Les États-Unis « profondément inquiets » après les violences à Jérusalem
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Les États-Unis « profondément inquiets » après les violences à Jérusalem

L'ambassade, qui ne distingue pas une partie ou une autre, appelle les "voix responsables" à cesser les "incitations à la violence" après les affrontements dans la Vieille Ville

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les agents de la police israélienne affrontent les Palestiniens aux abords de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Les agents de la police israélienne affrontent les Palestiniens aux abords de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’ambassade américaine à Jérusalem a émis, vendredi, un communiqué rare condamnant les violences ethniques croissantes dans la ville après des émeutes majeures qui ont eu lieu dans la nuit de jeudi, pendant lesquelles des centaines d’activistes d’extrême-droite scandant « Mort aux Arabes » ont affronté des Palestiniens qui manifestaient contre les restrictions entraînées par le coronavirus pendant le ramadan, à la porte de Damas.

Le communiqué de la mission des États-Unis – qui a été publié en anglais, en hébreu et en arabe – a évité de singulariser l’une ou l’autre des deux parties.

« Nous sommes profondément inquiets des violences qui ont eu lieu à Jérusalem au cours des derniers jours », a déclaré le communiqué. « Nous espérons que toutes les voix responsables vont prôner la fin des incitations à la violence, le retour au calme et le respect de la sécurité et de la dignité de tous à Jérusalem. »

Le ministère des Affaires étrangères jordanien a lui aussi diffusé un communiqué, vendredi, « condamnant les incitations à la violence et les provocations des groupes extrémistes juifs dans la Vieille Ville de Jérusalem occupée ». Il a précisé tenir Israël pour responsable des violences.

Des dizaines de personnes ont été blessées quand des affrontements violents ont éclaté à la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, jeudi soir. Des manifestants palestiniens se sont heurtés à un groupe d’environ 300 activistes juifs d’extrême-droite qui sont arrivés sur les lieux. La police, qui tentait de maintenir à distance les deux groupes, a également eu à affronter les Palestiniens qui ont jeté des pierres sur les agents déployés sur les lieux.

Les forces de l’ordre ont utilisé des moyens de dispersion d’émeutes, dont des grenades incapacitantes, du gaz lacrymogène et des canons à eau pour mettre un terme à la manifestation arabe. Au moins 105 Palestiniens ont été blessés et 22 ont dû être hospitalisés, a indiqué le Croissant rouge palestinien.

Ces violences ont eu lieu après un certain nombre d’agressions contre des Juifs filmées puis mises en ligne sur l’application de partage de vidéos TikTok, dont celle d’un adolescent de Jérusalem-Est giflant deux garçons ultra-orthodoxes dans le tramway.

Des activistes juifs d’extrême-droite ont riposté en descendant dans les rues du centre-ville de Jérusalem au cours des dernières nuits, menant un certain nombre d’agressions contre des passants arabes.

Le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a appelé jeudi soir, au moment même où avaient lieu les échauffourées, à « permettre aux manifestants de Lehava de jouir de leur liberté de déplacement et de leur liberté de manifester », ajoutant que « ceux qui jettent des pierres et qui tentent de perturber le défilé du groupe Lehava doivent impérativement être arrêtés ».

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