Les candidats républicains unanimes contre l’accord nucléaire
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Les candidats républicains unanimes contre l’accord nucléaire

Lors du premier débat organisé par Fox News pour les primaires, Ted Cruz a promis de déménager l'ambassade à Jérusalem

Les candidats aux primaires du parti républicain pour l'éléction présidentielle de 2016 participent au premier débat organisé par Fox News et Facebook le 6 août 2015 à Cleveland, Ohio (Crédit photo: Scott Olson / Getty Images / AFP)
Les candidats aux primaires du parti républicain pour l'éléction présidentielle de 2016 participent au premier débat organisé par Fox News et Facebook le 6 août 2015 à Cleveland, Ohio (Crédit photo: Scott Olson / Getty Images / AFP)

Après des semaines d’attente, les Américains ont enfin pu voir jeudi soir, 10 des 17 prétendants républicains à l’élection présidentielle de 2016 participer au premier d’une série de débats organisés par Fox News.

Mais si les téléspectateurs attendaient de l’action sur le front de la politique étrangère, ils ont dû constater qu’il y avait peu de différence entre les candidats sur des sujets comme l’accord avec l’Iran, l’Etat islamique ou Israël.

Le gouverneur du Wisconsin Scott Walker, qui avait eu une présence discrète pendant la majeure partie du débat, a été le seul orateur a révéler ce qu’il comptait faire avec l’accord nucléaire de l’Iran s’il était élu en 2016.

« Résilier le contrat dès le premier jour, rétablir les sanctions avec l’appui du Congrès, et convaincre nos alliés à faire de même, » a répondu Walker lorsqu’on lui a demandé s’il allait tenir son engagement à « briser le pacte » le premier jour de son mandat.

Le sénateur à tendance libertaire Rand Paul a eu plus de mal à répondre aux questions de politique étrangère, essayant de concilier ses positions avec des positions plus populaires auprès de la base du Parti républicain.

« Je me suis opposé [à l’accord] et je voterai contre », a affirmé Paul. Il a ajouté qu’en tant que « conservateur de type Reagan, » il n’est pas opposé à des négociations sur le principe, mais qu’il « croit dans des négociations à partir d’une position de force. »

« Je ne pense pas que le président ait négocié à partir d’une position de force, mais je n’écarte pas les négociations », a-t-il expliqué.

« Obama a donné trop, trop tôt. S’il va y avoir un accord, vous devez croire que les Iraniens vont s’y conformer », a-t-il ajouté, en disant que le secrétaire d’État John Kerry lui a révélé qu’il ne faisait pas confiance à Téhéran. « Je n’aurai jamais levé les sanctions avant qu’il y ait des preuves cohérentes de conformité. »

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Posted by Fox News on Thursday, 6 August 2015

Paul a été interrogé plus tard sur ses déclarations antérieures dans lesquelles il demandait une réduction de l’aide étrangère à Israël – une position impopulaire auprès de certains républicains, en particulier la base chrétienne évangélique bien mobilisée.

Paul a répondu que sa critique ne provenait pas d’une opposition à Israël, mais était plutôt dûe à la dette nationale croissante qui était financée en empruntant de l’argent à la Chine.

« Israël est un grand allié et c’est sans animosité particulière envers Israël, mais vous ne pouvez pas emprunter de l’argent pour le donner à quelqu’un d’autre », a expliqué Paul.

« Nous ne devrions pas envoyer de l’argent à des pays qui brûlent notre drapeau, Israël n’est pas l’un d’entre eux », a ajouté Paul, et a affirmé que si les États-Unis avaient un excédent budgétaire, il ne s’opposerait pas à accorder de l’aide étrangère en Israël.

A part la clarification de Paul, la plupart des sujets de politique étrangère – et en particulier sur l’accord nucléaire de l’Iran – les candidats se faisaient écho l’un à l’autre.

L’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee a également vigoureusement critiqué l’accord avec l’Iran – bien que ses propos aient été considérablement édulcorés par rapport à ses déclarations antérieures dans lesquelles il a laissé entendre que le président Barack Obama ouvrait avec l’accord nucléaire la voie à une seconde Shoah.

