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En Israël, il y a eu une hausse d'environ 1,4 °C entre 1950 et 2017

Climat : Les conclusions alarmantes du dernier rapport du GIEC

Selon les scientifiques de l'ONU, malgré l'engagement de 2015 de limiter le réchauffement climatique à 1.5 degré Celsius, le risque de dépasser les 2 degrés est plus que probable

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Photo d'illustration : Un pompier pendant un incendie aux abords du village de Roqueiro, au Portugal, le 14 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Sergio Azenha, File)
Photo d'illustration : Un pompier pendant un incendie aux abords du village de Roqueiro, au Portugal, le 14 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Sergio Azenha, File)

La planète doit réduire de 60 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, en se basant sur les projections de 2019, si l’on veut éviter que les températures ne dépassent les 1,5 degrés Celsius maximum convenus en 2015 à Paris par différents pays, a déclaré lundi un groupe de scientifiques de haut niveau des Nations Unies.

« Le rythme et l’ampleur de ce qui a été fait jusqu’à présent, ainsi que les plans actuels, sont insuffisants pour lutter contre le changement climatique », a déclaré le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui vient de publier la synthèse de son sixième rapport, le sixième et dernier rapport en date du Groupe d’experts.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à l’interdiction du charbon et à supprimer son utilisation dans les pays riches d’ici à 2030 et dans les pays pauvres d’ici à 2040.

Les recommandations du groupe scientifique de l’ONU pour que le monde réduise de 60 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, comparé à celles de 2019, ont introduit un nouvel objectif qui n’avait encore jamais été évoqué dans les six rapports précédents du groupe depuis 2018.

« Les choix et les mesures mises en œuvre ces dix prochaines années auront des répercussions sur des milliers d’années », indique le document, qui qualifie le changement climatique de « menace pour le bien-être humain et la santé de la planète » et prévient que « la fenêtre d’opportunité garantissant un avenir durable et digne d’être vécu se referme rapidement pour tout le monde ».

La planète s’est déjà réchauffée de 1,1 degré Celsius depuis que l’humanité a commencé à brûler des combustibles fossiles à l’échelle industrielle au cours du XIXe siècle.

Photo illustrant les effets de la sécheresse. (Crédit : piyaset, 18 octobre 2019, iStock de Getty Images)

Selon le rapport, si la planète continue sur sa lancée actuelle et d’après les plans prévus en matière de combustibles fossiles, les hausses de température dépasseront les 2 degrés Celsius.

Les plans n’avaient pas pris en compte les tendances mondiales qui ont vu une augmentation de l’utilisation des combustibles fossiles depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord est considérée comme un point chaud du climat.

Des militants pour le climat protestant contre le forage offshore, sur la plage de Tel Aviv, le 13 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

En Israël, les températures ont augmenté d’environ 1,4 degré Celsius entre 1950 et 2017, avec une hausse particulièrement remarquable et prononcée ces 30 dernières années, selon le professeur Yoav Yair, doyen de la School of Sustainability de l’université Reichman d’Herzliya.

La ministre de l’Environnement, Idit Silman, a déclaré que le nouveau rapport du GIEC soulignait la nécessité pour Israël de promulguer une loi sur le climat et de fixer des objectifs en matière d’émissions. Les accords de coalition prévoient de réduire les émissions de moitié d’ici à 2030.

Israël est toutefois à la traîne en ce qui concerne ses engagements, puisqu’il a promis de produire 30 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030, avec des objectifs intermédiaires qui prévoyaient d’atteindre 10 % d’ici à 2020.

La ministre de l’Environnement, Idit Silman, s’exprimant lors d’une conférence sur l’énergie, à Tel Aviv, le 13 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Seulement 9,2 % de l’électricité était verte à la fin de l’année dernière, selon un rapport présenté en janvier à la commission de l’Économie de la Knesset.

Noga Kronfeld-Shor, scientifique en chef du ministère de l’Environnement, a déclaré qu’il serait difficile de ne pas franchir le seuil des 2 degrés Celsius.

