

JTA – Il est toujours difficile de faire une liste réduite de Juifs influents décédés au cours d’une année précise. Cette année, la tâche était particulièrement ardue. Un des pionniers du mouvement LGBTQ, un comédien légendaire et un rabbin orthodoxe de 104 ans ont notamment disparu.

Ainsi, voici quelques-uns des Juifs que nous avons perdus en 2017 et qui laisseront à jamais une trace dans leurs domaines respectifs.

Sara Ehrman, 98 ans

Militante de longue date du Parti démocrate, conseillère sur le conflit israélo-palestinien et amie des Clinton, Ehrman se décrivait comme « Juive d’abord, démocrate et surtout féministe ».

On pourrait se souvenir de Sara Ehrman comme celle qui a conseillé à Hillary Clinton de ne pas se déplacer en Arkansas pour épouser Bill. Elle a néanmoins également travaillé sur la campagne présidentielle de George McGovern en 1972 et a plus tard conseillé le président Clinton pour le rétablissement de la paix israélo-arabe.

Aussi, elle a aidé à l’organisation du premier voyage présidentiel de Bill Clinton en Israël, a été directrice politique de l’AIPAC et a travaillé avec la section américaine de l’organisation La Paix maintenant.

Elle est décédée en juin, plus de 50 ans après son entrée en politique.

Sara Ehrman, 2016 (Capture d’écran : The New York Times via JTA)

Zsa Zsa Gabor, 99 ans

Bien que cette légendaire mondaine et sex-symbol d’Hollywood ait été enterrée dans un cimetière catholique, elle avait de profondes racines juives.

Née de parents juifs hongrois à Budapest, Sari Gabor (son vrai nom) a été mariée neuf fois et est apparue dans des films tels que « Moulin Rouge » et « Les Rois de la couture ».

Sa vie amoureuse tumultueuse a longtemps été étalée sur la place publique et on pourrait la considérer comme la première célébrité à être devenue célèbre pour être célèbre – à l’instar de Kim Kardashian ou Paris Hilton aujourd’hui. Zsa Zsa Gabor est décédée en février, moins de deux mois après son centième anniversaire.

L’actrice hongroise Zsa Zsa Gabor, 1952. (Nixon / Express / Getty Images / JTA)

Monty Hall, 96 ans

De son vrai nom Monte Halparin, cette icône de la télévision est né de parents orthodoxes dans la ville canadienne de Winnipeg.

Il a co-créé le jeu télévisé « Let’s Make a Deal » et l’a présenté pendant près de 25 ans, dès les années 1960.

Avant de devenir producteur de radio dans les années 1950, Hall voulait devenir médecin – mais il n’a pas pu intégrer d’école de médecine en raison des quotas de Juifs imposés à l’époque, selon la Société Radio-Canada.

Il a été victime d’une crise cardiaque quand sa femme est décédée en juin dernier et est décédé en octobre.

Monty Hall, 1977 (Archives Herb Ball / NBC / NBCU via JTA)

Vera Katz, 84 ans

Au cours des années 1990 et des années 2000, Portland, dans l’Oregon, une ennuyeuse ville portuaire, s’est transformée en un dynamique symbole de la culture hipster. Pour certains fans de séries télévisées, elle est même devenue « Portlandia », du nom de la célèbre comédie.

Au cours de cette période, en particulier de 1993 à 2005, la ville du Nord-Ouest Pacifique était dirigée par une maire juive, élue au cours de trois suffrages : Vera Katz, qui a grandi dans des conditions précaires à New York en tant que réfugiée juive de l’Allemagne nazie.

Avant de diriger la refonte écologique de la ville, Katz, née Vera Pistrak à Düsseldorf, était une femme pionnière dans le monde politique de son Etat d’adoption : elle fût la première femme présidente de l’Oregon House, créa le premier caucus des femmes de l’Etat et supervisa une réforme concernant le système éducatif. Katz a succombé à une leucémie en décembre, son troisième combat contre le cancer depuis 2000.

Vera Katz (Capture d’écran : YouTube via JTA)

Jerry Lewis, 91 ans

Ne laissez pas le pseudonyme de l’humoriste vous induire en erreur : Jerry Lewis est né Joseph Levitch de parents hôteliers du Borscht Belt.

Lewis, qui est décédé d’une maladie cardiaque en août, est devenu célèbre en s’associant à Dean Martin, avec lequel il a réalisé plus d’une douzaine de films comiques et loufoques de 1949 à 1956.

Il a joué dans des dizaines d’autres films, et notamment « Le Professeur foldingue » (le film original, bien avant le remake d’Eddie Murphy en 1996) et « La Valse des pantins » de Martin Scorsese.