« Reagan avait dit : ‘Faites confiance, mais vérifiez’. Obama croit dans la confiance, mais aussi dans la calomnie – faire confiance à nos ennemis et vilipender ceux qui ne sont pas d’accord avec vous, » a lancé malicieusement Huckabee. « Nous n’avons rien obtenu. Ils n’ont même pas libéré nos quatre otages. L’Iran a obtenu tout ce qu’il voulait ».

« Quand quelqu’un pointe une arme sur votre tête, vous devez prendre cela au sérieux, et par Dieu, je le prends au sérieux », a conclu Huckabee, mais, de même que Paul, il n’a pas précisé ce qu’il allait faire de l’accord s’il devait être élu.

Le favori des sondages et magnat de l’immobilier Donald Trump a lutté pour répondre de façon spécifique sur une question hypothétique concernant le voyage à Moscou du commandant iranien Qassem Suleimani, qui est actuellement toujours sous une interdiction internationale de voyage.

Interrogé sur ce qu’il ferait si un incident similaire arrivait durant son mandat, Trump a répondu : « Je serai tellement différent de ce que vous avez maintenant. Je serai à l’opposé. »

Comme il a pataugeait plus profondément dans la question – sans aborder la question spécifique de Suleimani ou les mesures qu’il prendrait pour y répondre – Trump a dérapé en critiquant la volonté d’Obama d’accepter « l’accord nucléaire avec des périodes de 24 heures » – un chiffre qu’il a répété plus tard dans sa réponse.

Bien que Trump n’ait pas précisé à quelles périodes il faisait allusion, il est probable qu’il faisait allusion au processus de 24 jours fixé par l’accord pour garantir l’accès à des sites iraniens soupçonnés d’être utilisés pour des acrivités nucléaires.

Le sénateur du Texas Ted Cruz, comme Trump, a tourné la question en un référendum sur la stratégie de politique étrangère d’Obama.

« Diriger depuis l’arrière est un désastre. Nous avons aliéné nos amis. Nos alliés et nos ennemis deviennent plus forts », a déclaré le sénateur qui s’est souvent plaint que l’administration Obama ne soutenait pas suffisamment Israël.

Cruz a abordé directement le sujet de Suleimani – pas ce qu’il aurait fait à propos de ses voyages – en affirmant que le général iranien était « directement responsable » de la mort de plus de 500 militaires américains en Irak.

« Nous avons besoin d’un nouveau commandant en chef qui tienne tête à nos ennemis et qui soit crédible, » a proclamé Cruz, citant pour exemple la décision de l’Iran de libérer les otages américains en 1981 le jour-même où Ronald Reagan a pris ses fonctions à la Maison Blanhe.

En guise de conclusion, Cruz a mis l’accent sur ses réussites en politique étrangère à côté de son conservatisme social, énumérant parmi les choses qu’il ferait immédiatement après être élu président l’annulation de l’accord nucléaire avec l’Iran et le déménagement de l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem – une déclaration qui lui a valu les applaudissements du public.

Quelques heures avant le débat, les autres candidats qui n’ont pas été choisis pour participer au panel des 10, ont également abordé l’accord avec l’Iran, qui est extrêmement impopulaire parmi les électeurs républicains.

« J’aurais préféré de loin que [ma collègue dans la candidature républicaine] Carly Fiorina mène les négociations plutôt que John Kerry », a déclaré le gouverneur du Texas Rick Perry, qui se bat pour obtenir un score comparable à sa campagne des primaires de 2012.

« La question pour nous est d’avoir un Congrès qui se lève et qui ne dise pas seulement ‘non’, ‘il n’en est pas question' », a-t-il ajouté.

Fiorina, une ancienne chef d’entreprise, a également critiqué le processus qui a mené à l’accord du 14 juillet.

« Obama a brisé toutes les règles de la négociation », s’est-elle plainte. « Certes, nos alliés ne sont pas parfaits mais l’Iran est par procuration au cœur de presque tous les maux qui frappent le Moyen-Orient. »

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