« La lutte contre le réchauffement climatique nécessite la mobilisation et la coopération de tous les secteurs, un engagement politique, un financement, le développement de technologies et de capacités nouvelles et respectueuses de l’environnement, ainsi qu’un profond changement de comportement, du niveau individuel au niveau gouvernemental, en passant par des collaborations au niveau international », a-t-elle déclaré. « Un tel changement ne sera possible que par une mobilisation à grande échelle de l’éducation ainsi que par l’utilisation d’outils réglementaires et économiques, et c’est maintenant qu’il faut le faire. »

La scientifique en chef du ministère de l’Environnement, le professeur Noga Kronfeld-Schor, à gauche, et la ministre sortante de l’Environnement, Tamar Zandberg, lors d’une session sur la préparation au dérèglement climatique au pavillon israélien, à la conférence sur le climat de l’ONU COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte, 17 novembre 2022. (Crédit : Ministère de l’Environnement)

L’organisation de défense de l’environnement Adam Teva V’Din a déclaré qu’Israël avançait actuellement dans la mauvaise direction, ne se préparant pas au changement climatique et ne réduisant pas la pollution de l’air, responsable de milliers de décès chaque année.

Alors qu’une loi sur le climat existe en théorie, le gouvernement actuel se concentre davantage sur l’affaiblissement du ministère de l’Environnement, a déclaré l’organisation.

La Société pour la protection de la nature en Israël a demandé au gouvernement d’accepter de réduire de moitié les émissions d’ici à 2030, de geler immédiatement le quatrième appel d’offres pour l’exploration des combustibles fossiles en mer Méditerranée, d’accélérer l’installation d’infrastructures d’énergie renouvelable, en particulier dans les zones bâties, et de veiller à ce qu’au moins 30 % des habitats terrestres et marins soient protégés d’ici à la fin de la décennie.

Sur cette image prise par un drone, une piscine résidentielle est suspendue au flanc d’une falaise après un glissement de terrain à San Clemente, en Californie, le 16 mars 2023. (Crédit : Jae C. Hong/AP)

Voici quelques-unes des conclusions du rapport du GIEC :

– La température à la surface du globe a augmenté plus rapidement depuis 1970 qu’au cours de n’importe quelle autre période de 50 ans ces 2 000 dernières années, au moins.

– L’élévation du niveau de la mer s’est également accélérée, passant d’une moyenne de 1,3 millimètre par an entre 1901 et 1971 à 3,7 millimètres entre 2006 et 2018.

– Avec la hausse du réchauffement, les cyclones tropicaux s’intensifieront, tout comme l’aridité et les incendies, et les phénomènes extrêmes liés au niveau de la mer, qui se produisent actuellement une fois par siècle, se produiront au moins une fois par an dans plus de la moitié des stations de surveillance du niveau de l’eau d’ici à 2100.

– De 3,3 à 3,6 milliards de personnes sont aujourd’hui très vulnérables au changement climatique, les résidents urbains économiquement et socialement marginalisés souffrent de manière disproportionnée des effets du changement climatique.

– Des centaines d’espèces ont disparu et certains dommages causés aux écosystèmes par le climat sont presque irréversibles, par exemple lors du dégel du pergélisol arctique.

– Le réchauffement et l’acidification des océans ont déjà endommagé les pêcheries et la conchyliculture.

– Les maladies liées au climat ont augmenté.

– Les dérèglements climatiques et météorologiques sont la cause d’un nombre croissant de mouvements de population en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Le rapport contient toutefois quelques bonnes nouvelles aussi. Il fait état de progrès dans les mesures prises pour faire face au changement climatique dans tous les secteurs et dans toutes les régions. Ces mesures comprennent des améliorations en matière de cultures, de gestion et de stockage de l’eau dans les exploitations agricoles, de conservation de l’humidité des sols, d’irrigation, de gestion durable des terres, d’écologisation des villes, de restauration des zones humides et des écosystèmes forestiers afin de réduire les risques d’inondation ainsi que le réchauffement des zones urbaines, de systèmes d’alerte précoce et de dispositifs de protection sociale.

Des personnes marchent dans les eaux de crue après de fortes pluies à Hadeja, au Nigéria, le 19 septembre 2022. (Crédit : AP)

Toutefois, selon le rapport, des obstacles majeurs subsistent, parmi lesquels on peut citer un engagement politique insuffisant, un financement inadéquat, une piètre connaissance du climat, l’absence de sentiment d’urgence et des écarts importants entre les pays développés et les pays en développement, ces derniers souffrant de manière disproportionnée des politiques des premiers en matière d’émissions de carbone.

Le GIEC publie des évaluations scientifiques complètes tous les six ou sept ans. Le précédent, le cinquième de ces rapports a été finalisé en 2014 et a servi de base scientifique à l’Accord de Paris.

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