Les comités de lutte contre le racisme et l‘antisémitisme voient le jour en Corse
Ces comités doivent être instaurés dans tous les départements français afin de lutter contre les discriminations
En avril dernier, le Premier ministre français, Manuel Valls, annonçait la création de Comités Opérationnels de lutte contre le Racisme et l‘Antisémitisme (CORA).
Ces comités doivent voir le jour dans tous les départements français afin de lutter contre le racisme directement sur le terrain grâce aux acteurs déjà présents mais en leur donnant une aide matérielle et pédagogique.
Ce comité émanant du conseil départemental de prévention de la délinquance consiste en une collaboration des différents acteurs des départements et des communes tels que le préfet, le procureur de la République, les représentants de l’Éducation nationale dans les départements, le président du département et les maires.
Les missions de ce comité sont résumées en quatre points. Le comité doit d’abord « veiller à l’application des instructions du gouvernement en matière de lutte contre le racisme. »
Le comité doit également mettre en place une politique de prévention contre « toutes les formes de racismes » et définir « un plan d’action » en fonction des caractéristiques du département en question. Enfin, le comité devra faire un bilan des « actions mises en oeuvres ».
Le 28 janvier dernier, ce type de comité a été mis en place en Haute-Corse, rapporte France 3.
Il a été mis en place en Corse du Sud, lundi, en présence du délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Gilles Clavreul. Ce dernier rencontrera dans la foulée différentes associations et se rendra sur le terrain.
Mitraillage de deux commerces musulmans en Corse
Le Premier ministre français Manuel Valls a condamné mercredi le mitraillage dans la nuit d’une boucherie et d’une sandwicherie musulmanes dans une station balnéaire de Corse, plus d’un mois après des manifestations racistes sur cette île française de Méditerranée.
Plusieurs dizaines d’impacts de balles ont été relevés par les gendarmes sur les façades des deux commerces voisins dans le centre de Propriano.
Selon le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard, « des témoins ont indiqué avoir entendu deux séries de tirs en rafale ». Il s’agissait d’ « armes automatiques tirant du 9 mm », a-t-il précisé, ajoutant que « les dégâts sont minimes ».
Aucune inscription n’a été retrouvée sur place, et aucune revendication n’est parvenue aux enquêteurs, a encore indiqué le procureur.
Manuel Valls a dénoncé des « actes intolérables », qui « imposent notre condamnation unanime ». « La lutte contre le terrorisme vaut pour tous les actes de terrorisme » et le gouvernement entend « protéger tous les Français et condamner tous les actes racistes et antisémites », a souligné le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
Cet incident survient après de vives tensions sur l’île liées à la communauté musulmane.
Dans la nuit de Noël, des pompiers avaient été attaqués par une vingtaine de personnes armées de barres de fer et de battes de base-ball dans un quartier populaire d’Ajaccio, la principale ville de Corse, habité par un grand nombre d’immigrés.
Ces violences avaient déclenché une série de manifestations et de débordements racistes au cri de « On est chez nous ! », « Arabes dehors ! ». Les manifestants avaient en outre saccagé une salle de prière musulmane dans ce quartier, suscitant une condamnation générale.
La Corse, où les nationalistes ont remporté des élections régionales pour la première fois en décembre, compte la deuxième plus forte proportion de population étrangère (entre 8 et 10%) en France après la région parisienne.
Selon un rapport officiel publié en janvier, les actes antimusulmans ont plus que triplé en France l’an dernier, avec 429 faits recensés (124 actions et 305 menaces).