« Les accords d’Oslo sont morts », dit Abbas au leader israélien de gauche
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« Les accords d’Oslo sont morts », dit Abbas au leader israélien de gauche

Le président de l'AP a déclaré à la présidente de Meretz, Zehava Galon, que Trump lui avait promis une "bonne affaire" avant de "punir" les Palestiniens

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prend la parole lors d'une conférence de presse donnée à la suite du sommet de l'Organisation de coopération islamique (OCI) sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par les États-Unis, le 13 décembre 2017 à Istanbul. (AFP PHOTO / YASIN AKGUL)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prend la parole lors d'une conférence de presse donnée à la suite du sommet de l'Organisation de coopération islamique (OCI) sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par les États-Unis, le 13 décembre 2017 à Istanbul. (AFP PHOTO / YASIN AKGUL)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré vendredi à la chef du parti Meretz Zehava Galon que « les accords d’Oslo sont morts », a rapporté la Dixième chaîne.

Abbas, exprimant ses condoléances à Galon au sujet du décès de son père, a déclaré que le président américain Donald Trump avait, dans plusieurs conversations passées, « promis une bonne affaire pour [résoudre] le conflit, et puis est venu cette malheureuse surprise, que nous ne pouvons pas accepter ».

Les Palestiniens ont gelé leurs liens avec Washington et ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas l’administration comme négociateur de paix, après la reconnaissance par Trump, le 6 décembre, de Jérusalem comme capitale d’Israël. Les États-Unis ont réagi au boycott en menaçant de bloquer des centaines de millions de dollars d’aide.

Galon a raconté qu’Abbas lui a dit : « Nous sommes prêts pour les négociations, et nous n’avons jamais eu l’intention de quitter les pourparlers, mais malheureusement personne ne nous offre des pourparlers, surtout pas les Américains, qui souhaitent maintenant nous punir ».

Il a ajouté, a-t-elle poursuivi, que « les accords d’Oslo sont morts, et même si Israël n’a pas respecté ses obligations, nous n’avons jusqu’à présent pas interrompu la coopération en matière de sécurité. Nous attendons de voir s’il peut y avoir des négociations avec des médiateurs équitables. »

Mais il a souligné que cela ne s’appliquait plus aux Etats-Unis et a exprimé l’espoir que l’Europe, le Quatuor pour le Moyen-Orient (qui inclut les Etats-Unis) et les pays arabes pourraient se réunir pour fournir une telle médiation.

La chef de Meretz, la députée Zehava Galon, serre la main d’Abbas lors d’une réunion à Ramallah, 2013 (photo: Via Facebook)

Au début d’une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Davos jeudi, Trump a déclaré que les Etats-Unis ne fourniraient plus d’aide aux Palestiniens s’ils refusaient de s’engager dans des pourparlers de paix avec Israël.

Il a indiqué que sa reconnaissance de Jérusalem avait réglé l’une des questions clés du conflit.

« Le sujet le plus difficile dont ils ont eu à négocier est celui de Jérusalem », a-t-il dit. « Nous avons retiré Jérusalem de la table, donc nous n’avons plus besoin d’en parler. »

Les Palestiniens ont rejeté la menace, affirmant que les pourparlers de paix étaient « hors de la table » si la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël n’était pas annulée.

Le négociateur en chef Saeb Erekat a déclaré que les dernières remarques du président ont montré que « les Etats-Unis se sont disqualifiés pour jouer un rôle dans l’instauration de la paix » et que sa décision de Jérusalem était un « appel » pour les dirigeants arabes.

« Jérusalem n’est pas hors de la table des négociations, mais les États-Unis sont en dehors du consensus international. Ceux qui disent que Jérusalem n’est pas sur la table disent que la paix n’est pas sur la table », a dit Erekat. « Il n’y aura pas de paix sans Jérusalem-Est, capitale souveraine de l’état de Palestine. »

Erekat a accusé Trump de « faire chanter et de punir le peuple palestinien pour avoir combattu et cru en sa liberté et en ses droits de l’homme selon le droit international et les résolutions de l’ONU ». Il a ajouté que le président américain « pourrait acheter beaucoup de choses avec son argent, mais il ne pourra pas acheter la dignité de notre nation ».

« Ce n’est pas un jeu pour le peuple palestinien. Il s’agit de notre existence même qui continue d’être niée par Israël avec le soutien total des Etats-Unis », a-t-il dit, ajoutant que les Palestiniens continueraient à revendiquer la création d’un état alors que Trump alimente « l’anarchie internationale ».

Abbas lui-même a semblé douter du droit de l’État juif à exister dans un discours prononcé plus tôt ce mois-ci devant le Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Ramallah.

Dans son discours, Abbas a dépeint le sionisme comme un complot européen contre le peuple palestinien. Il a affirmé que l’Etat d’Israël a été formé comme « un projet colonial qui n’a rien à voir avec le judaïsme », pour sauvegarder les intérêts européens.

Le dirigeant palestinien a également suggéré que les Juifs d’Europe ont choisi de rester dans leur pays d’origine pendant l’Holocauste plutôt que d’émigrer.

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