Les Israéliens au Mexique appelés à la prudence
Mise en garde après l’élimination du chef du cartel de la drogue le plus puissant du pays, le Jalisco New Generation Cartel, dans un contexte de tensions sécuritaires accrues

Le ministère des Affaires étrangères a averti dimanche les Israéliens au Mexique de limiter leurs déplacements non essentiels et d’éviter les zones bondées dans certaines parties du pays après que l’armée mexicaine a éliminé le chef du cartel de la drogue le plus puissant du pays, le Jalisco New Generation Cartel (CJNG).
Exhortant les Israéliens à faire preuve d’une « extrême prudence » dans ce contexte de sécurité renforcée, le ministère des Affaires étrangères recommande d’éviter les zones autour des aéroports de Guadalajara et de Puerto Vallarta, ainsi que les déplacements non essentiels dans l’État de Jalisco, où le cartel est basé.
Les Israéliens sont invités à se tenir informés des annulations ou modifications de vols dues aux troubles provoqués par l’élimination du chef du cartel, Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », et à suivre les instructions données par les autorités locales.
La mort d’Oseguera Cervantes a plongé une grande partie du Mexique dans le chaos, car le baron de la drogue était la plus grande prise du gouvernement mexicain à ce jour pour montrer à l’administration Trump ses efforts dans la lutte contre les cartels, et sa mort a suscité une réaction violente de la part du cartel, connu sous son acronyme espagnol CJNG.
Des voitures incendiées par des membres du cartel ont bloqué les routes dans près d’une dizaine d’États mexicains, laissant de la fumée s’élever dans les airs. La capitale de Jalisco, Guadalajara, s’est transformée en ville fantôme dimanche soir, les civils s’étant terrés chez eux. Les écoles ont été fermées lundi dans plusieurs États.
Le Mexique a été secoué dimanche par une vague de violences, après la mort du chef de l’un des plus importants cartels de la drogue lors d’une opération militaire menée avec le soutien des États-Unis. Les autorités s’emploient à éviter une aggravation des troubles.
Lundi, au moins 8 des 32 États mexicains ont suspendu les cours en présentiel et le pouvoir judiciaire a autorisé les juges à maintenir les tribunaux fermés lorsqu’ils le jugent nécessaire. La présidente Claudia Sheinbaum a appelé à la prudence.
Âgé de 59 ans, Nemesio Oseguera, alias El Mencho, était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l’arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquín Guzmán, dit « El Chapo », et Ismael « Mayo » Zambada, tous deux incarcérés aux États-Unis.
À la tête du puissant cartel CJNG, il était l’un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les États-Unis, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.
« Les États-Unis ont fourni un soutien en matière de renseignement au gouvernement mexicain afin de l’aider dans une opération […] au cours de laquelle Nemesio ‘El Mencho’ Oseguera a été éliminé », a confirmé Karoline Leavitt, la porte-parole du président Donald Trump, sur le réseau social X.
Trump a fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité et a exhorté à plusieurs reprises la présidente Claudia Sheinbaum à laisser Washington envoyer des forces américaines pour lutter contre les cartels opérant au Mexique, une proposition qu’elle a jusqu’à présent rejetée.
« El Mencho » a été blessé lors d’une opération menée dans la localité de Tapalpa, dans l’État de Jalisco (ouest), et il est décédé peu après, alors qu’il était transporté par avion vers Mexico.
Au total, sept criminels ont été tués et trois soldats ont été blessés. Deux membres du CJNG ont été arrêtés et diverses armes ont été saisies, dont des lance-roquettes capables d’abattre des avions et de détruire des véhicules blindés, selon la même source.
Ville paralysée
En réaction à cette opération militaire, des membres présumés du cartel ont déclenché une vague de violence dans vingt États du pays.
Des individus armés ont bloqué plusieurs routes de l’État de Jalisco (ouest) avec des voitures et des camions incendiés. La nuit, on pouvait voir des restes de véhicules calcinés et d’autres encore en flammes.
La présidente du Mexique a appelé la population à rester « informée et calme » sur X.
« Des individus armés sont arrivés, j’ai vu le pistolet et ils nous ont dit de sortir. Nous sommes sortis et ils avaient une voiture avec les portes ouvertes. J’ai pensé qu’ils allaient nous kidnapper, alors j’ai couru vers un stand de tacos pour m’y réfugier », explique à l’AFP Maria Medina, employée d’un magasin de proximité incendié à Guadalajara, la capitale de l’État de Jalisco.
Après un appel à la population lui demandant de se mettre à l’abri, la ville, qui doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde de football 2026, s’est retrouvée paralysée.
Les États-Unis ont appelé leurs concitoyens présents dans plusieurs zones du Mexique, dont des villes et régions touristiques comme Cancún, Guadalajara et Oaxaca, à « se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre ».
Des compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols à destination de plusieurs villes mexicaines.
Le Guatemala a placé ses forces de sécurité en alerte et a renforcé la surveillance de sa frontière avec le Mexique, qui fait régulièrement l’objet d’incursions de gangs.
Cartel violent
Selon les autorités mexicaines, près de 90 % des 229 barrages enregistrés dans le pays avaient été levés à 20 h 00 (02 h 00 GMT, lundi).
Christopher Landau, sous-secrétaire d’État américain, a qualifié la mort du narcotrafiquant de « grande victoire pour le Mexique, les États-Unis, l’Amérique latine et le monde entier ».
Fondé en 2009 par Oseguera, le CJNG a été qualifié d’organisation terroriste par les États-Unis en 2025, qui l’accusent de trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl.
Selon le Département d’État, le cartel est l’un des plus violents du Mexique. Il est décrit comme un « groupe transnational présent dans presque tout le Mexique » qui pratique l’extorsion, le trafic de migrants, le vol de pétrole et de minerais, ainsi que le commerce d’armes.
Pendant longtemps, il n’a pas réussi à rivaliser avec les cartels qui contrôlaient la frontière avec les États-Unis. Il s’est alors tourné vers d’autres marchés. « L’Europe, l’Asie, l’Afrique et même l’Australie étaient moins disputées par les Mexicains, et là-bas, la drogue se paie plus cher », explique José Reveles, écrivain spécialiste du narcotrafic.
Les violences liées aux cartels ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus depuis 2006 au Mexique, selon les chiffres officiels.







