Les États-Unis et Israël visent les forces iraniennes impliquées dans la répression de manifestants
Un responsable israélien affirme au Times of Israel que ces frappes visent à créer les conditions d’un changement de régime ; le Basij parmi les cibles
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les États-Unis et Israël ciblent, dans le cadre de leurs frappes aériennes en cours à travers l’Iran, des membres des forces du régime impliqués dans la répression des manifestations antigouvernementales au début de l’année, dans l’espoir de favoriser le retour des protestataires dans les rues une fois les bombardements terminés, ont indiqué mercredi au Times of Israel un responsable américain et un responsable israélien.
« Quand nous avons dit que nous cherchions à créer les conditions d’un changement de régime, nous parlions de ce type de mesures », a déclaré un responsable israélien.
En annonçant le lancement de l’opération Fureur épique samedi, le président américain Donald Trump a appelé les Iraniens en quête de liberté à renverser leur gouvernement une fois les bombardements terminés.
Dans les jours qui ont suivi, Washington a toutefois précisé que si la chute du régime restait une conséquence possible de l’opération, les objectifs déclarés se limitaient à détruire le programme de missiles de l’Iran, à neutraliser sa marine, à l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire et à mettre fin à son soutien aux milices opérant pour son compte.
Le responsable américain a néanmoins confirmé que des forces du régime impliquées dans la répression, notamment les Basij – une branche paramilitaire de volontaires du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) – figuraient parmi les cibles des armées américaine et israélienne.
Selon Trump, 32 000 Iraniens auraient été tués par le régime pour avoir manifesté contre le gouvernement au début de l’année.
En janvier, Trump avait déclaré que « l’aide était en route » alors que des manifestants iraniens descendaient dans les rues. Il les avait ensuite exhortés à prendre le contrôle de leurs institutions, tandis que le régime lançait une répression sanglante contre le mouvement.
Les manifestations se sont ensuite espacées, hormis quelques rassemblements périodiques et de moindre ampleur organisés ces dernières semaines par des étudiants, le régime ayant vraisemblablement réussi à terroriser une assez grande partie de la population en instillant la crainte des représailles contre ceux qui poursuivraient la contestation.
Il reste toutefois incertain que les frappes américaines et israéliennes, entamées samedi avec l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei et de dizaines d’autres hauts responsables iraniens, suffiront à dissiper cette peur. Le responsable israélien a néanmoins réaffirmé la volonté de Jérusalem d’aider les manifestants.
Il a toutefois reconnu que le monopole de la force détenu par le régime constituait un obstacle majeur et que l’effondrement du gouvernement nécessiterait une dissidence interne, phénomène qui ne s’est pas encore manifesté.
Alors que les responsables américains et israéliens ont refusé de donner davantage de détails sur les mesures prises pour soutenir le peuple iranien, des médias américains ont rapporté que les États-Unis avaient livré des armes à des combattants kurdes en Irak.
La Maison Blanche a démenti cette information mercredi, affirmant que si Trump était en contact avec les dirigeants kurdes en Irak, leurs discussions portaient sur la base militaire américaine dans le pays.
Certains analystes ont mis en garde contre le risque qu’une insurrection kurde ne complique les efforts visant à unifier l’opposition au régime.







