Les dirigeants palestiniens déplorent la perte du “camarade” Castro
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Les dirigeants palestiniens déplorent la perte du “camarade” Castro

Le camarade de lutte contre "l’impérialisme sioniste" Fidel Castro est mort à l'âge de 90 ans ; le monde entier a réagi à son décès

Le dirigeant cubain Fidel Castro à La Havane, en 1978. (Crédit : Marcelo Montecino/Flickr/CC BY-SA 2.0/WikiCommons)
Le dirigeant cubain Fidel Castro à La Havane, en 1978. (Crédit : Marcelo Montecino/Flickr/CC BY-SA 2.0/WikiCommons)

Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé vendredi soir à La Havane à l’âge de 90 ans, a annoncé son frère Raul, qui lui a succédé au pouvoir en 2006.

« Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir », a annoncé Raul Castro en lisant une déclaration sur l’antenne de la télévision nationale.

« L’organisation de l’hommage funèbre qui lui sera donné sera précisée » ultérieurement, a-t-il ajouté dans cette brève allocution conclue par un tonitruant : « Jusqu’à la victoire, toujours ! » (Hasta la victoria, siempre), phrase bien connue du Comandante.

Le « Lider Maximo », qui a dirigé son île d’une main de fer depuis la révolution de 1959 et défié la superpuissance américaine pendant plus d’un demi-siècle, avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale.

Raul Castro (Crédit : Wikipedia/Creative Commons)
Raul Castro (Crédit : Wikipedia/Creative Commons)

Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.

L’ex-président cubain avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé.

Mais depuis un an et demi, même si ses déplacements restaient limités, il avait recommencé à publier des « réflexions » et s’était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.

Son décès, qui survient à peine deux ans après l’annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d’octobre 1962.

Les dirigeants palestiniens ont rendu hommage samedi à Castro, un partisan de longue date de la cause palestinienne et camarade de lutte contre « l’impérialisme sioniste ».

Castro a été salué par différents groupes de l’Autorité palestinienne pour son étroite relation avec le dirigeant palestinien décédé Yasser Arafat, et son soutien précoce à la « résistance armée » contre Israël.

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un groupe terroriste palestinien de mouvance socialiste et laïque, a été l’une des premières organisations à déplorer la mort de Castro, dans un communiqué qui a rendu hommage au dirigeant cubain pour son soutien « constant aux peuples opprimés dans le monde dans leur confrontation contre l’impérialisme, le sionisme, le racisme et le capitalisme. »

« Cuba a été aux côtés du peuple palestinien et de son mouvement de libération dans tous les aspects de la lutte internationale, en construisant une alliance révolutionnaire pour un mouvement collectif contre l’impérialisme, le colonialisme, et sa manifestation spécifique en Palestine, le sionisme », a déclaré le FPLP dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

« Le sionisme a été une arme cruciale de l’oppression raciste, un fait reconnu par Fidel Castro et le peuple et l’Etat cubain. »

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a salué un « défenseur acharné […] de la justice dans le monde. »

Le Conseil national de Palestine, l’union palestinienne démocratique et le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) ont également publié des communiqués déplorant la mort de l’icône révolutionnaire.

Le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole durant une conférence dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 1er octobre 2016. (Crédit :  AP/Majdi Mohammed)
Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole durant une conférence dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 1er octobre 2016. (Crédit : AP/Majdi Mohammed)

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, le secrétaire général du FDLP, Nayif Hawatmeh, a déclaré samedi que « le départ du camarade, du dirigeant, de l’ami, du grand révolutionnaire, du patriote et du nationaliste Fidel Castro est une grande perte pour toutes les forces révolutionnaires et nationalistes dans le monde. »

Castro était un fervent partisan de l’auto-détermination palestinienne, et a souvent critiqué durement les politiques d’Israël à l’égard des Palestiniens.

En 1973, suite à la guerre de Kippour, Castro avait unilatéralement rompu les relations diplomatiques avec Israël alors qu’il cherchait à renforcer ses relations avec les états arabes au sein du Mouvement des non-alignés.

Castro a développé des relations personnelles et diplomatiques avec Arafat, et, pendant une visite en 1974 à La Havane, avait remis au dirigeant palestinien la médaille de la baie des Cochons, l’une des plus hautes décorations du pays, pour sa « lutte contre l’impérialisme, le colonialisme et le néo-colonialisme. »

Dans les années 1980, le Cuba de Castro avait soutenu l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et fourni un soutien militaire au Fatah, et avait entraîné les terroristes palestiniens pendant la première intifada en 1987.

En 2014, il avait accusé Israël de commettre un « Holocauste palestinien à Gaza », et décrit l’offensive militaire contre le Hamas et les groupes terroristes de l’été 2014 comme une « nouvelle forme répugnante de fascisme ».

Pendant un bref moment de conciliation, Castro avait cependant déclaré en 2010 au journaliste américain Jeffrey Goldberg, de The Atlantic, qu’Israël avait « sans aucun doute » le droit d’exister en tant qu’Etat juif, et qu’il n’avait « rien d’autre que de la compassion » pour la persécution des juifs dans l’histoire.

Le président cubain Fidel Castro devant la 6e session du parlement cubain à La Havane, le 22 décembre 2005. (Crédit : AFP/Antonio Levi)
Le président cubain Fidel Castro devant la 6e session du parlement cubain à La Havane, le 22 décembre 2005. (Crédit : AFP/Antonio Levi)

Les responsables du monde entier ont réagi à la mort du révolutionnaire cubain, en allant de l’hommage rendu au « géant de l’Histoire » qui s’est opposé à l’impérialisme américain aux réactions aux actes du « dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple ».

