Les actes antisémites en France ces dernières semaines
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Les actes antisémites en France ces dernières semaines

En 2018, 541 actes antisémites ont été recensés contre 311 l'année précédente, 335 en 2016 et 800 en 2015, selon les chiffres officiels

Une photo prise à Quatzenheim, France, le 19 février 2019 montre des croix gammées peintes sur le portail d'un cimetière juif, le jour d'une marche nationale contre la recrudescence des actes antisémites. - (Crédit : Frederick FLORIN / AFP)
Une photo prise à Quatzenheim, France, le 19 février 2019 montre des croix gammées peintes sur le portail d'un cimetière juif, le jour d'une marche nationale contre la recrudescence des actes antisémites. - (Crédit : Frederick FLORIN / AFP)

Plusieurs actes antisémites ont été commis ces dernières semaines en France, après un bond de 74 % des actes de cette nature constaté l’an dernier par rapport à l’année précédente.

En 2018, 541 actes antisémites ont été recensés contre 311 l’année précédente, 335 en 2016 et 800 en 2015, selon les chiffres officiels.

Tombes profanées en Alsace

Le 19 février, environ 80 tombes du cimetière juif de la ville alsacienne de Quatzenheim, au nord-ouest de Strasbourg (Est), sont découvertes profanées, annonce la préfecture du département, le Bas-Rhin, en condamnant un « acte antisémite odieux ».

Selon un photographe de l’AFP, les tombes ont été marquées à la bombe de croix gammées et une sépulture porte l’inscription « Elsassisches Schwarzen Wolfe » (« Les loups noirs alsaciens »), possible référence à un groupe autonomiste alsacien actif dans les années 1970.

Une photo prise à Quatzenheim le 19 février 2019 montre des svastikas peintes sur des tombes dans un cimetière juif, le jour d’une marche nationale contre une recrudescence des attaques antisémites. – (Crédit : Frederick FLORIN / AFP)

Le philosophe Finkielkraut injurié

Le samedi 16 février le philosophe Alain Finkielkraut, qui croise un défilé des « gilets jaunes » sur un boulevard parisien, après avoir raccompagné une proche chez elle, est violemment pris à partie par certains de ces citoyens qui protestent depuis trois mois contre la politique fiscale et sociale du gouvernement. Les injures fusent : « Barre-toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France, elle est à nous ». La police s’interpose. Le philosophe ne porte pas plainte mais le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

L’académicien qui avait exprimé sa solidarité avec les « gilets jaunes » au début de ce mouvement, puis critiqué ses leaders dans une interview au Figaro le jour des faits, précise que tous ne se sont pas montrés agressifs, l’un d’eux lui ayant proposé de se joindre au cortège tandis qu’un autre saluait son travail. Le soir même, sur BFM TV, il désigne comme « salafiste » l’un de ses agresseurs.

Croix gammée sur le visage de Simone Veil

Le 11 février, sur deux boîtes à lettres du sud-est de Paris, le visage de Simone Veil, dessiné par un artiste en hommage à l’ancienne ministre, grande figure européenne, qui avait été déportée à l’âge de 15 ans dans le camp d’Auschwitz-Birkenau, est découvert barré d’une croix gammée.

Le visage de Simone Veil taggué d’une croix gammée dans le 13e arrondissement, le 11 février 2019. (Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP)

– Arbre souvenir à Ilan Halimi scié –

Le même jour, un arbre dédié au souvenir d’Ilan Halimi, jeune homme de 23 ans décédé en 2006 après avoir été enlevé et torturé parce que juif, est découvert scié dans l’Essonne, dans la banlieue sud de Paris.

Hommage à Ilan Halimi, à Sainte-Genevieve-des-Bois, le 13 février 2019. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Tag sur le restaurant Bagelstein

Le 9 février au matin, les gérants du restaurant Bagelstein situé sur l’Ile-Saint-Louis, en plein cœur de la capitale, découvrent un tag « juden » (« juifs » en allemand), écrit, probablement dans la nuit, en lettres jaunes sur la vitrine.

Cofondateur de cette chaîne de ventes de bagels, Gilles Abecassis indique que d’autres restaurants de son enseigne ont déjà été ciblés par des inscriptions antisémites.

La vitrine du restaurant Bagelstein, avec le mot « Juden » (Crédit : capture d’écran)
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