Les enseignants reportent la grève de deux jours, permettant une rentrée à temps
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Les enseignants reportent la grève de deux jours, permettant une rentrée à temps

Mais le syndicat prévient que si aucune solution n'est trouvée pour le personnel enseignant à haut risque, des actions syndicales seront lancées plus tard dans la semaine

Des élèves de première année et leurs parents dans une classe avant la rentrée à l'école Orot Etzion, dans l’implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 30 août 2020. (Gershon Elinson/Flash90)
Des élèves de première année et leurs parents dans une classe avant la rentrée à l'école Orot Etzion, dans l’implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 30 août 2020. (Gershon Elinson/Flash90)

Le syndicat des enseignants israéliens doit repousser à la fin de la semaine une grève imminente qui menaçait d’empêcher la rentrée scolaire, donnant au gouvernement quelques jours supplémentaires pour négocier une solution pour le personnel enseignant à haut risque face au coronavirus, a entendu le tribunal du travail lundi.

Le syndicat a déclaré au tribunal qu’il ne fera pas grève mardi, le jour de la rentrée scolaire, et qu’il engagera des « pourparlers intensifs » avec les officiels du gouvernement.

Le syndicat a déclaré qu’aucune solution n’avait été trouvée pour les employés considérés comme étant à haut risque face au virus, en particulier les enseignants du primaire et les 1 500 employés des jardins d’enfants.

Si aucun compromis n’est trouvé, la grève débutera le jeudi 3 septembre, a déclaré le syndicat. Il réclame le versement de l’intégralité des indemnités de maladie pour les personnes incapables de travailler en raison de la pandémie, alors que le Trésor propose de mettre au chômage technique ces membres du personnel ou de les autoriser à prendre leur retraite.

Le syndicat a suggéré qu’ils soient plutôt réaffectés pour enseigner à distance aux enfants à haut risque qui ne peuvent pas aller à l’école ou à la maternelle, ou que les médecins leur délivrent le certificat nécessaire pour utiliser leurs jours de maladie pour rester à la maison. Cette idée a été rejetée par le ministère de l’Education, ont rapporté les médias israéliens.

Des Israéliens achètent des fournitures scolaires dans un magasin du centre de Jérusalem, avant le début de la nouvelle année scolaire, le 30 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’État a déclaré qu’il accepterait que les enseignants à risque soient autorisés à prendre des congés sans solde pendant les deux premiers mois de l’année scolaire. Pendant cette période, ils devront se faire examiner par un médecin afin de déterminer leur niveau de risque. Ceux qui sont jugés aptes à travailler seraient autorisés à revenir.

Les enseignants et le personnel des jardins d’enfants jugés trop exposés au risque d’infection seraient payés pour les deux mois précédents à 67,5 % de leur salaire standard. Au cours des semaines suivantes, des négociations auront lieu pour convenir d’un plan de retraite anticipée pour ces enseignants. L’État a l’intention d’allouer quelque 30 millions de NIS (8,9 millions de dollars) pour financer ce plan.

Le syndicat des enseignants a déclaré au tribunal que la proposition de l’État n’était « pas assez claire » et que le syndicat donnerait donc aux fonctionnaires quelques jours de plus pour mener des négociations.

Entre-temps, le comité national des parents a exprimé son mécontentement quant au projet du ministère de l’éducation de rouvrir les écoles dans le cadre d’un système de « capsules » pour les classes supérieures, qui pourrait ne voir certains enfants à l’école que deux jours par semaine.

Lundi également, l’ancien directeur général du ministère de la Santé, Gabi Barbash, a déclaré au radiodiffuseur public Kan qu' »aucun pays normal dans le monde n’oserait faire fonctionner le système éducatif avec un taux d’infection de 2 000 personnes par jour ».

« Le leadership [politique] est trop attentif à ce que le public veut et non à ce dont il a besoin et, par conséquent, des décisions sont prises qui rendent difficile la gestion de la crise », a déclaré Barbash, qui était l’un des principaux candidats au poste de responsable de la gestion du coronavirus, finalement attribué à Ronni Gamzu.

Pr Gabi Barbash, ancien directeur général du centre médical Sourasky de Tel Aviv, le 7 avril 2020. (Chaîne 12)

Le ministère de l’Education essuie des critiques concernant le fait que le système éducatif n’est pas préparé aux nouvelles restrictions imposées par la pandémie. La réouverture rapide des écoles en mai a été rendue responsable de la résurgence du virus, qui avait presque disparu alors que les écoles étaient fermées et le pays verrouillé.

Les cours se dérouleront conformément au plan « Enseignement sûr » du ministère de l’Education, qui a été élaboré en réponse à la pandémie et qui prévoit des classes complètes pour les deux premières années, des capsules – des petits groupes – pour les troisième et quatrième années, ainsi qu’un enseignement à distance de la cinquième à la douzième année.

Le projet de loi visant à accorder des fonds aux écoles pour faire face à la pandémie n’a pas été soumis au vote prévu de la Knesset la semaine dernière, la coalition n’ayant apparemment pas réussi à réunir suffisamment de législateurs pour soutenir le projet de loi avant une semaine de vacances d’été.

Le vote sera désormais reporté à la rentrée scolaire. La commission des finances a déjà approuvé la législation, qui s’élève à 1,75 milliard de NIS pour les écoles.

Israël fonctionne sans budget 2020, ce qui signifie que les ministères doivent utiliser les chiffres du budget 2019, qui ne couvrent pas la pandémie, alors même que les écoles et autres institutions sont aux prises avec les dépenses liées à la lutte contre le coronavirus.

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