ONU: Yisraël Katz demande des pressions sur l’Iran, se moque du régime en persan
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ONU: Yisraël Katz demande des pressions sur l’Iran, se moque du régime en persan

Le ministre des Affaires étrangères israélien, dans un bref discours, à dit que l'attaque contre les installations pétrolières saoudiennes était un "ordre direct" du Guide suprême

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz prononce un discours lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre 2019 au siège des Nations Unies à New York. (Johannes EISELE / AFP)
Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz prononce un discours lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre 2019 au siège des Nations Unies à New York. (Johannes EISELE / AFP)

Le ministre des Affaires étrangères Yisraël Katz s’en est pris à l’Iran lors d’une allocution prononcée jeudi devant les Nations Unies, en qualifiant la République islamique de principal sponsor du terrorisme du monde et en invitant le monde à se joindre aux sanctions des États-Unis contre ce régime.

Katz a taquiné les dirigeants de Téhéran en citant un adage iranien bien connu, en persan, qui dit que les opposants du régime auront le dernier mot.

Dans un discours relativement bref à l’Assemblée générale des Nations Unies, Katz a également appelé les Palestiniens à reprendre les négociations directes avec Israël, mais s’est abstenu d’approuver la solution à deux États ou même de soulever la perspective d’un accord de paix avec Ramallah. En revanche, il a souligné à plusieurs reprises la volonté d’Israël de normaliser ses relations avec les États arabes du Golfe.

« Le principal problème qui menace la stabilité et la sécurité au Moyen Orient est l’Iran, qui menace de détruire Israël et agit contre les régimes de nombreux pays de la région », a-t-il dit.

M. Katz, qui est également ministre du Renseignement, a déclaré qu’une attaque récente contre des installations pétrolières saoudiennes avait été menée avec des missiles iraniens dans le but clair de déstabiliser l’approvisionnement mondial en pétrole.

« Cet attentat terroriste contre l’Arabie saoudite a été perpétré sur les ordres directs du dirigeant [suprême] iranien Ali Khamenei », a affirmé Katz. « L’Iran est le plus grand État terroriste et le plus grand commanditaire du terrorisme dans le monde. »

L’Iran nie toute implication dans l’attaque de drones du 14 septembre contre les installations publiques de traitement du pétrole de Saudi Aramco dans l’est du royaume. Mais les États-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, Israël et d’autres incriminent Téhéran.

L’image satellite de Planet Labs Inc. montre une épaisse fumée noire provenant de l’usine de traitement du pétrole Abqaiq de Saudi Aramco à Buqyaq, Arabie Saoudite, le 14 septembre 2019. (Planet Labs Inc via AP)

« J’appelle la communauté internationale à s’unir pour arrêter l’Iran. Le monde ne peut pas permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires. Le monde ne peut pas permettre à l’Iran de mettre au point des missiles balistiques, et le monde doit empêcher l’Iran de soutenir les organisations terroristes dans la région », a dit M. Katz.

M. Katz, qui s’est rendu à New York après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé sa participation à l’Assemblée générale en raison de la crise actuelle dans son pays, a exhorté les Nations Unies à mettre sur liste noire le Hezbollah, un groupe chiite basé au Liban et soutenu par l’Iran et les Gardiens de la Révolution en Iran, qui sont des organisations terroristes.

« Ils promeuvent la terreur au Moyen Orient, en Europe, en Amérique latine et dans le monde entier. Et le monde doit les arrêter », a-t-il souligné.

Katz a en outre appelé la communauté internationale à soutenir la « politique de pression maximale » de l’administration américaine contre la République islamique, qui inclut des sanctions paralysantes.

« C’est la façon de les arrêter. Nous devons arrêter l’Iran aujourd’hui afin d’éviter la guerre demain », a-t-il ajouté.

« Et aux dirigeants iraniens, je dis dans leur propre langue : Joojeh’ra akhare paiiz mishmarand. On ne compte pas les oiseaux avant la fin de l’automne », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. »

Katz a poursuivi en parlant des « opportunités de coopération » entre Israël et les Etats arabes sunnites modérés, en promouvant son initiative « Tracks for Regional Peace », qui vise à relier le Golfe par le rail à travers la Jordanie au port de Haïfa.

« Cela leur donnera un accès plus rapide, plus court et plus sûre à la Méditerranée. Nous allons également relier l’Autorité palestinienne à ce projet, ce qui stimulera son économie », a-t-il dit.

« Israël a une politique claire pour faire progresser les liens et la normalisation avec les États du Golfe arabe. Nous n’avons aucun conflit avec les Etats du Golfe, et nous avons des intérêts communs dans le domaine de la sécurité contre la menace iranienne ainsi que dans le développement de nombreuses initiatives civiles communes. »

Israël a beaucoup à offrir aux pays du Golfe, en particulier dans les domaines de la haute technologie, de l’agriculture et de la technologie de l’eau, tandis que les États du Golfe « ont beaucoup de potentialités qui peuvent également aider Israël », a dit le ministre des affaires étrangères. « J’espère que cette coopération conduira à la signature d’accords de paix entre nos pays, comme nous l’avons fait avec l’Egypte et la Jordanie. »

Dans son discours de 11 minutes, Katz n’a évoqué que brièvement le conflit israélo-palestinien, affirmant que son gouvernement « veut la paix avec tous ses voisins ».

Le ministre des Affaires étrangères, membre du Likud, parti de droite de Netanyahu, a alors appelé l’Autorité palestinienne « à cesser d’inciter à la haine, d’encourager et de financer le terrorisme et de reconnaître le droit du peuple juif à son propre Etat ».

Katz a ajouté que « nous appelons les Palestiniens à revenir à des négociations directes sans aucune condition préalable. »

Il a également exhorté l’ONU à ne permettre à aucun pays de fournir de l’aide à Gaza tant que l’organisation terroriste du Hamas qui dirige la bande côtière retient deux civils israéliens – Avera Mengistu et Hisham Al-Sayed – et les corps des soldats Hadar Goldin et Oron Shaul.

Katz a également défendu brièvement la loi controversée de l’État-nation juif, affirmant qu’“Israël est une véritable démocratie pour tous ses citoyens, juifs et non juifs”.

En même temps, il a insisté sur le fait que « tout d’abord, Israël est l’Etat-nation du peuple juif basé sur des milliers d’années d’histoire juive et le droit du peuple juif à sa propre patrie ».

Le diplomate israélien le plus haut placé est arrivé à New York lundi et a participé à plusieurs réunions, notamment avec ses homologues d’Australie, du Brésil, de Russie et d’un pays arabe dont le nom n’a pas été dévoilé qui n’a pas de relations diplomatiques officielles avec Israël.

M. Katz s’est également entretenu avec Jason Greenblatt, l’envoyé de l’administration américaine pour la paix au Moyen Orient et a rencontré brièvement le président Donald Trump lors d’une réception organisée par les États-Unis.

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