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, a déclaré que « sous l’ancien président Castro, Cuba a fait des avancées dans les domaines de l’éducation, de l’alphabétisation et de la santé. »

Le président américain Barack Obama a pour sa part affirmé que « l’Histoire jugera de l’impact énorme » de Fidel Castro, tandis que Donald Trump, le président élu des Etats-Unis, a déclaré qu’il était « un dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple. »

Vladimir Poutine, le président russe, a dit que « cet homme d’Etat émérite est à juste titre considéré comme le symbole d’une époque de l’Histoire moderne du monde. » Le président chinois, Xi Jinping, a assuré que « le camarade Castro vivra éternellement. »

Le pape François quitte Rome pour son voyage au Moyen Orient, en mai 2014. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)
Le pape François quitte Rome pour son voyage au Moyen Orient, en mai 2014. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)

Le pape François fait savoir dans un télégramme qu’il adressait des « prières au Seigneur pour son repos ».

Narendra Modi, Premier ministre indien, a estimé que Castro a été « l’une des personnalités les plus iconiques du XXe siècle. »

Pour Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, il fut « une des figures historiques du siècle passé » et « le monde a perdu un homme qui était pour beaucoup un héros. »

Robert Fico, le Premier ministre slovaque dont le pays préside actuellement l’Union européenne, a déclaré que « Cuba n’a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui à tort ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage. »

Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie de l’Union européenne, a réagi en déclarant qu’il a été « un homme de détermination et une figure historique. »

Le président français François Hollande (au centre) après avoir dévoilé une plaque commémorative devant le café Comptoir Voltaire sur le Boulevard Voltaire à Paris, le 13 novembre 2016. (Crédit : Pool/Christophe Petit Tesson)
Le président français François Hollande (au centre) après avoir dévoilé une plaque commémorative devant le café Comptoir Voltaire sur le Boulevard Voltaire à Paris, le 13 novembre 2016. (Crédit : Pool/Christophe Petit Tesson)

Le président socialiste français François Hollande a souligné que Castro « avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées », et a réclamé une levée totale de l’embargo contre Cuba.

Pour Mariano Rajoy, le chef conservateur du gouvernement espagnol, il avait « une stature historique ». Le roi d’Espagne, Felipe VI, a noté qu’il était « une figure d’une indéniable importance historique ».

Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, a déclaré que les Canadiens « s’associent au peuple de Cuba dans le deuil après la perte d’un leader remarquable », et l’a également qualifié de « leader plus grand que nature ».

Nicolas Maduro, le président socialiste du Venezuela, a exhorté « tous les révolutionnaires du monde [à] poursuivre son héritage et reprendre le flambeau de l’indépendance, du socialisme, de la patrie humaine. »

Bashar el-Assad, le président syrien, a déclaré que « sa résistance était devenue légendaire et a inspiré les leaders et les peuples dans le monde entier. »

US legislators have asked Bolivian President Evo Morales to intervene in a case that has resulted in corruption charges against his own officials. (Photo credit: CC BY/Sebastian Baryli via Flickr.com)
Evo Morales, le président bolivien. (Crédit : CC BY/Sebastian Baryli via Flickr.com)

Evo Morales, président bolivien, a caractérisé Castro de « géant de l’Histoire » qui a défendu « la dignité des peuples du monde ».

Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de l’Union africaine, a jugé que « le Commandant Fidel Castro était un vrai révolutionnaire qui a aidé à la libération et au développement socio-économique de l’Afrique et des pays en développement. »

Pour Jacob Zuma, « le président Castro s’est identifié avec notre combat contre l’apartheid », a rappelé le chef de l’Etat sud-africain.

Raila Odinga, le chef de l’opposition au Kenya, a déclaré que Castro était « une des plus remarquables personnalités du XXe siècle ». Odinga avait prénommé son fils aîné, mort récemment, Fidel en son honneur.

Charles Michel, le Premier ministre belge, a déclaré qu’ « une page importante de l’histoire politique mondiale se tourne », et qu’il s’agit d’ « un terme définitif à la Guerre froide ».

Alexis Tsipras, le Premier ministre grec de gauche radicale, a lancé « adieu commandant – Jusqu’à la victoire pour toujours des peuples ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant une conférence de presse, le 15 juillet 2015. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant une conférence de presse, le 15 juillet 2015. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, a jugé que Castro était « une personnalité unique qui a combattu contre le colonialisme et l’exploitation », « un modèle des luttes pour l’indépendance des nations opprimées ».

Rodrigo Duterte, le président philippin, a estimé qu’il s’est illustré en « se levant contre l’ouest et l’impérialisme ».

Pour la légende du football Diego Maradona, « c’est une journée horrible. On m’a annoncé la mort de celui qui était le plus grand, sans aucun doute […]. Je suis terriblement triste, parce qu’il était pour moi comme un second père ».

Amnesty international a déclaré que « les accomplissements de Fidel Castro, qui a ouvert l’accès aux services publics à des millions de Cubains, ont été contrebalancés par une répression systématique des libertés fondamentales […]. »

Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président soviétique, a jugé que « Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur. »

Le dirigeant cubain Fidel Castro et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva devant le Monument de José Martí à La Havanne, Cuba, en septembre 2003. (Crédit : Agência Brasil/CC BY 3.0/WikiCommons)
Le dirigeant cubain Fidel Castro et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva devant le Monument de José Martí à La Havanne, Cuba, en septembre 2003. (Crédit : Agência Brasil/CC BY 3.0/WikiCommons)

Pour l’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, il a été « un des hommes politiques contemporains les plus importants ».

L’agence de presse officielle du Vietnam a déclaré qu’il fut « le brillant miroir des mouvements d’indépendance et révolutionnaires des nations d’Amérique latine et du monde.

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