Yisrael Katz dit établir des relations avec les « ennamis » du Golfe
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Yisrael Katz dit établir des relations avec les « ennamis » du Golfe

Des désaccords sur les Palestiniens persistent, a déclaré le chef de la diplomatie, qui espère tout de même des accords de paix avec les États modérés

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz, (à droite) intervient lors de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le 6 août 2019. (Yitzhak Harari/Knesset)
Le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz, (à droite) intervient lors de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le 6 août 2019. (Yitzhak Harari/Knesset)

Le ministre des Affaires étrangères Yisraël Katz a déclaré mardi que la promotion du rapprochement d’Israël avec le monde arabe est sa priorité absolue, ajoutant qu’il était réaliste de s’attendre à des accords de paix officiels avec les États modérés du Golfe sunnite dans les années qui viennent.

« Mon objectif, avec le plein appui du Premier ministre Benjamin Netanyahu, est de travailler à une normalisation ouverte, de l’étendre et de la rendre publique, et de parvenir à la signature d’accords diplomatiques [de paix] avec les pays du Golfe. C’est le défi, c’est l’objectif », a-t-il dit.

Prenant acte des accords de paix conclus entre Israël, l’Egypte et la Jordanie, Katz (Likud) a déclaré qu’il était « réaliste » d’espérer une normalisation totale avec les Etats du Golfe « dans les années à venir », même en l’absence d’un accord de paix global avec les Palestiniens.

« Nous n’avons pas de conflits frontaliers. Nous n’avons pas d’autres différends », a-t-il dit. Israël et le monde arabe ont des vues différentes sur la question palestinienne, mais ces arguments ne doivent pas faire obstacle à une détente arabo-israélienne plus large, a-t-il fait observer.

Lors de l’une de ses récentes rencontres avec un haut responsable arabe, M. Katz a évoqué les relations complexes de Jérusalem avec la Turquie et son président Recep Tayyip Erdogan, critique féroce de la politique israélienne, a-t-il rappelé. « Nous ne l’aimons pas, il ne nous aime pas », a-t-il dit à son interlocuteur. « Il y a évidemment un conflit, mais le commerce avec la Turquie continue de se développer. »

Au Moyen Orient, il y a des ennamis, a poursuivi Katz. « Vous pouvez vous quereller sur une chose et coopérer sur d’autres sujets. Par conséquent, vous, les États du Golfe, n’avez aucune raison de ne pas travailler avec nous sur certaines questions, même si nous ne sommes pas d’accord sur la question palestinienne », a-t-il dit, citant sa conversation avec le haut responsable arabe.

La relation spéciale de Jérusalem avec l’administration américaine actuelle est un autre facteur qui rapproche Israël de ses voisins arabes, a dit M. Katz. « Bien sûr qu’ils veulent qu’Israël soit un facteur de rapprochement. »

M. Katz, qui est également ministre du Renseignement, a fait ces remarques lors de sa première comparution devant l’influente commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. Outre sa brève déclaration introductive, la session s’est tenue à huis clos.

Seuls quatre députés – et un seul de l’opposition – ont assisté à la session : Avi Dichter, président de la commission, Gideon Saar et Uzi Dayan (tous du Likud) ; et Tal Russo (Parti travailliste). Yuval Rotem, directeur général du ministère des Affaires étrangères, et d’autres hauts fonctionnaires du ministère ont également assisté à la rare réunion, qui s’est tenue alors que la Knesset est en vacances avant les élections du mois prochain.

Sur cette photo publiée le 1er juillet 2019, le ministre des Affaires étrangères Yisraël Katz est en visite au Sheikh Zayed Grand Mosque Center à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis. (Avec l’aimable autorisation du bureau de Katz)

Début juillet, Katz s’est rendu aux Émirats arabes unis pour assister à une conférence des Nations unies sur le climat. À Abou Dhabi, il a rencontré un haut fonctionnaire non identifié, a indiqué son bureau à l’époque.

Trois semaines plus tard, le ministre des Affaires étrangères a rencontré son homologue bahreïni, Khalid bin Ahmed Al Khalifa, lors d’une conférence à Washington où les deux hommes ont posé pour une photo rare.

« Je continuerai à travailler avec [Netanyahu] pour faire progresser les relations d’Israël avec les pays du Golfe », avait dit Katz à l’époque, ajoutant que Khalifa et lui avaient discuté de l’Iran, des menaces régionales et des relations bilatérales, et avaient aussi convenu de rester en contact.

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