Les conducteurs de trains en arrêt maladie, malgré l’accord d’arrêter la grève
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Les conducteurs de trains en arrêt maladie, malgré l’accord d’arrêter la grève

Le syndicat des travailleurs nie l'accusation de la direction selon laquelle il poursuit discrètement l'action syndicale dans le conflit sur les heures de travail des conducteurs

Un train traverse la région d'Emek Hefer, en Israël, le 24 juin 2013. (Moshe Shai/FLASH90)
Un train traverse la région d'Emek Hefer, en Israël, le 24 juin 2013. (Moshe Shai/FLASH90)

Plusieurs conducteurs de train se sont fait porter malades mercredi matin. La direction des Chemins de fer israéliens a prétendu que c’était la poursuite non officielle d’une grève, dont les employés avaient accepté de mettre fin la veille.

Le syndicat des travailleurs des chemins de fer israéliens, qui avait auparavant demandé au personnel de restreindre la circulation des trains de diverses manières, notamment en prenant des congés maladie, a nié qu’il était derrière la vague d’absentéisme.

Dans le cadre du conflit de travail en cours, les conducteurs de train exigent que des mesures soient prises pour réduire leur charge de travail, qui devrait augmenter à mesure que le réseau ferroviaire du pays connaîtra une expansion planifiée depuis longtemps.

Les chemins de fer israéliens ont dit dans un communiqué que le syndicat « continue [la grève] et nuit aux passagers ».

La Douzième chaîne de télévision a publié une capture d’écran, apparemment à partir d’un système de suivi du personnel, qui montrait que trois conducteurs avaient notifié qu’ils ne viendraient pas pour cause de maladie, le tout en une minute. Quelques minutes plus tard, un autre conducteur a signalé qu’un remplaçant ne s’était pas présenté.

« Si l’action illégale du syndicat se poursuit, il n’y aura pas d’autre choix que d’annuler les trains de voyageurs », a déclaré le communiqué, notant que les gestionnaires s’efforçaient de maintenir les services normaux en puisant du personnel des autres secteurs de la société pour combler les postes de conducteur absent. Il a conseillé aux passagers de se tenir au courant via le site Web des chemins de fer israéliens et l’application téléphonique.

« Malgré l’annonce de la Histadrout [fédération travailliste] de la fin des mouvements de grève, le syndicat des travailleurs est revenu ce matin à ses anciennes pratiques », a déclaré un communiqué des chemins de fer israéliens, faisant référence à un engagement pris mardi par la Histadrout de cesser les actions visant les trains de voyageurs et de marchandises.

Le syndicat a déclaré qu’il continuerait d’appliquer d’autres mesures contre les travaux d’infrastructure et la formation du personnel à mesure que le conflit de travail s’éternise.

Le syndicat a réagi mercredi en niant qu’il prenait délibérément des actions de grève et en accusant la direction de mener une campagne de diffamation.

« Une fois de plus, la direction des chemins de fer choisit de commencer une querelle et de calomnier les travailleurs », a déclaré le syndicat dans un communiqué. « Tous les trains fonctionnent et il n’y a pas d’ordre du syndicat de s’absenter du travail. Depuis hier, toutes les circulations – trains de voyageurs et trains de marchandises – sont revenues à la normale. Les restrictions prises sur d’autres sites [des chemins de fer israéliens] n’ont pas d’impact sur l’exploitation des trains. »

Les voies ferrées et l’autoroute Ayalon dans le centre de Tel Aviv, avec les tours Azrieli en toile de fond, le 18 décembre 2017. (Miriam Alster/Flash90)

Lors d’une réunion mardi entre des représentants de la Histadrout, du syndicat des travailleurs des chemins de fer israéliens et du syndicat des travailleurs des transports en général, il a été convenu de mettre fin à deux jours d’arrêts de travail qui avaient réduit les activités des transports de voyageurs et de marchandises. En annonçant ce nouvel accord, la Histadrout a déclaré qu’elle se tournerait vers les tribunaux du travail et lui demanderait de statuer sur le conflit de travail des conducteurs.

Mardi également, les Chemins de fer israéliens ont déclaré qu’ils déposeraient une plainte auprès de la police contre les membres du syndicat en raison des conducteurs qui, à l’échelle nationale, ont fait bloquer les trains pendant cinq minutes en guise de grève après le départ des dirigeants qui ont mis un terme aux discussions plus tôt ce jour-là.

Les Chemins de fer israéliens ont déclaré que l’action était « un abus de pouvoir, un abus de confiance et une perturbation pour toute la population active » et constituait une « prise en otage » de dizaines de milliers de passagers bloqués dans des trains immobilisés.

A l’approche des élections nationales du 9 avril, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a utilisé les grèves des trains pour attaquer un membre important de son principal rival électoral, le parti Kakhol lavan, avertissant mardi que si Avi Nissenkorn, président de l’organisation générale des travailleurs, la Histadrout, devient ministre des Finances, cela provoquerait des grèves générales dans tout le pays.

M. Nissenkorn a répondu que M. Netanyahu, qui est Premier ministre depuis dix ans, « cherchait un bouc émissaire pour les échecs de son propre leadership et pour son incapacité honteuse et celle du ministre des Transports à gérer les transports publics du pays », en disant que la crise actuelle avait ses origines dans le gouvernement Netanyahu qui ne s’est pas doté de suffisamment de rames pour satisfaire une demande croissante.

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