Les Etats du Golfe sur le point de signer un pacte de non-agression avec Israël?
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Les Etats du Golfe sur le point de signer un pacte de non-agression avec Israël?

Selon Hamad ben Jassem al-Thani, ex-Premier ministre du Qatar, cette mesure fait suite aux déclarations du ministre des Affaires étrangères Katz sur les liens avec les pays arabes

L'ancien Premier ministre qatari Hamad ben Jassem al-Thani. (CC-BY-SA World Economic Forum, Wikimedia Commons)
L'ancien Premier ministre qatari Hamad ben Jassem al-Thani. (CC-BY-SA World Economic Forum, Wikimedia Commons)

Un ancien haut fonctionnaire qatari semble indiquer qu’Israël est sur la bonne voie pour signer un pacte de non-agression avec les pays du Golfe.

Le tweet de Hamad ben Jassem al-Thani, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, arrive quelques semaines après le dévoilement du plan de paix du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient et quelques mois après que le ministre israélien des Affaires étrangères Israel Katz a confirmé que Jérusalem travaillait sur de tels traités avec les pays arabes.

« Le 14 décembre dernier, j’ai publié un tweet, dans lequel je parlais de l’affaire du siècle », a tweeté Hamad dimanche. « J’ai dit qu’il serait annoncé au début de cette année. Maintenant, un pacte de non-agression entre Israël et les pays du Conseil de coopération du Golfe, ainsi que l’Égypte, la Jordanie et peut-être le Maroc, va suivre ».

Il a ajouté qu’il n’était « pas contre la signature d’un pacte de non-agression après l’obtention de résultats clairs dans le processus de paix », mais a mis en garde les États arabes contre des mesures de conciliation qui renforceraient l’image de Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu sans faire avancer leurs propres intérêts.

Le président américain Donald Trump (à droite) lors d’une réunion bilatérale élargie avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 27 janvier 2020, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. (Photo officielle de la Maison Blanche par D. Myles Cullen)

Cependant, il n’était pas clair que la remarque de l’ancien fonctionnaire était basée sur des éléments concrets. Il n’a pas précisé sa source et il est possible qu’il ait simplement formulé une hypothèse.

On ne savait pas non plus pourquoi la Jordanie et l’Égypte signeraient un pacte de non-agression avec Israël alors qu’elles ont des accords de paix et une coopération de haut niveau en matière de sécurité avec l’État juif.

Néanmoins, l’analyste de la Douzième chaîne de télévision, Ehud Yaari, a estimé mercredi que la remarque de Hamad – combinée à des remarques antérieures de responsables arabes, à une réunion que Netanyahu a récemment eue avec le leader soudanais de transition Abdel Fattah al-Burhane, et au renvoi par la Tunisie de son ambassadeur à l’ONU en raison d’un discours trop critique à l’égard du plan de paix Trump – indique que les Etats du Golfe et d’autres Etats arabes et musulmans ont « opéré un demi-tour sur la voie de l’annulation de l’état de guerre avec Israël ».

En octobre, M. Katz a confirmé qu’il avait fait progresser des traités de non-agression avec plusieurs pays arabes du Golfe, une démarche « historique » qui, selon lui, pourrait mettre fin au conflit entre Jérusalem et ces États.

Récemment, j’ai encouragé, avec le soutien du Premier ministre, une initiative diplomatique visant à signer des « accords de non-agression » avec les États arabes du Golfe », a écrit M. Katz sur Twitter à l’époque.

M. Katz, qui est également ministre du Renseignement, a déjà rencontré au moins deux fois de hauts responsables arabes : début juillet, il a rencontré un haut responsable émirati non nommé lors d’une visite dans la ville d’Abou Dhabi, dans le Golfe, et plus tard ce mois-là, il a partagé une photographie avec le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Khalid bin Ahmed Al Khalifa, lors d’un événement organisé par le Département d’État américain à Washington. Il s’agissait d’un rare exemple de rencontre entre un haut fonctionnaire arabe et une haute personnalité israélienne.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz prononce un discours lors de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre 2019 au siège des Nations Unies à New York. (Johannes EISELE / AFP)

En novembre 2018, M. Katz s’est rendu à Oman pour assister à une conférence internationale sur les transports. « A mon avis, la coopération entre Israël et les Etats du Golfe peut et doit être étendue », avait-il déclaré à l’époque. « Israël a également beaucoup à offrir en matière de dessalement de l’eau et d’irrigation, d’agriculture et de médecine. »

Dans son discours à l’ONU en septembre, M. Katz a souligné qu’Israël « a une politique claire pour faire progresser les relations et la normalisation avec les États arabes du Golfe.

« Nous n’avons aucun conflit avec les Etats du Golfe, et nous avons des intérêts communs dans le domaine de la sécurité contre la menace iranienne ainsi que dans le développement de nombreuses initiatives civiles communes », avait-il déclaré.

« Israël a beaucoup de compétences dans de nombreux domaines, dont le high-tech, l’innovation, l’agriculture et la technologie de l’eau, qui peuvent aider les Etats du Golfe, et les Etats du Golfe ont beaucoup de compétences qui peuvent aussi aider Israël », avait-il fait remarquer. « J’espère que cette coopération conduira à la signature d’accords de paix entre nos pays, comme nous l’avons fait avec l’Égypte et la Jordanie ».

En août, M. Katz a déclaré qu’il était réaliste de s’attendre à des accords de paix officiels avec les États sunnites modérés du Golfe d’ici quelques années.

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