Jerry Lewis, 1971 (Evening Standard / Getty Images / JTA)

Don Rickles, 90 ans

Le célèbre comique surnommé « Monsieur chaleur » aimait insulter son auditoire. En plus de ça, il était acteur et ancien élève de l’Académie américaine des arts dramatiques.

Il est apparu dans d’innombrables séries télévisées, a fait du comique de scène quand il avait 80 ans et a joué aux côtés de légendes telles que Clark Gable et Clint Eastwood sur le grand écran.

Le jeune public le connaît comme la voix de M. Patate dans le film « Toy Story ». Il est décédé en avril d’une insuffisance rénale.

Le comédien Don Rickles à la librairie Book Soup à West Hollywood, le 31 mai 2007 (Mark Mainz / Getty Images / JTA)

Aharon Leib Shteinman, 104 ans

Le rabbin Shteinman a acquis une stature légendaire dans le monde Haredi (ultra-orthodoxe mais non-hassidique) et des centaines de milliers de personnes ont participé à ses funérailles en Israël au début du mois.

Le rabbin, qui n’a pas pris souvent la parole publiquement, a écrit des dizaines de livres et vivait de façon très modeste dans la ville orthodoxe de Bnei Brak. Il était considéré comme le « gadol hador », ou le grand sage de sa génération, par la communauté haredi du courant lituanien.

« Avec la mort du rabbin Shteinman, le peuple juif a perdu une lumière de par son esprit, son héritage et sa moralité », avait déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué après l’annonce de sa mort.

L’éminent rabbin ultra-orthodoxe Aharon Yehuda Leib Shteinman dans la ville israélienne de Bnei Brak, le 14 novembre 2012 (Yaakov Naumi / Flash90)

Simone Veil, 89 ans

Simone Veil, survivante de l’Holocauste devenue pilier de la politique française, sera enterrée aux côtés de son époux Antoine au Panthéon où seuls 76 ‘Grands Hommes’ (4 femmes et 72 hommes) y demeurent.

Après Auschwitz et Bergen-Belsen, Veil est devenue avocate puis ministre de la Santé et plus tard présidente du Parlement européen.

Elle a également été l’une des rares femmes membres de la prestigieuse Académie française et a mené les efforts pour la légalisation de l’avortement en France dans les années 1970.

Veil est décédée en juin, moins d’un mois après son 90e anniversaire.

L’avocate et politicienne française Simone Veil devant l’Elysée à Paris, le 13 novembre 1974 (Keystone / Hulton Archive / Getty Images / JTA)

Otto Warmbier, 22 ans

Après avoir été détenu en Corée du Nord pendant plus de 17 mois pour avoir prétendument volé une affiche de propagande lors d’un voyage étudiant, Otto Warmbier a été libéré en juin et se trouvait alors dans le coma. Il n’a pas survécu à ses blessures et est mort une semaine après son retour aux Etats-Unis.

Si JTA a rapporté qu’il était un membre actif de l’organisation Hillel à l’université de Virginia, selon la Corée du Nord, Warmbier aurait volé l’affiche pour une église américaine. Ainsi, son identité juive a été gardée secrète afin de ne pas froisser la Corée du Nord lors des négociations pour sa libération.

« Si c’est leur version, il ne sert à rien de la démentir si notre but est de le libérer », avait expliqué le porte-parole de la famille de l’étudiant, qui avait été condamné à 15 ans de travaux forcés.

Otto Warmbier arrive au tribunal pour son procès à Pyongyang, en Corée du Nord, le 16 mars 2015 (Xinhua / Lu Rui via Getty Images / JTA)

Edith Windsor, 88 ans

En 2009, Edith Windsor a été contrainte de payer des impôts fédéraux sur les biens immobiliers de sa défunte épouse, alors même que leur mariage avait été reconnu comme légal par l’Etat de New York, où elles vivaient – ainsi, elle aurait normalement dû être exempte de cet impôt.

Elle a porté l’affaire jusqu’à la Cour suprême, qui a statué en 2013 que le gouvernement fédéral devait respecter les règles des Etats concernant les couples de même sexe.

Cette affaire a ouvert la voie à une décision du tribunal, deux ans plus tard, qui a éliminé à l’échelle nationale tous les obstacles à l’égalité des droits dans le cadre du mariage.

Windsor était déjà une activiste LGBTQ depuis des décennies et grande partisane du groupe de défense israélien A Wider Bridge. Windsor était très active dans les cercles juifs et était membre de longue date de la congrégation Beit Simchat Torah de New York, qui a été fondée afin de venir en aide à la communauté LGBTQ.

Elle est décédée en septembre.

Edith Windsor prend la parole lors de la soirée du Trevor Project à New York, le 19 juin 2017 (Jamie McCarthy / Getty Images pour le Trevor Project via JTA)
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