Les citoyens occidentaux détenus en Iran
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Les citoyens occidentaux détenus en Iran

Leurs soutiens les disent innocents et victimes d'un jeu politique qui ne les concerne pas

Illustration : des détenues iraniennes dans la section pour femmes de la prison d'Evin, à Téhéran, le 13 juin 2006. (Crédit : Atta KENARE/AFP)
Illustration : des détenues iraniennes dans la section pour femmes de la prison d'Evin, à Téhéran, le 13 juin 2006. (Crédit : Atta KENARE/AFP)

L’Iran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d’otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères.

Téhéran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, affirme avec force que toutes les personnes détenues ont été soumises à une procédure judiciaire appropriée. Mais il n’a pas non plus exclu des échanges avec des prisonniers détenus en Occident. 

Voici des cas de ressortissants étrangers emprisonnés, assignés à résidence ou incapables de quitter l’Iran, confirmés par les autorités iraniennes, des gouvernements étrangers ou des militants des droits de l’homme. 

Leurs soutiens les disent innocents et victimes d’un jeu politique qui ne les concerne pas. 

Des militants des droits humains craignent par ailleurs qu’il n’y ait davantage de cas, encore à confirmer.

États-Unis

– L’homme d’affaires irano-américain Siamak Namazi a été arrêté en octobre 2015. Le 3 avril dernier a marqué son 2 000e jour derrière les barreaux.

Son père Mohammad Baquer Namazi a été arrêté en février 2016 alors qu’il s’était rendu en Iran pour tenter de libérer son fils. 

Ils ont tous deux été condamnés à 10 ans en octobre 2016 pour espionnage. Baquer a été placé en résidence surveillé en 2018 pour raison de santé.

– Morad Tahbaz, un Irano-Américain également de nationalité britannique, a été arrêté aux côtés d’autres écologistes en janvier 2018 et condamné à 10 ans pour « conspiration avec l’Amérique ». 

– Karan Vafadari, membre irano-américain de la minorité zoroastrienne, a été arrêté en juin 2016 pour espionnage et libéré sous caution en juillet 2018. Il ne pouvait toujours pas quitter l’Iran. 

– L’investisseur irano-américain Emad Sharqi a été condamné à 10 ans de prison pour espionnage, ont rapporté les médias iraniens en janvier, ajoutant qu’il avait été capturé alors qu’il tentait de fuir le pays.

Royaume-Uni

Photo non datée fournie par la famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, binationale irano-britannique détenue en Iran. (Crédit : Famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe via AP, Archives)

– L’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée en avril 2016 après avoir rendu visite à sa famille et reconnu coupable de complot en vue de renverser le régime. Sa peine purgée elle est rentrée dans sa famille à Téhéran. Elle a été condamnée à une nouvelle peine d’un an de prison pour « propagande contre le système ».

– Anoosheh Ashoori, un ingénieur irano-britannique à la retraite, a été arrêté en août 2017 alors qu’il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage pour Israël, selon sa famille. 

– Le militant des droits des travailleurs anglo-iranien Mehran Raoof a été arrêté en octobre 2020 et maintenu en isolement cellulaire prolongé, selon Amnesty International.

Allemagne

Illustration : La prison d’Evin en Iran. (Crédit : CC BY-SA 2.0 Ehsan Iran/Wikipedia)

– Allemande et Iranienne, Nahid Taghavi, 66 ans, a été arrêtée en octobre 2020 et est depuis détenue à la prison Evin de Téhéran. Ses proches s’inquiètent de sa santé et sa famille a alerté en avril sur le fait qu’elle avait été renvoyée à l’isolement. 

– Jamshid Sharmahd, un dissident irano-allemand, a été capturé par l’Iran en août 2020, apparemment dans un pays voisin du Golfe, et accusé de terrorisme en lien avec un attentat meurtrier de 2008. Sa famille a rejeté les accusations.

France

Une pancarte avec un portrait de l’universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah, emprisonnée en Iran, devant la mairie de Paris, le 5 juin 2020. (Crédit : BERTRAND GUAY / AFP)

– L’universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah a été appréhendée en juin 2019. En mai 2020, elle a été condamnée à cinq ans de prison pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale ». En octobre, elle a été assignée à résidence. 

– Le Français Benjamin Brière a été arrêté en mai 2020. Selon son avocat, « ce touriste français » est notamment accusé d’espionnage pour « des photographies de zones interdites » prises avec un drone.

Autriche

– Irano-autrichien, Massud Mossaheb, 74 ans, a été arrêté en janvier 2019. Accusé d’espionnage au profit d’Israël et de l’Allemagne, il a été condamné à 10 ans de prison. Sa famille dit qu’il a contracté la COVID-19 cet hiver et craint pour sa santé. 

– L’homme d’affaires irano-autrichien Kamran Ghaderi, 56 ans, a été arrêté en janvier 2016 et condamné à dix ans de prison au mois d’août suivant pour avoir travaillé avec des États hostiles. Amnesty avait alors dénoncé un procès « manifestement inéquitable ».

Suède

– L’universitaire iranien Ahmadreza Djalali, un résident suédois, a été arrêté lors d’une visite en Iran en avril 2016 et condamné à mort en 2017 pour espionnage pour le compte du Mossad. Il a obtenu la nationalité suédoise pendant sa détention. En décembre, on craignait que son exécution soit imminente. La pendaison a été reportée mais sa famille dit qu’il est toujours dans le couloir de la mort.

– Habib Chaab, un dissident irano-suédois, a disparu lors d’une visite en Turquie en octobre 2020 et est actuellement en détention en Iran, accusé d’être une figure de proue d’un groupe séparatiste arabe. Les détails de sa détention restent flous et la Suède a déclaré en décembre qu’elle n’avait pas obtenu l’accès consulaire.

Canada

Abdolrasoul Dorri Esfahani, un Canado-Iranien et ancien négociateur nucléaire avec une expérience dans le secteur bancaire a été condamné en octobre 2017 à une peine de cinq ans de prison pour espionnage.

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