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Les familles d’Européens détenus en Iran interpellent Josep Borrell

Les proches de ressortissants français, autrichien, suédois et allemand se disant "révoltés" que l'UE "semble ignorer" leur "calvaire"

Une femme tient une photo de Benjamin Brière lors d'un rassemblement à Paris, en France, le samedi 8 janvier 2022. Le touriste français emprisonné en Iran depuis l'année dernière a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements en prison, selon sa sœur et son avocat. Brière, 36 ans, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans une zone désertique où la photographie est interdite. (Crédit : AP Photo/Adrienne Surprenant)
Une femme tient une photo de Benjamin Brière lors d'un rassemblement à Paris, en France, le samedi 8 janvier 2022. Le touriste français emprisonné en Iran depuis l'année dernière a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements en prison, selon sa sœur et son avocat. Brière, 36 ans, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans une zone désertique où la photographie est interdite. (Crédit : AP Photo/Adrienne Surprenant)

Les proches de ressortissants français, autrichien, suédois et allemand détenus en Iran interpellent mardi dans une lettre ouverte le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE) Josep Borrell, se disant « révoltés » que l’UE « semble ignorer » leur « calvaire ».

« Des négociations avec l’Iran sur l’accord sur le nucléaire (dit JCPOA) se tiennent depuis des mois. Dans le même temps, plusieurs citoyens européens sont otages de la République islamique d’Iran. Nous, familles (…) de ces citoyens illégalement détenus par le régime iranien sommes révoltées que l’Union européenne semble ignorer ces crimes », déclarent ces proches dans une lettre ouverte.

La lettre est signée par Blandine Brière, sœur de Benjamin Brière, détenu en Iran depuis mai 2020 « sans aucun respect des droits de l’Homme ou de son droit à une justice équitable ». Il a été condamné en janvier à huit ans et huit mois d’emprisonnement pour espionnage, ce qu’il conteste.

La lettre est également signée par Harika Ghaderi, épouse du citoyen autrichien Kamran Ghaderi, détenu « injustement depuis près de sept ans », selon le texte. M. Ghaderi « souffre d’une tumeur qui n’est pas soignée ».

Le document est signé par Vida Mehrannia, épouse du citoyen suédois Ahmadreza Djalali, « détenu injustement depuis six ans et qui vit sous la constante menace d’être exécuté » – il a été condamné à mort pour espionnage -, et par Gazelle Sharmahd, fille du ressortissant allemand Jamshid Sharmahd, « injustement détenu depuis plus de deux ans ».

Photo prise le 13 février 2017 d’un tract lors d’une manifestation devant l’ambassade d’Iran à Bruxelles pour Ahmadreza Djalali, un universitaire iranien détenu à Téhéran depuis près d’un an et qui aurait été condamné à mort pour espionnage. (Crédit : DIRK WAEM / Belga / AFP)

M. Sharmahd a été capturé en août 2020 dans un pays du Golfe, selon sa famille, et accusé de terrorisme en lien avec un attentat meurtrier en 2008. En procès à Téhéran, il encourt la peine capitale.

« Ces citoyens européens ont été soumis à la torture, à des procès extrêmement injustes basés sur des accusations montées de toutes pièces, sans accès à des avocats ou des soins médicaux appropriés », dénonce la lettre.

« Tous se demandent si les responsables européens ne les ont pas oubliés et combien de temps encore ils devront subir ce calvaire », interpellent ces familles.

« L’importance de valeurs communes fondamentales comme la liberté, la démocratie, l’égalité et le maintien des droits de l’Homme individuels est le cœur du système légal et de la tradition européens », rappellent ces familles.

« La Convention européenne sur les droits de l’Homme souligne l’obligation pour les pays européens de respecter les droits de l’Homme et de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour s’assurer de la sécurité des Européens où qu’ils se trouvent. L’Iran n’est pas une exception. Pourtant, la République islamique d’Iran a piétiné les droits fondamentaux de nos bien-aimés et leurs familles », martèlent les signataires.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s’exprime pendant une conférence de presse après une réunion avec le président serbe Aleksandar Vucic et avec le Premier ministre du Kosovo Albin Kurti à Bruxelles, le 18 août 2022. (Crédit :AP Photo/Virginia Mayo)

« Nous attendons vos actions et votre réponse » à cette lettre, lancent ces familles à M. Borrell.

« Après des années dans un pays qui n’a pas le minimum de respect pour la justice, la loi et l’humanité, les espoirs de ces otages se sont évanouis et ils souffrent de manière inimaginable », indiquent-elles.

Une vingtaine de ressortissants de pays occidentaux, parmi lesquels beaucoup de binationaux, restent détenus ou bloqués dans le pays. Les ONG accusent Téhéran de les prendre en otages pour obtenir des concessions des puissances étrangères.

L’Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, affirme que les personnes détenues le sont en vertu de décisions de justice.

Outre M. Brière, trois autres Français sont actuellement détenus en Iran.

M. Borrell s’est dit lundi « moins confiant » sur une conclusion rapide des négociations pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont il est le coordinateur.

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